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Auberge "Au loup qui dort"

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Léticya Wolfenstein
MessageSujet: Auberge "Au loup qui dort" Mer 21 Jan - 1:58
Le trajet n’avait duré qu’un court instant pour Léticya, car elle s’était très rapidement endormie. Aussi fut – elle étonnée d’être réveillée, secouée par un homme à l’air pas très aimable.

- Faut vous réveiller madame.

Léticya hésita, les yeux encore à moitié fermés. Elle grogna.

- Où j’suis ?
- Gare de Lyon, madame.

La brune sursauta.

- Hein ? Gare de Lyon ? Mais je devais aller à Paris moi !

Le contrôleur resta muet. Il observa la jeune fille un moment, incrédule. Mais c’est qu’elle avait vraiment l’air perdue cette môme ! Il se demanda un instant de quel trou perdu elle arrivait. Il allait répliquer et la traiter d’idiote, mais elle lui lança un regard si affolé qu’il eu pitié d’elle.

- Vous êtes à Paris. Gare de Lyon c’est seulement le nom de cette gare…

Il se racla la gorge. La fille avait l’air rassurée.

- Merci, j’ai eu peur …

Elle se leva, attrapa son sac, et fit un timide sourire au contrôleur. Puis soudainement, elle se rendit compte qu’elle parlait à quelqu’un. Elle eut un frisson. Et si cet homme avait été un vampire ? Elle n’avait vraiment pas été prudente sur ce coup là … Elle se racla la gorge. Des vampires, elle en avait déjà vu quelques – un, de loin. Mais c’était rare, parce qu’elle ne sortait que très peu. Et elle n’aurait jamais oublié cette aura froide qui se dessinait autour d’eux, comme un voile funèbre. Heureusement, ce type devant elle avait l’air d’être un humain tout à fait normal. Elle se donna une claque mentale, se promettant d’être plus attentive désormais. Après tout, si elle voulait en apprendre plus sur qui elle était, il lui fallait survivre à cette nouvelle vie parisienne. Elle allait devoir apprendre à s’adapter. Elle songea qu’elle ne savait ni où elle se trouvait exactement dans la capitale, ni où elle pouvait bien aller.

- Dites, excusez moi mais, vous ne sauriez pas où je pourrais trouver un endroit pour loger pas trop loin d’ici ?

L’homme soupira et marqua un temps de réflexion. Elle n’avait qu’un petit sac, elle ne devait pas avoir de gros moyens. Il pensa à une vieille auberge qui se mourrait dans une rue proche de la gare. Une cliente ravirait surement les propriétaires ! Il allait lui indiquer le chemin, puis reposant les yeux sur la mine hébétée de la brune, il se ravisa. Cette pauvre petite risquait de se perdre … Il jeta un regard à sa montre.

- J’ai fini pour aujourd’hui. Si vous voulez, je vous emmène ?

Léticya plissa les yeux, méfiante. Mais après tout, elle ne voulait pas passer des heures à chercher un endroit où loger. Avoir un gars du coin pour guide, ça sonnait relativement comme un bon plan …

- Ce serait très gentil, merci.

Il hocha la tête avant d’ajouter qu’il devait aller régler encore une chose avant, et il lui demanda de patienter un instant sur le quai. Ils descendirent du train.
Il faisait relativement frais. Assez pour que Leticya frissonne. Elle regarda autour d’elle. La gare était presque vide. La jeune femme en fut étonnée. Elle ne savait pas vraiment à quoi elle aurait dû s’attendre, mais les quelques badauds qui trainaient là lui semblaient un peu trop solitaires pour une gare parisienne. Elle déglutit. À l’heure qu’il était, sa famille devait avoir remarqué son départ, et être en effervescence pour la retrouver. Enfin, c’est ce qu’elle imaginait. Mais rien n’était moins sur ; avec la mort des deux campeurs, le comportement de ses proches avait radicalement changé. Elle espéra seulement qu’elle leur manquerait un peu. Au bout de quelques minutes, l’homme revint. Il s’était changé, troquant son uniforme contre un pantalon usé et un gros pull.

- Suivez – moi.



Ils marchèrent un moment, silencieux, chacun regardant ses pieds. Le contrôleur emmena Léticya jusque dans une petite rue dont le nom s’était partiellement effacé sur la plaque. Là, passé quelques numéros, ils s’arrêtèrent devant une vitrine sale, et une large porte à la peinture pourpre écaillée. Sur un petit écriteau on pouvait lire « Au loup qui dort, auberge ». Léticya esquissa un sourire. Le hasard faisait parfois bien les choses… Elle inspira, se redressant légèrement.

- Voilà, c’est ici, déclara l’homme.

J’avais remarqué, songea Léti.

- Si vous remontez par ici, dit – il en désignant le haut de la rue, vous tombez directement sur la place de la Bastille. Mais je pense que l’aubergiste pourra vous fournir les renseignements dont vous aurez besoins sur Paris. Avec de la chance, il vous donnera une carte. Je vous souhaite bonne chance, alors.

Elle remercia son guide, puis ils se dirent au revoir un peu gauchement, avant de se séparer finalement. Il repartit par là où ils étaient arrivés. La brune le regarda s’éloigner un instant, puis elle poussa finalement la porte. A son entrée, une clochette sonna. Il faisait sombre dans la pièce. C’était une salle plutôt spacieuse, avec un guichet en face de la porte et des tables le long de la baie vitrée. Malgré la poussière et la lumière pâle des bougies, Léticya trouva l’endroit très « cosy ». Elle resserra les doigts sur une hanse de son sac.

- Hé oh ? Y – a quelqu’un ? osa – t – elle.

Il n’y eu tout d’abord aucune réponse. Mais rapidement, un petit vieillard au dos vouté sortit par une porte qui grinça dangereusement en s’ouvrant. Il marmonnait des choses inaudibles en s’approchant de Léticya.

- C’est pour quoi ?

Il avait dit ça avec tant d’agressivité que la jeune fille resta muette. Elle ouvrit de grands yeux, un peu étonnée.

- Ben alors, elle sait plus parler l’asperge ?

L’interpelée allait répliquer, quand la porte grinça une seconde fois, pour laisser entrer une grosse dame en tablier rose portant un plat de gâteaux.

- Ta-ta-ta ! Ne vous laissez pas faire mademoiselle ! Mon mari est un vieux troll grincheux.

Le – dit troll maugréa et leva les yeux au ciel.

- Pardonnez-le, il est de mauvais poil aujourd’hui. Enfin, ça fait des années qu’il est comme ça. On s’habitue, à force. Je suis Madame Martin. Mais vous pouvez m’appeler Emma. Vous venez pour une chambre, c’est ça ? On a si peu de clients en ce moment … Vous comprenez, le tourisme n’est plus ce qu’il était !

Le mari râleur grogna.

- Tais – toi donc ! Tu ne sais même pas ce que c’était, le tourisme, avant !
- Tais – toi toi – même ! Espèce de rabat – joie ! Tu ne vois pas que je discute avec cette jeune fille,
puis se retournant vers Léticya, dites moi jeune fille, vous avez l’air affamée ! Vous pendrez bien un muffin ? Ils sont tout chauds, ils sortent du four.

Et elle tendit les pâtisseries à la brune. Elles étaient disposées sur une épaisse écorce lavée et polie, et elles sentaient diaboliquement bon. Léti les caressa des yeux, elle devait avouer qu’elle avait un peu faim. Elle n’avait rien avalé depuis un long moment. Elle tendit une main pour saisir un muffin.

