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Chroniques de l'Ombre et de la Lumière

LIVRE I
Quand le salut ne réside plus qu'en l'ennemi.
Que choisir ? La Fin ou l'Union Sacrée ?
 







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 Au bois des tourments

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Cecil Osbern
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MessageSujet: Au bois des tourments   Lun 29 Sep - 19:01

Rien de tel qu'un petit week end à la campagne pour oublier un peu les obligations de la vie parisienne. Cecil était arrivé la veille au soir et s'était installé dans les murs de la petite ferme bourguignonne réaménagée en gîte qu'il avait loué pour la circonstance. Elle était très confortable et une petite écurie jouxtait le bâtiment pour accueillir quelques chevaux. Il était sorti à la tombée de la nuit pour libérer les équidés dans le pré. Une jument et un ongre paisible. Il avait appris à monter tardivement, en fait lorsqu'il avait rencontré celle qui lui avait ouvert les portes de l'immortalité. Dans les bas fonds de Skopje, il n'y avait pas besoin d'être cavalier pas plus qu'on ne croisait des chevaux. Mais dans le cercle branché et mondain de son aimée, c'était de bon ton. Elle lui avait donc appris comment calmer la terreur que leur parfum déclenchait chez les chevaux . Le mot n'était pas exagéré. Ces animaux qui avaient accumulé des millénaires de défiance envers les bipèdes qu'ils voyaient encore parfois comme des chasseurs savaient reconnaître un prédateur supérieur et mortel quand ils en croisaient un. Et quelle créature pouvait être plus prédatrice qu'un vampire ?

Ce n'était pas véritablement l'osmose et le grand amour entre les équidés et lui mais il avait rapidement compris comment se faire accepter d'eux. Un cheval cherche toujours à fuir les situations inconfortables et s'attache à celui qui prendra soin de lui à force de patience. Cela faisait plusieurs années qu'il venait se ressourcer dans ce petit coin de campagne et il avait eu le temps de voir grandir puis vieillir les deux chevaux et de ... faire tomber les barrières de leur peur même s'ils ne s'en départiraient jamais complètement. C'était chevillé à leur âme, comme cette peur de la médiocrité l'était à celle de Cecil et comme il ne se laisserait jamais aller à aimer encore par peur de souffrir à nouveau. Il comprenait ces quadrupèdes et respectait leur a priori.

Il les avait regardé galoper un moment dans le pré, dans le soleil couchant puis s'était enfoncé dans le sous bois pour longer un petit ruisseau durant un long moment. Il aurait pu aller très loin comme cela, perdu dans ses pensées et solitaire comme il l'aimait, mais il sentit une odeur forte et mêlée. De celle qui affole les chevaux avec le parfum d'une femme, une humaine. Etait-il possible que des loups aient repeuplé ce coin de terre ? Il rebroussa chemin et se hâta afin d'aller s'assurer que tout allait bien pour Amina et Danfloor. Arrivé à la lisière du bois, il vit que la jument caracolait vers la barrière en direction d'une jeune personne à l'agréable silhouette et dotée d'une belle chevelure brune. Noirs corbeau étaient ses cheveux, tout comme les poils de la bête à ses côtés. Il sentit la tension irradier sa colonne vertébrale alors qu'il s'approchait du petit groupe par derrière. Comment marquer son désagrément sans être trop virulent. Il n'avait pas de préjugé dégradant envers les mortels, tant qu'ils se montraient respectueux et restaient à leur place mais était bien moins conciliant envers les bêtes sauvages de tout poil. Quel étrange duo avait-il là, sous les yeux, aussi contrasté qu'il fut possible. La douceur, la grâce côtoyant la sauvage et brutale essence du grand fauve.


Il s'arrêta à quelques pas alors qu'elle se retournait doucement, sa bête ronflant devant ses jambes, prête à bondir sur Alexandre.

- Retiens ton chien petite, les chevaux sont très impressionnables et je ne voudrais pas être obligé de le maîtriser par la force. Que viens -tu faire ici, c'est une propriété privée.

Il maugréa pour lui-même. Il n'était certes pas venu ici pour faire la nourrice ou le meneur de loups. Pourtant, il regretta presque aussitôt la dureté de son ton. Les yeux étaient magnifiques et sans méchanceté ni veulerie, la bouche presque rieuse mais une étrange gravité retenait le tout d'être trop joyeux.
Il ajouta :

- Tu devrais le savoir si tu aimes les chevaux et à te voir, je pense que tu les aimes ...

