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Le pouvoir des plantes, la justesse des mots [Nyméria]

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MessageSujet: Le pouvoir des plantes, la justesse des mots [Nyméria] Mar 20 Jan - 19:01



1 er jour sur Paris.
Seule, loin de la Chasse de Brancia.
4 mai, en matinée.

Paris, ville immense et capitale de la France que je ne connaissais pas. Avec mon clan, nous étions des nomades, préférant les campagnes, loin des créatures de la nuit. Créature que j’étais devenue un soir alors que je pensais mon dernier souffle arrivé, cette monstruosité qui s’était jetée sur moi, m’avait transmise cette malédiction avec laquelle j’allais devoir vivre maintenant sans plus aucun retour possible en arrière. J’avais appris beaucoup de choses sur mes capacités grâce au Kendé et à ses révélations sur ma présence auprès du Gyula.  La veille, le Seigneur  Darkan m’avait remis un plan qui m’aiderait à me guider à travers les différents quartiers, ceux que je devrai éviter et ceux qui me serait les moins dangereux. Il m’avait aussi donné une besace dans laquelle j’avais placé quelques affaires de rechange et de l’argent pour vivre durant ces jours loin de sa protection.  Lors de l’arrivée de la Chasse de Brancia aux portes de la cité, je m’étais éclipsée et faufilée pour disparaitre dans les ruelles. Les hommes de Darkan avaient reçu pour ordre de ne pas me pourchasser, en argumentant que c’était une mission qu’il m’avait confiée. D’ailleurs certains des chefs de guerres et conseillers avaient été présents la veille sous la tente lorsqu’il avait mentionné mon implication et mon aide à tenter de trouver des informations sur les Lycans et leur roi. J’avais promis à Darkan que je reviendrai le trouver dans quatre lunes. Il m’avait indiqué l’endroit où il logerait avec ses hommes durant le séjour à Paris. Maintenant, j’étais livrée à moi-même avec une promesse que je comptais bien tenir.

Mon premier objectif, c’était d‘éviter les quartiers chics, là où se tassait les Vampires et le Roi. Il ne fallait éveiller les soupçons de personnes en ce qui concerne la présence de Lycans dans Paris. Sauf que je n’étais pas certaine que mes congères restent discrets bien longtemps. Où étaient-ils ? Qui étaient-ils ? La logique voudrait que ces Lycans se soient terrés dans les campagnes, loin des grandes agglomérations pour pouvoir vivre normalement, étouffant ainsi la méfiance des Vampires qui les croyaient complètement anéantis.  Et aujourd’hui la donne venait de changer et j’allais devoir trouver des réponses à toutes les questions. Mais pour l’instant, je ne comptais pas devenir la prisonnière de vampires trop zélés qui m’amèneraient devant le roi. Pour ces prochaines nuits, j’allais aussi devoir trouver un logement, une chambre. La « ville grise ». C’était là que commencerait mon périple à Paris. C'était le coin des classes moyennes où humaine et vampire se mêlaient. Bien sûr je pouvais toujours tomber sur des vampires, mais ici j’aurai certainement plus de facilités pour me déplacer. Il y avait des petites boutiques qui ne payaient pas de mines tenues par des commerçants humains, et là, je pourrai être en sécurité. Toutes ces informations et renseignements, je les tenais par Darkan qui m’avait fait un topo de Paris.

Je longeais les ruelles, ma cape m’enveloppant en ce mois de mai où la chaleur commençait à pointer le bout de son nez. Les Vampires m’étaient reconnaissables à leur aura et pour le moment j’avais l’impression de n’en croiser aucun. Ils vivaient la nuit donc ils se terraient dans leurs demeures et leur appartement à présent. Le soleil les éblouissait, et là je bénissais que la météo me soit favorable en ce milieu de matinée. Les Lycans se reconnaissaient à leur odeur. C’était ainsi que j’avais perçu la vraie nature du Seigneur Darkan, un hybride. Étrangement, les siens, les Vampires, ne percevaient pas son odeur de Lycan. J’avais tout de même encore du mal à contrôler et maitriser toutes ces capacités comme celui d’apaiser et de calmer toute une foule. Je pressai néanmoins le pas et c’est en tournant au coin d’une rue que la devanture d’une boutique tout en vieux bois stoppa ma marche.