- Je vous remercie, ils ont l’air délicieux. En effet, je cherche une chambre… Pour quelques jours je pense.
- C’est merveilleux ! Je vais vous donner notre plus grande chambre, de toute manière plus personne ne vient ici …

La jeune femme fit un sourire gêné à l’aubergiste.

- C’est très gentil, mais je me contenterais d’une petite chambre.
- Vous êtes sûre ? Ça ne vous coûteras pas plus cher, vous savez…
- Oui, oui, j’insiste. Je préfèrerais même une toute petite chambre.


La grosse dame sembla réfléchir un instant. Puis finalement, un sourire radieux éclaira son visage.

- J’ai ce qu’il vous faut !

Elle posa son plat de muffins et se tourna vers une boite accrochée au mur dans laquelle étaient toutes les clefs. Elle en attrapa une un peu plus grosse que les autres en métal doré.

- Suivez moi…

Léticya s’exécuta, non sans avoir lancé un regard curieux au mari de Madame Martin, qui ruminait toujours dans un coin.



Elle suivit Emma dans un escalier tout aussi poussiéreux et grinçant que le reste de la demeure. Il y eut un premier étage, puis un second. Là elles avancèrent jusqu’au fond du couloir, où l’aubergiste déverrouilla une porte peinte en bleu pâle.

- Voilà, ici vous serez bien…

Et elle s’écarta pour laisser passer la brune. Léticya se glissa dans une chambre minuscule et mansardée. C’était une toute petite suite en vérité, car il y avait la première pièce avec un lit simple face à la porte, une petite commode et un chevet, et sur la gauche, une minuscule porte donnait sur une salle de bain taille enfant. C’était tout à fait ce dont elle avait besoins. Elle posa son sac sur l’épaisse couette.

- C’est merveilleux. Vraiment.
- Vous êtes certaine de ne pas vouloir…
- Oui, ne vous en faites pas.


Il y eut un court silence, puis finalement, la vieille femme posa la clef sur le chevet.

- Nous nous occuperons du règlement plus tard. En attendant, reposez vous. Si vous avez faim, dites le moi. Je n’ai pas grand chose, mais je ferais en sorte de vous nourrir ! A plus tard mademoiselle…?
- Léticya. Léticya Wolfenstein.
- A plus tard mademoiselle Léticya !


Et elle referma la porte. Seul le silence résonna pendant un temps sans que la jeune fille n’ose bouger. Puis doucement, elle s’assit sur le lit. Le matelas à ressorts grinça. Enfin. Elle y était. Elle avait sauté à pieds joints dans l’aventure de sa vie. Elle s’était libérée de ces chaines qui la retenaient depuis tout ce temps. Elle avait écouté son instinct. Pour la première fois depuis très longtemps, Léticya se sentit fatiguée. Mais d’une bonne fatigue, celle qui vient comme une crème, annonçant un repos bien mérité. Elle se sentait en sécurité aussi, paradoxalement, et prête à affronter le vaste monde. Demain. Elle partirait à la chasse, demain. Pour le moment, elle avait seulement envie de se blottir sous l’épaisse couette de plumes pour penser à ce grand pas, et dormir. Elle retira ses chaussures avant de se glisser dans le lit. Puis les yeux regardant dans le vague, observant la poussière voler dans les rayons de lumière qui filtraient par la fenêtre, elle croqua dans le muffin, découvrant avec bonheur qu’il était fourré à la confiture de framboise.

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MessageSujet: Re: Auberge "Au loup qui dort" Mar 27 Jan - 13:49
Les heures s’étaient égrenées à une vitesse folle. Depuis ma rencontre avec Nyméria, ce matin dans la boutique de plantes, je n’avais pas obtenu toutes mes réponses à mes questions, ni d’ailleurs je n’avais été très utile à Darkan. Est-ce que nous nous serions trompés tous les deux sur la motivation des Lycans et sur leur présence ici, en France et tout prêt de la capitale ? Et si ma transformation n’avait été que l’un des malheurs du hasard ? Nyméria était une lycane âgée de soixante-dix ans. Elle était née ainsi, mais elle avait vécu éloignée de toute l’agitation des vampires. Donc, cela ne m’avançait guère. J’avais suivi le plan qui m’aidait à me guider dans les arrondissements qui formaient « la ville grise ». Pour le moment, je n’avais croisé que quelques vampires, mais je m’étais éclipsée à temps pour éviter que mon odeur les interpelle. Et encore ! Je n’étais pas certaine d’être une priorité pour ces créatures vivant par ici. C’était comme si chacun vaquait à ses occupations sans se soucier des autres. D’un autre côté, cela m’arrangeait et faciliter ma progression dans la capitale.

Une ville que je découvrai au fur et à mesures  tout en gardant un objectif bien en tête : rester la plus discrète possible. Je passai non loin d’une gare : La gare de Lyon, étrange nom pour une ville qui se nomme Paris. Je haussai les épaules en continuant mes pas. Le soleil commençait à disparaitre pour laisser place aux étoiles et à la lune. Une lune qui n’était pas encore pleine. Heureusement pour moi et pour tous ces pauvres gens. Près d’une gare, il y a toujours des hôtels ou des auberges. Une petite auberge tranquille ferait bien l’affaire pour y loger quelques jours avant de retourner auprès de Darkan. Le quartier s’animait et je pouvais apercevoir les auras de certains vampires trop pris par leurs intérêts pour redresser la tête. Des humains s’y mêlaient … Une étrange union qui me mettait mal à l’aise. J’accélérai mes pas, tournant sur ma gauche et remontant la ruelle. Le plan que j’avais en main indiquait que je n’étais pas loin des établissements que je cherchais pour me reposer. En redressant la tête, face à moi, à quelques mètres, je pus lire sur une vieille pancarte : Auberge "Au loup qui dort". Quelle coïncidence ! Et à mon avis ce n’était pas des Vampires qui tenaient ce genre d’établissement avec un tel nom.  Je replaçai la anse de ma besace sur mon épaule et j’avançai encore plus vite. Je n’avais pas l’intention de rester quelques heures de plus dehors.

Un instant je levai la tête pour détailler la devanture de l’auberge qui semblait presque abandonnée. Elle ne payait pas de mine, mais c’était bien ce que je recherchais sans éveiller les soupçons sur ma vraie nature.  Je finis par pousser la porte et la petite cloche sonna pour signifier ma présence.  Une  salle spacieuse se présenta à moi,  allumée par des bougies qui donnaient une ambiance tamisée et intime. Je m’approchai  doucement du guichet qui semblait désert. En me concentrant, je pouvais entendre des pas à l’étage et des voix sans en comprendre la discussion. Il y avait donc du monde. Je tournai lentement sur moi-même pour observer le décor et je sursautai au moment où une voix masculine se manifesta dans mon dos.

- C’est pour quoi ? Il y a eu un débarquement  d’asperges sur Paris ?

Je restai muette devant la question de l’aubergiste, un vieux monsieur dont je ne comprenais pas le sens. De quoi me parlait-il ? Un bruit se fit entendre au niveau des escaliers. Quelqu’un descendait les marches qui grinçaient à chaque pas.

- Bonsoir Mademoiselle, veuillez excuser mon mari grincheux. Tu peux retourner devant ton émission !

Le mari bougonna quelque chose et disparu derrière le rideau. La dame paraissait beaucoup plus accueillante et elle s’avança vers moi.

- Il est rare que nous ayons dans la même soirée des clients. Vous êtes la deuxième personne. Mon mari n’a plus le sens du commerce depuis plusieurs années avec tout ce qui se passe …

- Bonsoir. Ne vous inquiétez pas, je comprends … Auriez-vous une chambre de libre pour plusieurs nuits ? Je peux vous payez d’avance.