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Cecil Osbern
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MessageSujet: Re: Au bois des tourments   Lun 29 Sep - 19:03



Il l'attrapa par le poignet et la souleva alors que ses chevilles frôlaient l'onde délicate et peu profonde du ruisseau. Juché sur le tronc que l'humidité avait rendu glissant par endroit, le recouvrant d'une mousse verdâtre et gluante, il la déposa à côté de lui puis la tira vers l'autre côté de la berge.

- Si tu voulais faire trempette, c'est un peu risqué. Juste bon à te rompre les os sur les rochers tranchants qui affleurent.

Il la lâcha, jugeant qu'elle n'était, sur la rive herbeuse, un danger ni pour elle-même ni pour quiconque. La lumière laiteuse de la lune jouait entre les branches, se posant par tâches sur les épaules et la chevelure de la jeune fille. Elle était belle et semblait l'ignorer ou faire comme si. Il tourna la tête pour chercher dans l'ombre, son compagnon à poils et ne tarda pas à le localiser, toujours aussi ambigu quant à ses intentions envers le vampire. Il sentait deux yeux fauves le fixer, se demandant sans doute s'il était dangereux pour sa protégée ou pas, pourquoi il l'avait retenue de tomber dans l'eau froide.

- Tu aimes la campagne ? La nature ? Tu sais qu'elle n'est pas sans danger sous ses airs accueillants ? Et je ne parle même pas des créatures, qui n'ont rien de naturel, pouvant y rôder...

Le ton s'était un peu radouci. Ce n'était qu'une gamine qui ne voulait de mal à personne et était juste un peu trop curieuse. Il repensa étrangement à Clara, la fillette qui avait été son amie dans une adolescence lointaine. Puis une belle jeune femme comme celle-ci, qu'il avait convoité en secret. Sa première et dernière déception amoureuse. Certaines personnes peuvent faire mal sans le vouloir ou même le savoir. A ces gens-là, il ne pouvait tenir rigueur. Il y en avait tant qui faisaient souffrir intentionnellement et méritaient davantage son courroux et son mépris. Il croisa les bras sur le torse, sa chemise blanche tendue sur les muscles de ses bras et de sa poitrine. N'importe quelle femme sensée serait en panique ou au moins un peu angoissée de se trouver dans un sous bois avec un homme de sa corpulence, isolée au milieu de nulle part. Etait-elle inconscient, idiote ou simplement incroyablement courageuse. Un grognement sourd lui donna une autre perspective de réponse. Elle pensait sans doute être en sécurité avec sa bestiole sur les talons.

Bon, il fallait admettre que pour un humain, l'animal pouvait être tout à fait dissuasif. Mais dans quel monde vivait-elle ? Est ce qu'elle n'était jamais sortie de son trou ?

- Tu penses que ton chien peut te protéger de tous les dangers ? Finit-il par demander en désignant du menton la masse de muscles au pelage sombre qui était campée sur ses pattes, émettant un ronflement de gorge qui eut alarmé tout bipède normalement constitué.

Il commença à escalader la pente qui dévalait jusqu'au ruisseau, évitant ou écartant doucement les branches des jeunes arbres qui y poussaient. Il marqua un arrêt et lui tendit la main.

- Si tu aimes les jolies vues, suis moi et dis à ton ami d'arrêter de me montrer sa dentition. Sinon, je serais obligé de lui montrer la mienne... Dans quel monde vivez- vous ? Tu es née ici ? Tu ne sais pas que les immortels aiment à chasser aussi dans les campagnes ?

Il haussa les épaules pour lui-même en se demandant pourquoi il la questionnait ainsi et avait proposé cette promenade. Un simple " Rentre chez toi, gamine! " aurait suffi. La nature humaine ne cessait pas de le surprendre et il en avait parfois une curiosité insatiable. C'était sans doute un de ces accès. Il avait envie d'étudier un peu plus ce spécimen-ci. Après tout, le sociologue qui sommeillait en lui n'était jamais bien loin et cela pouvait parfois l'aider à mieux servir ses propres desseins que de connaître mieux les sujets qu'on doit diriger. " Et merde, tu es en vacances mon vieux! Arrête de raisonner boulot! " se morigéna-t-il intérieurement. Une autre préoccupation venait se greffer à ce débat interne. Il commençait à avoir une sacrée faim et ce n'était pas le faon que la gamine avait débusqué qui le nourrirait. Bon, bon, il ne fallait pas s'inquiéter pour si peu. Il la mènerait vers la cascade et ensuite il prétexterait un besoin naturel pour s'éclipser . Il trouverait bien une proie dans un coin de grange, en train de finir son labeur de la terre

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