Et des vieux souvenirs affluèrent soudainement en moi. Ma mère connaissait les plantes. Chacune d’entre elles avaient une signification et une spécification : pour soigner, pour calmer, pour donner de l’énergie, pour désinfecter. En poussant la porte, mes yeux se posèrent directement vers le comptoir. Un humain d’un certain âge lisait un journal. Il leva son regard vers moi et me salua. Je balayai ensuite de mes prunelles le reste de l’immense pièce où se dressaient diverses petites  bourses en toile où étaient étiquetées les noms des plantes qu’elles contenaient. Il y avait aussi de grandes étagères à tiroirs, tout en bois, elles aussi. Les différentes odeurs donnaient à cet endroit un certain aspect magique.  Je m’avançai pas après pas. Je ne savais pas ce que je cherchais. Peut-être rien, mais tout ceci me rappeler ma mère, et j’en avais besoin. Il y avait deux autres personnes, un couple qui se composait des mixtures pour la circulation des jambes. Je respirai à plein nez tous ces effluves et j’en aurai presque oublié … une autre différente. Familière sans l’être vraiment. Ce n’était pas celle de Darkan, non… C’était … une femme brune qui me tournait le dos. Si j’avais conscience de sa présence, elle devait l’être tout autant que moi.  C’était une Lycane, je ne me trompais pas. Peut-être ne désirait-elle pas être dérangée, qu’elle aussi, elle cherchait à éviter les tensions. Mon esprit ne cessait de penser à une allure folle et ce moment de flottement de ma part, lui donna toute l’occasion de se retourner. Nos regards se croisèrent alors, moi un peu effrayée par cette première rencontre.

- Je …

Elle posa son index sur ses lèvres pour me faire signe de ne rien dire, du moins on pouvait chuchoter. Je me rapprochai d’elle et elle me tendit une petite bourse sur laquelle était écrit :

- Valériane … Je me souviens … C’est une plante qui agit contre l'anxiété, le stress, la nervosité, les insomnies, les palpitations cardiaques et les courbatures.

Puis, je poursuivis en chuchotant. Nous étions dans un des rayonnages de la boutique, assez loin du propriétaire derrière son comptoir et du vieux couple.

-Vous êtes une … une Lycane ? Je suis Anna … si vous saviez toutes les questions que j’ai en tête …Aidez-moi, s’il vous plait.
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MessageSujet: Re: Le pouvoir des plantes, la justesse des mots [Nyméria] Mer 28 Jan - 22:21
4 mai, dans la matinée.

Cheminant à travers les forêts et les chemins déserts, je traversais la France, sans véritable but que celui d’écouter les rumeurs divers parlant de la venue du Roi Lycan. Je logeais quelque fois chez l’habitant, troquant le gîte et le couvert d’une nuit par mes soins et remèdes, que ce soit auprès d’humains ou de Lycans, je soignais tous ceux en faisant la demande. J’entendais pas mal de discussions diverses, et certaines faisaient remonter à la surface de mes souvenirs les récits que mon père me racontait le soir, moments de partages et de paix avant d’aller se coucher et de dormir… Curieuse, je remontais donc en direction de la capitale, pensant y trouver plus de Lycans, plus de récits peut-être… Je savais bien qu’il me faudrait être prudente et discrète, la ville étant en partie occupée par des Vampires qui pensaient notre espèce comme éradiqué de la surface du monde…. Quelle erreur… Dans l’ombre, les Lycans vivaient et se multipliaient en attendant leur heure, se fondant dans la population, ignorés de leurs ennemis.

Alors que l’aurore se levait en cette matinée du 4 Mai, j’étais enfin arrivée aux portes de Paris, et mes pas m’avaient menés dans des quartiers en majorité habitaient d’humains, dans lesquels je pourrais facilement passer inaperçu…. Mon odorat me mena ensuite vers une vieille façade toute en bois dont se dégageait des odeurs que je connaissais bien. Au – dessus de la porte, un linteau indiquait qu’il s’agissait d’un Apothicaire…. Songeant qu’en ville je ne pourrais pas faire de stock de plantes comme j’en avais l’habitude jusqu’alors, je poussais la porte et après avoir salué l’homme derrière le comptoir, je me dirigeais instinctivement vers les étagères, laissant les senteurs me guider. Si je devais soigner des plaies et autres petites blessures de la vie quotidienne, il me faudrait des plantes cicatrisantes, désinfectantes… Donc mon choix se porta sur des fleurs de soucis qui favorisaient la reconstruction du tissu de la peau, du thym pour désinfecter autant l’extérieur en nettoyant les plaies que l’organisme en en consumant par tasse… Je prenais quelques sachets suivant ce dont j’aurais besoin en première nécessité, sachant qu’il me restait du stock de certaines plantes récoltées tout au long de ma marche. Songeuse, je réfléchissais déjà à a manière dont je pourrais soigner les habitants, pensant à m’installer quelques temps dans cette grande ville en tant que guérisseuse… Un couple arriva sans que je n’y fasse attention, voulant préparer un remède pour soigner un problème aux jambes… Puis brusquement, je sentis la présence d’une jeune femme dont l’odeur m’indiquait sans doute possible qu’elle était Lycane… J’avais un sachet de Valériane en main, me demandant s’il serait utile d’en avoir ou pas lorsque je la sentit s’approcher puis m’aborder.