Je commençai à sortir les billets que Darkan m’avait donnés pour payer ma chambre.

- Non, non, pas ce soir. Nous verrons cela demain.

Elle fit le tour du guichet et attrapa une clef suspendue à une boite au mur.

- Avez-vous diné ? Ce n’est pas le grand luxe, mais je peux vous préparer un petit plateau.

- Ho, c’est gentil, oui avec plaisir ! Merci bien ! Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour avaler quoi que ce soit aujourd’hui.

- Les chambres sont à l’étage, venez avec moi. Vous êtes nouvelle par ici ?

- Oui, je viens d’arriver ce matin. J’essaye de me repérer grâce au plan qu’on m’a donné. Pour tout vous dire, je n’ai pas l’habitude des grandes villes. Je viens … des … campagnes.

- Ah oui ! Ça doit vous changer. Je peux peut-être vous aidez. Vous cherchez quelque chose de particulier ?

Arrivées à l’étage, je suivis la gérante de l’auberge. J’étais sur le point de lui répondre quand je stoppai subitement mon avancée devant la porte qui devait certainement donner sur une chambre. L’odeur que je ressentais … était familière … L’un des Miens … J’en étais certaine.

- Votre chambre est ici Mademoiselle …

Mon cœur battit la chamade avant de reprendre contenance et de sourire à la dame.

- Anna, je m’appelle Anna.

Elle me laissa seule pour redescendre au rez de chaussé et me préparer le petit plateau qu’elle m’avait promis. Si j’avais senti la présence d’un Lycan alors celui-ci avait également senti ma présence. La chambre était modeste, et je posai mon sac sur la petite commode qui se trouvait près de la porte d’entrée. L’unique fenêtre était voilée par un lourd rideau sombre qui dissimulait le lampadaire de dehors.  Je me laissai tomber sur le matelas, m’allongeant un instant tout en fixant le plafond. Mon esprit vagabonda vers la Seigneur de Brancia. Que faisait-il à cet instant précis ? On toqua à ma porte. La femme de l’aubergiste m’avait ramené le plateau. Des fruits, quelques petits morceaux de jambon et de saucissons et du pain. Je la remerciai et je lui souhaitai une bonne nuit quand j’entendis un bruit sourd dans le couloir, ouvrant à la volée ma porte. La vieille femme avait dû glisser, et elle était tombée sur le plancher.  Je m’élançai auprès d’elle pour l’aider.

- Vous allez bien ?
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Léticya Wolfenstein
MessageSujet: Re: Auberge "Au loup qui dort" Mar 27 Jan - 17:24
Il ne s’était passé, quoi, que quelques minutes ? Et déjà les marches de l’escalier grinçaient, annonçant que quelqu’un montait. Léticya se redressa. Elle se demanda si elle avait oublié quelque chose, ou si Emma allait lui rapporter un de ces délicieux muffins. Mais au lieu de ça, elle entendit deux voix. Une autre cliente. Alors que les pas se rapprochaient de sa chambre, une odeur étrange lui fit relever les yeux sur la porte. Instantanément, tous les muscles de la jeune fille se tendirent, comme si elle s’était apprêtée à bondir. Là, juste derrière cette maigre protection de bois, se tenait une personne, une énigme. Cette odeur, Léticya savait que c’était celle de l’autre cliente. Mais c’était tellement étrange, c’était comme… Son odeur à elle, mais avec quelque chose en plus. C’était différent, et en même temps c’était terriblement familier. La porte de la chambre attenante à la sienne s’ouvrit. La brune plissa les yeux et se concentra, tendant l’oreille pour mieux entendre l’échange entre l’aubergiste et l’Enigme.

- Votre chambre est ici Mademoiselle…
- Anna, je m’appelle Anna.


C’était là un nom que Léticya s’empressa de graver en elle, le plaçant dans sa mémoire de sorte qu’elle ne l’oublierait jamais. Elle pressentait que cette Anna allait bousculer sa vie de façon irrémédiable. Elle déglutit. Soudainement, alors qu’elle se sentait si forte d’avoir fuis une sécurité campagnarde, elle se demanda si elle était réellement prête à supporter le choc de ses futures découvertes. Serait – elle à même de saisir tout cela, sans se noyer dans le flot de la nouveauté ? Cette odeur qu’elle avait sentit puis avait disparut quand la porte de l’autre chambre s’était fermée, c’était à n’en pas douter une première épreuve que la vie mettait sur son chemin. C’était un appel à sa curiosité. Il lui fallait être courageuse une fois encore, c’est ainsi qu’elle voyait les choses, il lui fallait se lever, aller frapper à cette autre porte, et résoudre le problème, résoudre l’Enigme. Elle fixait toujours la poignée – bouton de la porte. Le métal semblait chauffer sous son regard insistant. Elle hésitait. Elle avait pourtant dit que sa chasse ne commencerait que le lendemain. Elle s’était offerte une nuit de repos. Peut – être devrait – elle seulement s’y tenir, et voir, plus tard, ce que signifiait cette nouvelle sensation olfactive ? Au même moment, Léticya reconnut la démarche lourde de madame Martin qui remontait les escaliers. Quoi ? Encore un client ? Non, la porte d’à côté s’ouvrit, il y eut un bref échange de paroles, et la porte se referma. Le cœur de Léticya manquait de s’échapper de sa poitrine, tant il battait vite. C’était certain maintenant, il fallait qu’elle renonce, c’était trop difficile. Trop effrayant. Elle ne savait pas à quoi s’attendre, derrière cette autre porte. Et si cette Anna la prenait pour une folle ? Après tout, si une inconnue avait frappé à la porte de Léti pour lui signifier qu’elle avait senti une étrange odeur qui s’émanait d’elle, elle n’était pas certaine qu’elle ne l’aurais pas mal prit, et refermé la porte aussi sec. Alors qu’elle tentait de se convaincre de laisser tomber, elle sentit comme un pincement en elle, comme si son cœur souffrait à cette idée. Mais il fallait être raisonnable.

- Non, Léticya, on a dit demain, se chuchota – t – elle.

Elle allait se recoucher, quand un énorme vacarme la fit se relever d’un bond, si bien qu’elle manqua de peu de se cogner le crâne contre le plafond penché.



Madame Martin s’était étalée de tout son long sur le parquet poussiéreux de l’auberge. Evidemment, elle s’était fait plutôt mal, mais un bref état des lieux mental de son corps la rassura : elle ne semblait pas avoir quoi que ce soit de cassé. Presque aussitôt après sa chute, sa deuxième cliente de la soirée, Mademoiselle Anna, s’était jetée hors de sa chambre. Emma songea que c’était là une bonne âme, et que pour la peine, elle lui offrirait un petit déjeuner imposant le lendemain matin.

- Vous allez bien ? demanda la voix inquiète de la jeune femme.

L’aubergiste soupira, encore un peu sonnée. Elle tenta de se redresser tant bien que mal, assez maladroitement cependant.

- Oui, oui, merci mademoiselle … J’ai glissé. Encore une de ces fichues planches mal clouées ! Mon mari ne fait plus rien dans cette maison, je devrais employer quelqu’un pour retaper le plancher, mais l’argent manque ces derniers temps … Enfin, grâce à vous et à l’autre demoiselle, nous pourrons surement remédier à cela. Aurez – vous la gentillesse de m’aider à me redresser s’il vous plait ?