Me retournant vers elle, posant mon doigt sur mes lèvres pour l’inciter à parler à voix basse, je lui tendit le sachet que je tenais en main et eut l’heureuse surprise d’apprendre qu’elle connaissait l’usage des plantes… Puis chuchotant, elle m demanda si j’étais bien une Lycane, et si je pouvais l’aider, répondre à ses questions…Parlant également à voix basse, je lui répondis doucement :

« -Ravie de faire votre connaissance, Anna. Je me nomme Nyméria. C’est exact, votre odorat ne vous a visiblement pas trompé, car je sens que vous êtes comme moi. Vous semblez perdue.. Seriez-vous Lycane depuis peu ?? Quand à répondre à vos questions, ce sera avec plaisir, mais dans un endroit plus discret que celui-ci, si vous en connaissez un… Je ne suis à Paris que depuis quelques heures, pour ma part… Je vais payer mes achats, et nous pourrons trouver un endroit calme où parler sans crainte. »

Cela étant dit, j’alais rapidement voir l’homme du comptoir pour finaliser mes achats et ranger les plantes acquises dans ma sacoche qui ne me quittait jamais. Puis revenant vers la jeune Anna, j’attendis de savoir où cette rencontre allait bien pouvoir nous mener…

« -Voilà, affaire réglée, je suis à vous. »
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MessageSujet: Re: Le pouvoir des plantes, la justesse des mots [Nyméria] Sam 7 Fév - 19:10
Cette herboristerie m’avait menée tout droit à une autre Lycane. Visiblement, elle connaissait très bien l’usage des plantes. Moi, c’était ma mère qui m’avait appris à en reconnaitre quelques-unes. Elle m’avait cessé de me répéter qu’il était bien pour moi d’en connaitre au moins les bases, car les plantes pourraient toujours me servir en cas de blessures, aussi bien pour moi ou pour soigner et apaiser d’autres personnes. C’était la pensée de ma mère qui m’avait poussée à entrer dans cette boutique. Elle me manquait terriblement. Pourtant j’avais choisi de fuir ma petite communauté de voyageurs parce que je savais que je les mettais en danger à cause de mes transformations que je ne savais pas encore gérer. Je n’aurai pas pu supporter de blesser l’un des Miens et encore moins ma mère. Mes errances m’avaient emporté tout près du campement d’un seigneur Vampire et de son clan. Et cette rencontre avait bouleversé de nouveau mon quotidien. Aujourd’hui, ce nouvel hasard me mettait sur la route d’une personne qui était comme moi.  Elle n’avait pas l’air arrogante ou même dédaigneuse. Au contraire, je me sentais  en sécurité auprès de cette femme.

Je fus très agréablement surprise de voir qu’elle ne me rejetait pas. Après tout j’étais une parfaite inconnue pour elle. Elle était ouverte à une future discussion et à répondre à mes questions. Je hochai la tête, acquiesçant à sa première interrogation, tout en continuant à chuchoter derrière les étagères pour ne pas éveiller les soupçons sur nous deux.

- Enchantée Nyméria. Oui, depuis quelques mois … C’est très récent.

Je la laissai se diriger vers le comptoir et payer ses achats. Quant à moi, je prenais un petit sachet d’argile blanche pour soigner les plaies, une pierre d’alun et de l’huile essentielle de ciste ladanifère. Cela composerait ma petite trousse d’urgence au cas où j’aurai besoin d’un produit miracle contre une attaque. Je devais être prévoyante, car je ne savais pas sur qui j’allais tomber durant mes prochains jours sur Paris. A mon tour, je payai mes achats et nous sortîmes ensemble du petit magasin. Le soleil flamboyait au-dessus de nos têtes et les Vampires n’aiment pas vraiment la lumière éblouissante que leur imposait l’astre solaire. Donc, nous devions éviter les endroits sombres et qui étaient protégés de toute clarté. Nous avions cette belle journée ensoleillée pour nous, fort heureusement, car j’imaginais mal un ciel empli de nuage gris cachant le soleil. Ce qui aurait aidé nos amis à longues canines à sortir le jour.