Tout compte fait, elle avait un peu mal au genou … Avec l’âge, ses articulations se faisaient plus douloureuses. Alors que Mademoiselle Anna lui tendait la main, la porte du fond du couloir s’ouvrit timidement. Le grincement attira l’attention des deux femmes. La pauvre jeunette ainsi dévisagée se figea tant elle était gênée !



Léticya observait la scène, un peu démunie. L’odeur était bel et bien celle de la femme devant elle, et cette dernière la regardait dans les yeux. La brune se sentit terriblement mal à l’aise. Le rouge aux joues, elle fronça les sourcils, et prenant son courage à deux mains, elle lâcha sa porte pour s’approcher de l’aubergiste et de l’autre cliente.

- Pardon, je vous ai entendue tomber … Je peux aider ?
- Très volontiers !


Anna et elle relevèrent la vielle femme. Une fois sur pieds, elle remercia ses deux « sauveuses », et dans un flot de compliments, elle s’éloigna dans les escaliers, laissant les deux jeunes femmes seules, Léticya fixant les planches de bois au sol, incapable de poser les yeux sur son Enigme. Pourquoi, au nom du Ciel, avait – il fallu qu’elle sorte de sa chambre ?
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MessageSujet: Re: Auberge "Au loup qui dort" Sam 7 Fév - 17:39
Je commençais peu à peu à me familiariser avec mes dons de Lycane. Chaque jour, j'en découvrais davantage et le Kendé m'avait bien fait comprendre que mes capacités étaient au-delà de ce que je pouvais imaginer, car j'étais une Oméga. Je savais que le travail sur moi-même serait long. J'étais seule pour apprendre ce que je ne comprenais pas toujours. Je ne pouvais demander de l'aide au seigneur Darkan. Il avait d'autres priorités plus importantes que de me servir de mentor. Alors, peut-être que cette ballade dans Paris, dangereuse certes, pouvait aussi s'avérer intéressante sur mes futures rencontres. Cette odeur derrière cette porte, je l'avais reconnue. C'était la même que j'avais ressenti en la présence de Nyméria. La même que celle de Darkan. Un Lycan était là, tout proche de moi. Et si, moi novice, je l'avais ressentie ... cette personne ne pouvait passer à côté de ma présence.

Toquer à la porte d'une personne inconnue et lui dire que je connais sa vraie nature, me semblaient assez délicat comme entrée en matière. Allongée sur le matelas, je fixais le plafond. Mon cerveau était en pleine effervescence, entre ce qui se passait dans cette vieille auberge et le fait de penser au Seigneur de Brancia quand un bruit sourd me fit me redresser instantanément du lit. J'ouvris à la volée la porte de ma chambre pour apercevoir la dame qui m'avait accueilli en mauvaise posture sur le plancher. Elle avait glissé et elle avait du mal à se redresser. Je m'élançai pour l'aider. Doucement et avec précaution, l'aubergiste se releva péniblement. Elle m'expliqua que son époux et elle n'avaient pas assez d'argent pour faire les petits travaux de rénovation, mais que grâce à une cliente et ma présence, ils pouvaient envisager le futur.

Le grincement d’une porte me fit me retourner légèrement et de nouveau l’odeur d’une personne telle que moi s’annonça à mes sens. J’ouvris grand mes yeux pour découvrir une jeune fille qui ne devait pas être beaucoup plus jeune que moi. J’étais soulagée de ne pas me retrouver nez à nez avec une armoire à glace dotée d’une imposante musculature. Chacune s’observait sans dire un mot. Nous savions le secret de l’autre, mais ce n’était pas le moment de poser toutes les questions que nous avions en tête. L’inconnue s’avança, offrant son aide.

- Merci beaucoup.

La vieille dame fut remise très vite sur ses deux jambes. Elle nous remercia chaleureusement et redescendit les escaliers pour rejoindre son mari. Un silence gênant nous enveloppa soudainement. La jeune fille était aussi nerveuse que moi, d'après ce que je pouvais en déduire de son comportement. Je pourrai peut-être l’apaisée grace à mon don. Elle contemplait ses pieds au lieu de me regarder. Un sourire sincère se dessina sur mes lèvres, alors.

- Je … je n’ai pas l’intention de vous faire du mal, vous savez. Je viens d’arriver sur Paris, ce matin. Une ville que je ne connais pas et qui regorge de dangers pour des personnes … comme nous deux. J’ai senti votre présence comme vous avez senti la mienne. Je suis à la recherche d’autres personnes comme moi.

Au milieu de ce petit couloir, nous étions certaines de ne pas être dérangées par qui que ce soit. La dame de l’auberge m’avait confirmé que nous n’étions que deux à l’étage. Donc, au moins de ça de certaine, nous n’étions pas épiées par des humains ou des Vampires.

- Je suis nouvelle  … dans … la … transformation. Un peu perdue avec tout cela … Et Paris est un vrai nid à Vampires. Je sais qu’ils arrivent à nous repérer par notre odeur. J’essaye de les éviter le plus possible.

Je ne savais pas comment lui dire que je n’étais pas née lycane, mais humaine et que j’avais été mordue il y a plusieurs mois.

- Il serait peut-être mieux de discuter à l’intérieur d’une chambre pour être plus tranquilles. A moins que vous ne préfériez que je vous laisse tranquille. Je comprendrai parfaitement que vous n’ayez aucune envie de me parler ce soir.

Elle n’avait peut-être même pas envie d’échanger avec moi demain ou un autre jour. Après tout, je lui demandais de me parler de ce qu’elle était. C’était assez privé comme sujet quand on ne connaissait pas la personne face à soi. Je lui tendis doucement ma main pour me présenter.

- Je m’appelle Anna.
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Léticya Wolfenstein
MessageSujet: Re: Auberge "Au loup qui dort" Mar 17 Fév - 2:27
Alors c’était ça ? Cette odeur, la fameuse qui l’avait tirée hors de la sécurité de sa chambre, c’était celle que portaient les Lycans ? Peut – être, oui, peut – être bien que ça semblait logique. Pour autant, Léticya se sentait intimidée. Elle se sentait inférieure sans raison particulière. Il y avait pourtant quelque chose, comme une douce pression sur son esprit, qui semblait l’engager à s’apaiser. Cela lui parut une si bonne idée, que l’adolescente laissa tous ses muscles se détendre instantanément. Cette sensation fut extrêmement agréable. C’était à mi – chemin entre le bonheur de croquer dans un muffin chaud, et l’excitation apportée par la nouveauté. Relaxée, les informations données par la jeune femme qui disait s’appeler Anna devinrent bien plus claires. Elle était Lycane, elle aussi. Puisqu’elles partageaient cette odeur si particulière. Et comme elle, elle arrivait seulement à Paris. Et elle se posait des tas de questions. Léti se demanda si elle pourrait lui apporter le moindre réconfort. Après tout, des réponses, elle en cherchait elle aussi. C’était exactement pour cela qu’elle avait quitté le nid familial. Pour être tout à fait honnête, pour ça, et par crainte de ne pas résister à leur arracher la tête pour en faire son diner un de ces quatre matins. Elles semblaient donc être stationnées au même point. Mais peut – être pas exactement le même, en réalité. Peut – être que leurs savoirs à elles deux étaient complémentaires ? Anna avait proposé de continuer dans une autre pièce, mais précisa avec politesse qu’elle n’était obligée en rien. Non, pensa Léticya, non c’est trop beau, je ne peux pas laisser passer cette chance ! Cette fois c’est bon, je peux parler librement ! Et c’est donc un visage rayonnant et fendu du plus grand sourire qu’elle eut fait en dix – neuf années de vie que la brune releva vers sa nouvelle rencontre.