- Je suis comme vous. Je viens d’arriver il y a quelques heures à Paris. Je ne connais pas cette ville alors je me dirige grace à ce plan que l’on m’a donné. Je vais devoir chercher un lieu pour dormir ce soir. J’ai quand même encore un peu de temps devant moi. Cette belle journée est agréable. Nous ne craignions rien pour le moment.

Il n’y avait qu’un seul endroit où nous pourrions être tranquilles. Une église me semblait le lieu idéal. Je cherchai sur mon plan, les lieux de cultes qui se trouvaient dans ce neuvième arrondissement de Paris. Mon index glissait lentement sur la feuille jusqu’à ce que je trouve ce qui me paraissait intéressant.

- L’Église de la Sainte-Trinité n’est pas très loin si j’en crois mon plan. Il indique aussi un petit espace vert. Ça doit être un jardin. On pourrait aller faire un tour ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

Nyméria accepta et nous fîmes le chemin jusqu’à cette église qui paraissait être en très mauvais état. Elle était immense et elle avait dû être magnifique en des temps reculés. Autour du bâtiment religieux, il y avait un jardin et  plusieurs bancs. On s’y installa sur l’un d’eux. Il n’y avait personne autour de nous. On pouvait voir au loin face à nous des personnes entrer et sortir de l’église.

- Je suis contente de vous croiser. C’est la première fois que je rencontre une personne comme moi …C’est si rare …

Darkan, lui, c’était différent. C’était un hybride et je ne pouvais pas révéler sa vraie nature ni ma rencontre avec ce Seigneur. Il en avait assez fait pour moi, de me protéger, de mettre en péril sa légitimité pour l’énoncer dans mon récit.

- J’ai été mordue il y a plusieurs mois. Je pensais au début que c’était une bête sauvage. C’est lors de ma première lune que j’ai compris. Il m’a été très difficile de chercher l’origine de ce que j’étais. Les peu de livres que ma communauté avait en sa possession ne parlaient que des Vampires. Un seul raconté la présence des Hordes Sauvages. Nous. Vous êtes né ainsi ? Est-ce qu’il y en a d’autres comme nous ?  J’ai entendu lors de mes pérégrinations qu’un roi des Lycans arrivait parmi nous.

Toutes mes questions s’embrouillaient dans ma tête et se bousculaient. J’avais tellement envie de tout savoir.

- Comment fait-on pour maitriser ses transformations ? Je ne me souviens de rien au petit matin. Aucun souvenir. Rien ! J’ai peur de blesser et de tuer des gens innocents …
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MessageSujet: Re: Le pouvoir des plantes, la justesse des mots [Nyméria] Lun 22 Juin - 22:59
Après avoir passé ma vie sur les chemins, ne me mêlant à la population que lorsque cela était nécessaire, cette arrivée dans une aussi grande ville que Paris était déstabilisant. Les forêts se faisant plus rares et beaucoup moins dense à l’abord de la civilisation, je me décidais à entrer dans une boutique, chercher en herboristerie ce dont j’aurais besoin pour refaire mon stock d’urgence, ces plantes et remèdes dont je me servais le plus souvent. Des plantes sèches, mais elles conviendraient pour le moment. Je préférais de loin les cueillir moi-même. Question d’habitude, et au moins, j’en connaissais ainsi la provenance, je savais quelle était la qualité de ce dont je me servais, et leur propriétés étaient au plus haut.

Cherchant parmi les rayons les plantes qui me seraient nécessaire lors de mon séjour en ces lieux, j’eus la surprise de rencontrer une jeune femme, une Lycane, comme me le confirma mon odorat. Entamant alors une conversation à voix basse, de manière à ne pas attirer l’attention, elle me donna la confirmation quand à sa transformation récente, et me posa ensuite une question à laquelle je répondis par l’affirmative. La laissant un instant pour régler mes achats, je la rejoignis bien vite, libre d’aller dans un endroit plus discret. En convenant, Anna me précéda et me guida ensuite grâce à un plan de la ville jusqu’à une église, lieu où nous serions en toute sécurité, loin des oreilles indiscrètes et en relative sécurité contre les vampires évoluant dans cette cité.