- Oh non, non ! Je veux vous parler ! J’ai seulement … Enfin je ne savais pas … C’est votre odeur, enfin, notre odeur … J’étais intimidée, parce que je ne l’avais sentie que sur moi jusqu’à aujourd’hui !

La petite se mordit la lèvre inférieure.

- Je suis heureuse de trouver une autre louve ! Moi aussi j’ai des questions plein la tête. D’ailleurs, je ne sais pas si je vais pouvoir vous aider … Le dernier cas de Lycanthropie dans ma famille remonte à une branche très éloignée. Donc je n’ai pas appris grand chose sur cette nature qui est la nôtre.

Un regard vers la porte de sa chambre fit sursauter Léticya.

- Oh pardon, je parle trop ! Vous vouliez aller dans une chambre pour discuter ? La mienne est toute petite, je ne pense pas qu’elle soit adaptée. Peut – être la vôtre ? Et pardonnez mon impolitesse, j’ai oublié de me présenter !

Sur ce, elle tendit une main franche à cette Anna, qui la regardait toujours d’un air calme.

- Je m’appelle Léticya. Je suis honorée de faire votre connaissance !

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MessageSujet: Re: Auberge "Au loup qui dort" Sam 28 Fév - 18:07
Si avec Nyméria, l’approche s’était passée beaucoup plus facilement, peut-être parce qu’elle était plus âgée et donc plus expérimentée à parler avec d’autres personnes comme elle, la jeune femme qui me faisait face paraissait être dans le même état que moi sauf que je ne savais pas si elle était née Lycane ou si elle avait été, elle aussi, victime d’une morsure. Quoi qu’il en soit, elle était intimidée et moi je ne voulais pas la brusquer avec toutes mes questions qui tourbillonnaient dans ma tête. Elle m’avoua n’avoir jamais senti d’autre odeur donc elle n’avait jamais approché d’autres Lycans. Je lui souris tendrement pour lui prouver que je n’étais pas là pour l’indisposer de quelques manières que ce soit. L’ambiance entre nous deux commençait à s’apaiser et elle désirait parler de cette rencontre qui nous mettait en face l’une de l’autre. Deux Lycanes totalement désemparées par ce monde nouveau et dangereux qui s’offraient à elles. Lorsque je lui tendis ma main pour me présenter, elle en fit de même :

- Enchantée Létycia, je suis vraiment ravie de vous rencontrer. Oh et puis bien sûr ! On peut discuter dans ma chambre ! Elle ne doit pas être bien plus grande que la vôtre, mais d’après ce que m’a dit l’aubergiste, elle m’a donné l’une des plus jolies chambres donc autant en profiter.  Venez, je vous en prie, c’est par là, au fond  … dis-je en désignant la porte de ma chambre qui était restée ouverte. Elle me suivit et nous pûmes nous mettre à l’aise, installées toute les deux sur le matelas. Je m’étais calée contre l’arc en bois qui décorait le bas du lit pour être face à la jeune femme.

-  Voilà, je pense qu’on ne viendra pas nous déranger d’aussitôt. La dame a besoin de repos et son mari n’apprécie pas vraiment les clients. Elle m’a préparé un plateau pour diner, je ne l’ai pas encore touché, vous voulez le partager avec moi ?

Je l’avais posé sur la petite table de nuit à côté du lit lorsque j’avais entendu le bruit de la chute de la patronne de l’auberge. Le petit encas était fort appétissant même si ce n’était pas le grand luxe pour certains. Pour moi, c’était déjà beaucoup. Je ne connaissais plus les repas consistants depuis que j’avais fui mon clan. Nous étions des nomades, mais nous savions vivre de la terre et des cultures et aussi des ressources qu’elle dissimulait en son sein. Le diner sous la tente de Darkan avait été abondant voir même trop généreux, il avait dû se rendre compte que je n’étais pas habituée à ce genre de festin. Et ce petit plateau me rappelait que les choses même les plus infimes, les plus simples sont toujours les bienvenues.

- Vous m’avez dit que vous n’aviez jamais senti l’odeur d’autres Lycans ? Vos parents n’étaient pas des Lycans ? Où avez-vous vécu durant toutes ces années ?

Chacune avait accepté ce jeu des questions. Des questions qui seraient sans doute plus personnelles que d’autres, elle n’aurait qu’à me le dire et je saurai sur quel terrain ne pas la mettre mal à l’aise. Pour le moment, je voulais comprendre son affirmation, comment elle avait traversé ses transformations, comment elle s’était cachée des vampires et tellement plus.

- Je pensais que notre nature se transmettait de génération en génération. Je n’en suis pas une, du moins, je ne suis pas née ainsi. J’ai été mordue il y a plusieurs  mois par …un Lycan. Je pensais au début que c’était ma fin et puis je me suis réveillée au petit matin dans la forêt, mes vêtements tâchés de sang et déchirés… et bien vivante.

J’entrelaçai mes doigts, me forçant à retracer convenable mes souvenirs les plus terribles. Cette transformation m’avait été imposée et elle avait fait de moi un monstre doté de pouvoirs exceptionnel puisque j’avais découvert être une Oméga. Sauf que j’étais seule, loin de ma mère, loin des gens que j’aimais et je me retrouvai s à être sous la protection d’un Seigneur de guerre, moitié vampire, moitié-Lycan.

- Je ne savais pas que c’était un Lycan. Je pensais à une bête sauvage. Je n’avais jamais entendu parler de ces créatures. J’ai caché ma blessure à l’épaule aux Miens, retournant auprès d’eux. Je ne désirai pas les inquiéter. Et puis, il y a eu cette première pleine lune … la douleur fut atroce, terrible, comme si mes os se brisaient les uns après les autres. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, alors, je me suis éloignée pour ne pas blesser des personnes. A mon réveil de cette première transformation, je ne me souvenais de rien … D’ailleurs, je ne me souviens jamais de ce que je fais sous ma forme Lycane. Je n’ai que de brèves images, très floues, qui me viennent par flashs, mais elles ne veulent pratiquement rien dire …

Je m’apercevais que c’était avec soulagement que je lui avais dévoilé mes peurs et mes craintes sur ma nouvelle nature. Un alter égo que je ne maitrisais pas et avec lequel j'allais devoir apprendre à composer, que je le veuille ou pas.
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Léticya Wolfenstein
MessageSujet: Re: Auberge "Au loup qui dort" Dim 1 Mar - 22:54
L’histoire d’Anna était impressionnante. Léticya n’aurait pas imaginé rien qu’une seconde que qui que ce soit puisse survivre à une morsure de loup garou. Du moins, personne n’avait jamais survécu à l’une des siennes. La jeune femme lui proposa de partager son repas, ce que la brune déclina poliment. Elle n’avait pas vraiment faim, et puis cette rencontre l’excitait tellement qu’elle se sentait absolument incapable d’avaler quoi que ce soit. Elle avait des frissons juste de se rendre compte qu’elle était assise là, avec une autre louve, de sentir son odeur animale, de se rendre compte que désormais, elle ne serait plus jamais seule. Au fond, elle venait de trouver à travers cette Anna tout ce qu’elle avait toujours rêvé. Un alter-égo. Elle écouta avec attention les questions que son Enigme lui posait, écouta son histoire, écouta sa façon d’être et les mots qu’elle choisissait. Il y avait en elle quelque chose de magnétique, un peu à la manière d’un pouvoir magique, elle captivait totalement son auditoire. Elle était surnaturelle. Lorsque ce fut à son tour de parler, Léti fut ravie de parler d’elle aussi, car elle voulait autant connaître Anna que de se faire connaître d’Anna.