« -Vous êtes plus organisée que moi, grâce à ce plan. Je me repère à l’odorat et à la curiosité, pour ma part. Je ne suis pas très à l’aise dans les ville, préférant de loin le calme des forêts et des petits villages. »

Nous asseyant ensuite, Anna reprit la conversation, me posant des questions auxquelles je tentais de répondre clairement et simplement.

« -Vous en avez sans doute croisez sans le voir. Les nôtres ont passés des décennies à se cacher des Vampires qui croient l’espèce des Lycans annihilée. Dans l’ombre, les loups ont survécus et prospérés, et maintenant, ils sont assez forts et nombreux pour se révéler au grand jour. Ils n’attendent pour cela plus qu’une chose. »

Je réfléchissais pendant qu’elle parlait. A tout ce que j’avais appris au cours des décennies, que ce soit des légendes de notre peuple, transmises par mes parents que ce que j’avais pu entendre au gré de mes pérégrinations à travers la France, les rumeurs me parvenant, comme portées par le vent et signe d’espoir.

« -Je suis effectivement née Lycane, mes deux parents l’étant. Il y en a effectivement d’autres, tout un peuple disséminé à travers la France, et les autres pays frontaliers. L’heure de la dissimulation est passée. Bientôt, les nôtres se révéleront. Ce n’est qu’une question de temps. Oui, des rumeurs me sont parvenues également en ce sens. Et cela rejoins les propos de mon Père, qui me contaient les légendes des Loups lorsque j’étais enfant. »

Elle semble curieuse, et avide d’informations. Souriant doucement, je tentais d’être concise, une lueur amusée dans le regard au flot de ses questions. Je me rappelais ces jours heureux, en famille, lorsque je noyais mes parents sous d’interminables questionnements…

« -Les Transformations deviennent plus facile à mesure que l’on accepte le loup qui est en nous. Cette part bestiale fait partie de nous et nous devons ne faire qu’un avec elle. C’est grâce à cela que l’on se souvient de ces nuits. Au début, cette animalité prend le dessus, d’où cette absence de souvenirs. Vous n’avez vraiment aucune connaissance Lycane pouvant vous aider lors de vos transformations ? J’ignore combien de temps je resterais dans cette ville, mais si j’y suis à la prochaine pleine lune, je vous aiderais volontiers. Si vous le souhaitez, évidemment… »

Mon âme de guérisseuse refaisait surface face à cette louve solitaire. Pourrais-je l’aider avec les moyens à ma disposition ? Je l’espérais, dans tous les cas.
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MessageSujet: Re: Le pouvoir des plantes, la justesse des mots [Nyméria] Dim 12 Juil - 20:25

Les jardins qui se trouvaient tout autour de l’ancienne église que l’on nommait l’Eglise de la Sainte Trinité étaient encore beaux et entretenus par rapport au bâtiment religieux dont il ne restait que des vieilles ruines. Cela contrastait énormément dans le paysage. Quel dommage de voir tous ces ravages. Avec ma communauté de Voyageurs, nous ne prenions pas le temps de voir les ravages causés par les conflits. Nous n’étions en fait que de passages et rien ne nous retenait. Aujourd’hui, j’avais fui mon groupe pour leur éviter le pire de mes transformations et j’ouvrai de plus en plus les yeux sur le monde qui m’entourait. On trouva refuge toutes les deux sur un banc, au calme. Les branches des arbres au-dessus de nos têtes jouaient avec le magnifique  soleil et ses rayons qui nous éclairaient au grès de la petite brise qui faisait danser les feuilles. Nyméria était une Lycane plus âgée. Je ressentais en elle toute la sagesse et l’expérience de ces années qu’elle avait vécu. Peut-être pourrait-elle m’aider et me conseiller. Je n’avais pas osé aller plus loin dans mon questionnement auprès du Seigneur de Brancia. Il m’a dévoilé les enjeux et je savais que ses priorités étaient autres que d’être le mentor d’une petite lycane. Mais avec Nyméria cela pouvait être différent. Alors je me livrai sans aucune gêne, sans aucune peur comme si j’ouvrai les vannes de mon âme et de mon cœur pour déverser toutes mes angoisses, mes craintes et mes doutes sur mon avenir. Nous étions  en sécurité sous cet arbre, avec le soleil qui nous protégeait des créatures de la nuit et je lui contai ce que j’avais appris dans des vieux livres sur ce qu’on nommait dans l’ancien monde : les Hordes Sauvages, à savoir, Nous, les Lycans. Une race éteinte, que tout le monde avait cru détruite, mais qui avait eu l’intelligence de se ca cher aux yeux de ses ennemis pour survivre et évoluer parmi les humains. Je lui confiai aussi ma peur sur mes transformations, car rien ne m’avait préparé à cela, à cette bête qui vivait en moi et qui prenait le dessus à chaque pleine lune. Elle m’écouta jusqu’au bout sans jamais  briser mon récit. Elle avait copris que j’avais besoin de cette confession pour me libérer de poids d’un destin qui était maintenant le mien et que je devrai tôt ou tard accepter.

Nyméria me parla tout d’abord des Nôtres, qu’effectivement sans le savoir j’avais du croiser des Lycans durant mon voyage.

- J’étais encore une humaine et s’ils ont cette facilité de se dissimuler, oui, je pense que j’en ai croisé. Ils sont différents des vampires qui n’ont aucun regret à nous attaquer, mais eux, ils avaient comme objectif de se protéger alors pourquoi auraient-ils attaqué une communauté de Voyageurs ?  Il valait mieux pour eux de rester discrets, ce que je comprends mieux. Mais maintenant, leur colère et leur vengeance gronde … n’y a –t-il donc rien d’autre à faire que d’être des spectateurs d’un massacre qui s’annonce imminent ?  Rois ou Seigneurs, on peut leur demander audience et leur démontrer que ces guerres ancestrales sont vaines aujourd’hui … S’i y avait un moyen de leur faire entendre raison …

J’avais l’âme d’une pacificatrice et peut-être pour une Lycane s’était contre-nature, mais je n’étais ni une guerrière ni une meurtrière, de cela j’en étais certaine. Darkan m’avait écouté, le Kendé avait appuyé et guidé et les guerriers de la Chasse s’étaient tus devant mes mots. J’avais peut-être le don de calmer les ardeurs, d’apaiser les esprits, d’être une Oméga comme me l’avait expliqué le Kendé. Nyméria poursuivit son histoire sur ses origines et j’étais très curieuse d’en apprendre davantage sur elle et sur mes congénères. Les rumeurs et autres légendes commençaient à prendre vie et elle était persuadée que le Roi des Lycans n’était plus très loin de la France. Je ne savais pas quoi penser de tout cela. Je ressentais un énorme danger qui allait bouleverser bien des vies quelle qu’en soit la nature.

- Pourquoi l’Histoire doit-elle être marquée par tant de guerres ? Si ce roi existe, si ce roi veut provoquer une nouvelle guerre, je ne lui prêterai pas allégeance. Je ne suis pas née Lycane, j’ai été transformée. On ne m’a pas laissé le choix pour cela, mais on ne m’obligera pas à obéir à une cause qui n’est pas la mienne. Je sais que cela pourrait me mettre dans une situation délicate, une paria, une traitresse à éliminer. J’en prends le risque.

La Lycane ne me répondit pas tout de suite, préférant entrer dans le vif du sujet concernant mes transformations et ma prise de conscience que maintenant je partageais ma vie avec une bête qui faisait, que je sois d’accord ou pas, partie de moi. Je me rendis-compte que c’était en acceptant mes transformations et ma nouvelle nature que je parviendrai à maitriser cette part de moi totalement inconnue. Je baisais mes yeux sur mes mains que j’avais croisées sur mes cuisses, triturant mes doigts.

- Je crois que c’est ça mon gros problème, je n’ai pas encore accepté ce que je suis devenue … Je n’arrive pas à faire fusionner l’humaine et la lycane. Je n’y arrive toujours pas … Ce n’est pas moi d’être aussi … aussi bestiale, aussi violente. Comment je peux arriver à concilier une part de moi qui ne me ressemble pas ?

Elle me demanda si je n’avais personne dans mon entourage qui pouvait m’aider et me guider lors de la prochaine grande lune. Avouer que je connaissais Darkan n’était pas la meilleure des idées.

- Ne vous en faites pas pour moi. Je ne vais pas rester ici très longtemps, je ne serai peut-être même plus ici pour la pleine lune. Je ne préfère pas rester en ville pour éviter de blesser des innocents et me faire repérer par les Vampires. Vos paroles m’ont aidée à y voir plus clair. Je dois faire un  énorme travail sur moi-même : ne plus avoir peur, accepter ce que je renie …
Est-ce que vous avez entendu parler des Omégas dans la meute ? Sur leur pouvoir de calmer les tensions ?

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Le pouvoir des plantes, la justesse des mots [Nyméria]

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