- Je suis Lycane de naissance. Mes parents ne le sont pas, enfin je ne connais pas mon père, mais j’en doute. Je vous l’ai dis, le dernier cas de Lycanthropie de ma famille remonte à plusieurs générations en arrière. Ma grand-mère m’a raconté qu’un de nos ancêtres avait reçu ce don de Dieu lui-même, pour l’honorer et le récompenser pour sa foi. Je pense que j’ai eu beaucoup de chance d’être élue !

En s’entendant parler, Léticya songea que son discours pouvait lui faire avoir l’air légèrement prétentieuse. Elle se mordit donc la lèvre inférieur et réfléchit aux mots qu’elle emploierait dans ses prochaines phrases.

- Je suis née et ai grandit dans le centre de la France. Je viens d’un petit village perdu en Auvergne, le nom ne vous dirait rien. J’ai été élevée par ma mère et ma grand-mère. J’ai deux grands frères … Je viens seulement de m’envoler du cocon familial !

Elle hésita un instant avant d’entamer la partie transformation. Après tout, elle n’était pas très douée pour se souvenir de ses nuits animales, et les rares fois où elle avait pu imaginé ce qu’elle avait fait, ça se rapprochait du massacre. Elle avait donc un peu peur de transmettre cette image d’elle-même. Puis elle se souvint que la femme devant elle devait savoir ce que c’était qu’une nuit de chasse. Elle se souvint que c’était une partie d’elle même. Et donc, qu’elle ne devait pas en avoir honte. Elle esquissa alors un sourire, et se lança à corps perdu dans sa confiance et son intimité toute neuve avec cette Anna.

- Je crois que c’est normal, que tu ne te souviennes pas, ou mal, de tes pleines lunes. Je veux dire, moi non plus je ne m’en souviens jamais. La plupart du temps, j’étais attachée. Mais quelques fois je me suis détachée.

Elle haussa les épaules, comme si ce qu’elle racontait était une banalité.

- Ça s’est soldé par des cadavres, évidemment, mais c’est inévitable je crois.

Puis elle ajouta, comme portée par une curiosité malsaine :

- Tu as déjà tué, toi ? Tu te souviens du goût du sang ?

Le tutoiement était venu naturellement alors que ses questions devenait dangereusement personnelles. Et en posant la question, elle même eut la vague sensation de revenir quelques lunes en arrière, dans les bois de Durtol, et il lui sembla savourer de nouveau l’âpreté du liquide rouge, et ses notes métalliques si particulières, et sa chaleur étonnante, glissant doucement dans sa gorge alors qu’elle s’acharnait sur les corps de deux malheureux campeurs. Elle eut la surprise assez malsaine de se rendre compte que ce souvenir la faisait saliver.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Auberge "Au loup qui dort" Sam 28 Mar - 18:01
Comme la première Lycane que j’avais croisée quelques heures plus tôt, Létycia était née ainsi. Quelque part, au fond de moi, je haïssais ce Lycan qui m’avait transformé. Je n’étais plus une humaine et j’étais devenue dangereuse pour ma mère et mes amis. Je ne connaissais pas d’autres Lycans, enfin pas véritablement, même si Létycia était la seconde. J’étais détestée par les Vampires par ce que c’était ancré dans leurs gênes et dans la très longue et ancienne Histoire de nos races. Je n’avais ma place nulle part et néanmoins, j’allais devoir me battre pour la trouver. Cette jeune femme était ravie et même honorée d’avoir été choisie pour porter … ce don. Elle voyait en sa différence et en sa transformation un don alors que moi je ne voyais que terreur et angoisse. Sa famille avait connaissance de ces vieilles légendes et chaque Etre doté de cette capacité à devenir Lycan était vu comme un honneur. Je pouvais comprendre sa façon de penser. J’aurai sans doute était de son avis si j’avais grandi de cette manière-là. Sauf que ce n’était pas le cas …

Elle avait une grande famille avec  deux frères. Seule la présence de son père manquait dans ce beau tableau. Il était peut-être lui aussi un Lycan. J’avais assez parcouru la France avec ma communauté pour avoir déjà visité l’Auvergne et ses grandes plaines, très utiles pour éviter les Vampires. Le reste me glaça le sang. Si Darkan m’avait expliqué qu’il se souvenait de ses transformations et de ce qu’il vivait sous son apparence Lycane, l’expérience de Létycia était fort différente. On devait l’attacher pour la protéger d’elle-même, mais aussi pour protéger les autres. Peut-être était-ce cette solution qui serait le mieux pour moi. La prochaine pleine lune ne tarderait pas. Je pourrai retourner auprès de Darkan et lui demander de m’attacher ou de me garder dans une pièce où je serai incapable de m’échapper sous mon autre apparence. Ses dernières paroles et sa question me figèrent dans ma réflexion. J’avais beau chercher au plus profond de moi, je n’avais pas le moindre souvenir. Ma voix se fit murmure.

- J’espère n’avoir jamais tué des Humains. J’ai toujours fait en sorte de m’éloigner des habitations et de rester cacher dans les campagnes pour mes transformations. A chacun de mes réveils, il y avait toujours des carcasses d’animaux gisant autour de moi. Et comme je te l’ai conté, je n’ai aucun souvenir de tout cela. Je n’ai jamais ressenti le gout du sang dans la bouche …

Est-ce que ma nature humaine arrivait à contrôler ma nature lycane au point de me faire éviter de tuer des Innocents ? Etait-ce aussi mon statut d’Oméga qui agissait de cette manière sur moi ? Je baissai ma tête de lassitude face à toutes mes questions qui tourbillonnaient dans mon esprit.

- Je ne connais pas Paris. Je fais partie d’une communauté de voyageurs qui préfèrent le calme des plaines et des forêts à la grandeur des villes. J’ai eu la chance de voir de magnifiques paysages au cours de ma petite vie. Je suis passée tout près de l’Auvergne. Je me souviens encore de ces décors enchanteurs et de cette nature puissante et immense.

Je me redressai du lit comme si j’avais un besoin fou de me dégourdir les jambes, de ne pas pouvoir rester en place.

- Tu as déjà rencontré d’autres Lycans dans ta jeunesse ? Et les Vampires, tu connais, je pense, les légendes qui nous unies à leur race ?  Ils nous haïssent à un tel point que j’en ai la chair de poule.

Il n’y avait qu’à voir le regard haineux et pervers que m’avait lancé Fédor, ce guerrier et âme damnée de Darkan. Les autres Vampires de la Chasse de Brancia n’avaient pas eu ce même comportement, peut-être parce que leur Seigneur lui avait donné l’ordre de ne rien me faire et que j’étais sa protégée. Si je n’avais pas cette protection, ils m’auraient  écartelée et déchiquetée en quelques secondes.

- Je suis à la recherche d’autres Lycans. Je sais qu’ils se cachent. Les Vampires nous reconnaissent facilement à notre odeur. Le jour est un peu notre salut. Je recherche aussi les traces de ce Lycan qui m’a mordu. Il ne doit pas être loin. Enfin, je crois. Il a peut-être quitté Paris sans savoir qu’il avait fait de moi une des siennes. Je me dis qu’en le rencontrant, je pourrai comprendre qui je suis et pourquoi tout ça …

Je revins auprès de Létycia, lui prenant doucement mes mains dans les siennes.

- Peux-tu me parler des Lycans, des Nôtres ? A part les transformations, y a-t-il des meutes ? As-tu entendu parler d’un Roi ? Comment doit-on se comporter avec les autres Lycans ? Que sais-tu sur les Alphas et les Omégas ? Dit-moi tout ce qui peut te passer par la tête même si tu crois que c’est inutile. J’ai besoin d’en connaitre davantage sur notre façon de vivre et d’appréhender la bête.
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Léticya Wolfenstein
MessageSujet: Re: Auberge "Au loup qui dort" Jeu 16 Avr - 22:49
Non, Anna ne connaissait pas le goût du sang humain. Sans en avoir véritablement honte, Léticya s’était surprise à regretter d’avoir parlé de ça. Si cette jeune femme semblait sûre d’elle, peut-être qu’au fond, elle n’était pas aussi à l’aise avec sa moitié bestiale que pouvait l’être l’adolescente. Cela n’avait pas effleuré l’esprit de la brune avant, car elle était si fière de sa nature que cela surpassait tout le reste. Se tassant légèrement sur elle-même, elle se mordit la langue et écouta la suite de ce que lui racontait la Lycane.

Elle évoqua l’Auvergne, parlant de « paysages enchanteurs ». Léticya n’osa pas la contredire. Les goûts et les couleurs ne se discutaient pas, lui répétait sa grand-mère quand elle vivait toujours là-bas. Anna avait bien le droit d’aimer la campagne ! Léti, elle, préférait les rues sombres et les allures de chaos qu’avaient les villes. Pas qu’elle en ait vu beaucoup, mais elle avait lu des choses et vu des gravures. Elle s’imaginait plus libre, cachée parmi les ombres, que découverte au beau milieu des plaines. Il lui avait pourtant fallu du courage pour quitter la sécurité, bien qu’approximative, de ce qu’elle avait toujours connu. Maintenant elle le sentait : être partie était la meilleure chose qu’elle avait faite de toute sa courte vie.

Léticya sursauta légèrement. Sa nouvelle rencontre venait de se lever pour faire quelques pas dans la chambre. Elle demanda si Léticya connaissait d’autres Lycans, et les légendes unissant les deux races esclaves du soleil et de la lune. Mais avant de laisser l’adolescente répondre, elle ajouta qu’elle était à la recherche d’autres Lycans. Alors comme ça, elle aussi s’était donnée cette mission ? Elle parla du loup qui l’avait transformée. Une nouvelle fois, à l’évocation de la façon dont Anna était devenue Lycane, Léti ne pu s’empêcher de pousser un soupire d’admiration. Cela lui semblait tellement impossible, tellement formidable de survivre à une telle attaque … Mais la tirant de ses pensées, la Lycane lui prit les mains, et plongea son regard pénétrant dans celui de la brune. Elle lui demandait de lui parler des Lycans. De dire tout ce qu’elle savait. Léticya se sentit un peu mal. Ne l’avait-elle pas dit ? Elle ne se souvenait plus. Mais comment annoncer à cette jeune femme si pleine d’espoir qu’elle ne pouvait pas l’aider ? Elle était triste, car elle était persuadée de ne rien savoir d’utile aux recherches d’Anna. Elle n’était qu’une lycane isolée de la campagne, qui avait fui une vie de pleines lunes enchainée, et de lourdes atmosphères familiales après les inévitables dérapages. Elle déglutit. Il fallait pourtant bien le lui dire. Résignée, elle ouvrit la bouche pour parler.

- Je n’ai jamais rencontré aucun autre Lycan avant toi.

Commencer en douceur. C’était plus sage.

- Je n’étais d’ailleurs même pas certaine d’en voir un autre de toute mon existence. C’est la chance qui t’a menée vers moi.

Elle marqua une pose, réfléchissant à la suite.

- Tu m’as parlé des vampires. J’en ai vu quelques-uns quand je vivais encore à… Chez moi. Mais seulement de loin. Ma grand-mère m’a toujours interdit de les approcher. Je sais les reconnaître, ce n’est pas bien difficile n’est-ce pas ? Cette aura lugubre qui les suit partout … Je me demande comment ça peut ne pas les déranger … Je ne sais pas grand chose sur leurs légendes, non, et encore moins leurs liens avec les Lycans.

Et elle ajouta dans un souffle :

- D’ailleurs je ne sais presque rien sur notre race. Je ne connais que quelques légendes qui parlent de ma famille. Je peux te les raconter, mais elles n’ont rien de très … Enfin je ne pense pas que cela puisse t’aider.

Elle était consternée. Elle aurait tant aimé lui dire tout ce qu’elle voulait entendre, tout ce qu’elle espérait savoir, mais non, non tout ce qu’elle pouvait continuer de dire, c’est qu’elle ne savait rien.

- Je ne sais pas si il existe des meutes. Je ne sais même pas si nous ne sommes pas les deux seules lycanes sur cette terre.

Léticya songea un instant qu’il existait a priori un troisième lycan : celui-là même qui avait transformé Anna. Mais elle n’en parla pas, et continua sur sa lancée.

- Tu me parles de choses dont j’ai longuement rêvé, mais dont je ne sais rien. Un roi tu dis ? Non, je n’en ai pas entendu parlé. Ce serait merveilleux, s’il existait vraiment un roi. En tout cas, j’en serais vraiment heureuse, parce que lui, il saurait surement nous répondre, nous dire ce que nous avons tant besoins de comprendre. Je crois que je ne pourrais pas être plus heureuse que de servir un roi. Je ne sais pas non plus s’il existe une sorte d’étiquette à respecter entre lycans.

Elle esquissa un petit sourire avant d’ajouter :

- Mais on n’a pas l’air de trop mal s’en sortir !

Anna avait parlé d’autre chose. Les… Alphas et Omégas ?

- Je n’ai jamais … Tu… Enfin, les alphas et omégas, je ne sais pas ce que c’est, désolée. Je pense que tu en sais bien plus que moi sur notre race, je suis vraiment désolée de t’être si inutile …

Sur ces dernières pathétiques excuses, Léticya se mordit la lèvre inférieure, et levant les yeux sur son interlocutrice, elle espéra que celle-ci ne se sente pas découragée dans sa quête à cause d’elle.
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MessageSujet: Re: Auberge "Au loup qui dort" Mer 13 Mai - 18:23
J’étais encore une fois confrontée à des questions qui resteraient sans réponses. Je n’étais plus certaine que le plan de Darkan puisse lui apporter toutes les informations nécessaires sur la présence des Lycans à Paris. Léticya ne savait rien sur sa race. Elle était née ainsi, mais personne ne lui avait conté quoi que ce soit sur sa nature, chose que je trouvais particulièrement bizarre tout en sachant qu’elle devait subir ses transformations depuis longtemps. Alors, pourquoi personne de son entourage ne lui avait jamais rien dit ? Et comment ce gène pouvait-il sauter des générations ? Je pensais qu’il se transmettait de parents à enfants, mais là Leticya me prouvait le contraire, ou bien alors, le gène était-il resté endormi, latent dans sa famille jusqu’à qu’il choisisse de se réveiller en elle uniquement puisqu’elle avait des frères qui ne connaissaient pas ces pleines lunes. Je ne comprenais plus rien et ça devenait de plus en plus nébuleux. Je lâchai doucement ses mains tout en essayant de faire le tri dans tout ce qu’elle venait de dire.  J’étais perdue.

- Les Vampires … ? Je levai mes prunelles pour les plonger dans les siennes. Ils sont très nombreux ici, il y en a partout. La journée le soleil nous protège. Ils sont très sensibles à sa lumière, mais cette ville est certainement la pire. La Capitale, là même où se trouve le siège de ce Roi. Ne prend jamais de risques, pas de ruelles sombres ou qui soient protégées par des arches ou je ne sais quoi d’autres. Ils sont tapis dans les ombres et ils nous reconnaissent à notre odeur. A l’heure actuelle, ils ne savent pas que nous existons, seulement un Seigneur et sa Chasse. J’ai été faite prisonnière, malgré cela il ne m’a pas tué. Bien qu’il connaisse les anciennes histoires sur nos deux peuples, nous avons échangé beaucoup de choses. Je sais que tu vas trouver cela bizarre, mais je lui fais confiance. A lui pas à ses hommes, enfin pas à tous. Mais toi, ici, dans cette ville, tu dois respecter certaines consignes : ne pas sortir après le coucher du soleil et le jour, tu dois rester assez loin des grandes ruelles commerçantes ou des bâtiments publics. Tu risquerais de mettre ta vie en danger.

Je ne pouvais pas décemment tout dévoiler à Leticya au sujet de mes conversations avec Darkan. Ce n’était pas une question de confiance envers cette jeune fille, mais beaucoup plus une promesse que j’avais faite envers le Seigneur de Brancia.

- Les Vampires et les Lycans ont toujours été des ennemis, depuis la nuit des temps. Les Vampires ont repoussé leurs attaques et ils ont cru avoir réussi, avoir disséminé cette race. C’était faux. Les derniers Lycans se sont cachés un peu partout ici, en Europe, dans le monde entier. Ils se sont fondus parmi les Humains et ont vécu plus particulièrement dans les villages, là où ils seraient susceptibles de ne pas croiser des Vampires. Cela a très bien fonctionné jusqu’à aujourd’hui. Les Lycans se réveillent, sortent de l’ombre et marchent sur Paris. Du moins c’est une déduction qui nous a sautés aux yeux. Mais je ne sais pas pourquoi. J’ai été mordue par un Lycan qui me pensait morte. Maintenant, je suis de plus en plus persuadée qu’il me recherche, qu’il sait que je suis en vie quelque part. Donc, non Léticya, nous ne sommes pas les seules Lycanes. Ils vont arriver de tous les côtés, mais il fait se montrer prudentes.

Elle s’était enthousiasmée à l’idée que nous ayons un Roi. Pourtant, je pensais différemment, peut-être parce que j’avais rencontré Darkan et qu’en moi subsistait cette partie humaine. Je ne réfléchissais pas totalement en tant que Lycane, mais en tant que femme, que personne. Servir un Roi simplement parce que j’étais de la même nature que lui ? Il fallait avant tout savoir les intentions de cet homme tout puissant.

- La venue du Roi peut engendrer une guerre terrible entre les Lycans et les Vampires. Les Humains seront de nouveaux des dommages collatéraux et je ne peux accepter cela. Je suis encore humaine, bien que ma part Lycane me dévoile des pouvoirs que je n’aurai jamais imaginés.

Les Alphas et les Omégas, je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à ce que le Kendé m’explique les légendes.

- Les Alphas sont les guerriers les plus puissants, chef de meutes, ils sont craints par tout le monde et chaque sujet leur doit obéissance et respect. Les Omégas sont différents, plus en retraits, ils sont là pour apaiser les conflits et ils aident les Alphas dans les négociations les plus complexes. Ils disposent d’un pouvoir psychique qui calme la colère, les tensions, la haine autant sur des Vampires, des Humains et sur les autres Lycans. Je ne savais pas moi-même que ces Êtres pouvaient exister. Je l’ai découvert … J’en suis une Léticya. Je suis une Oméga. Une morsure a fait de moi une Lycane Oméga.

Je me redressai du lit, presque honteuse d’avoir entrainé cette jeune fille dans cette histoire de guerre et de légendes qui prenaient véritablement formes.

- Je suis vraiment désolée pour tout cela. Tu ne cherchais rien de plus qu’à vivre ta vie et moi je n’ai fait que t’avertir des dangers qui rodent et d’une vision du futur peu agréable. J’ai assez abusé de ton temps, tu dois être fatiguée. Même si tu ne me crois pas, car je n’ai aucune preuve de tangibles à te montrer, seulement ma parole, tu dois faire très attention à toi. Promis ?
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Léticya Wolfenstein
MessageSujet: Re: Auberge "Au loup qui dort" Jeu 14 Mai - 15:39
Léticya avait écouté les récits d’Anna avec une sorte de silence passionné. La jeune femme lui présentait un monde dont elle n’aurait jamais espéré faire partie.
Elle lui confirma que les vampires étaient dangereux, bien qu’elle s’en doutât déjà.
Puis elle lui expliqua ces deux mots, ceux qu’elle n’avait pas véritablement compris : Alpha, et Oméga. C’était une chose formidable. Une sorte de rang social bestial, qui régissait la vie lycane. C’était fascinant. Mais à la description de la brune, Léti songea qu’elle n’appartenait à aucune de ces deux catégories. Elle se demanda quel serait son rôle, dans une meute. Puis Anna révéla être une Oméga. Il y eut immédiatement une sorte de déclic. Cette soudaine tendresse envers cette inconnue devait venir de là. Ses pouvoirs de louve la rendaient attirante, comme envoutante, et près d‘elle, il semblait à Léticya qu’elle était loin de tout danger. Qu’elle pouvait être sincère.
Puis Anna reparla du Roi. A ce qu’elle disait, son retour en force ne semblait pas une si bonne nouvelle. Mais Léti se fichait pas mal que le retour des lycans puisse apporter de concert une guerre sanglante ; après tout, n’était-ce pas elle qui, quelques minutes plus tôt, avait salivé à l’idée de ce même sang ? Que lui importait la vie d’humains quand elle était à l’aube de quelque chose de plus grand, quand elle allait enfin rencontrer sa famille, ceux auprès de qui elle aurait dû grandir ? Elle se demanda si eux aussi l’auraient enchaînée.
Et finalement, la douce Anna demanda à sa cadette d’être prudente. Prudente dans ce nid à vampires qu’était la capitale. Que dire ? Léti cherchait l’aventure. Pas à risquer sa vie, mais l’aventure tout de même, et approcher quelques vampires d’un peu plus près était une idée qui l’amusait. Juste assez longtemps pour poser quelques questions, puis elle partirait. Cette histoire d’aura l’embêtait vraiment depuis des années. Mais elle ne voulait pas inquiéter celle qu’elle considérait désormais comme une nouvelle amie, alors elle préféra mentir.

- Je te le promets.

Elle fit un large sourire. La suite était sincère.

- Et ne sois pas désolée, j’étais heureuse de parler avec toi. Tout ce qu’on s’est dit … C’était bien plus important que quelques heures de sommeil. Mais je vais te laisser te reposer. Si tu cherches des lycans, tu vas avoir besoins de te reposer toi aussi. J’espère que nos chemins se recroiseront vite, en tout cas.

Sur ce, elle se leva, et se dirigea vers la porte de la chambre. Mais posant sa main sur la poignée de la porte, elle tourna le visage une dernière fois vers Anna, imprimant les traits fins de son visage dans sa mémoire, pour ne jamais plus l’oublier. Un sourire ravi étira ses lèvres.

Elle attendit encore quelques secondes, mais la brune n'ajouta rien, se contentant de lui souhaiter une bonne nuit. Alors Léti sortit de la chambre, referma la porte derrière elle. Son Enigme était désormais résolue.
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Auberge "Au loup qui dort"

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