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Une main tendue.

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Léticya Wolfenstein
MessageSujet: Une main tendue. Sam 16 Mai - 1:23
Une semaine déjà s’était écoulée depuis sa rencontre avec l’intrigante Anna. Malgré le fait qu’elles partageassent des chambres dans le même couloir, les deux jeunes femmes ne s’étaient plus croisées après. Anna était souvent en vadrouille, Léticya aussi. Elle avait ratissé la Ville Grise et les squats pendant des jours à la recherche du moindre indice, en vain. Elle avait fini par baisser les bras. Soit les siens n’étaient pas à Paris, soit ils se cachaient fichtrement bien. Il lui fallait donc bouger. Rester à l’auberge était très agréable, mais ne lui servait a rien. De plus, Anna avait finit par partir, et elle n’avait donc même plus l’option « discussion amicale » pour rebondir. Au matin du 11 Mai, la jeune lycane fit son sac, régla sa note, et quitta les paysages tristes de la Ville Grise. Direction les quartiers plus artistique. Si elle doutait de trouver des lycans en plein cœur de la capitale, elle espérait au moins trouver des indices, entendre des rumeurs sur ce Roi dont Anna avait parlé, ou même simplement en apprendre plus sur les Vampires. Elle savait que cette initiative était dangereuse, et qu’elle devrait redoubler de prudence. Mais sa curiosité n’était pas satisfaite.

Dans la rue, elle suivit le chemin indiqué quelques jours plus tôt par le contrôleur du train. Elle arriva assez vite sur la fameuse place de la Bastille. Elle s’arrêta dans une boutique pour acheter un plan. Et puis elle rechercha un hôtel. Les gens dans la rue lui paraissaient tous suspects, alors qu’ils marchaient tête baissée vers un lieu inconnu à la jeune fille. Elle ne pouvait s’empêcher de jeter des regards furtifs par dessus son épaule, vérifiant toujours la possibilité d’un vampire marchant sur ses pas. Ou d’un lycan. Mais le temps passait, et elle ne trouvait rien. Au terme de sa première journée hors de la Ville Grise, Léticya songea que Paris était une bien belle ville, que les hôtels étaient chers, et que les gens étaient inintéressants. Elle avait trouvé au détour d’une rue un petit hôtel qui lui rappelait vaguement l’auberge « Au loup qui dort », et avait choisit d’y prendre une chambre. Les prix étaient un peu plus élevés que ceux de sa première chambre. Mais il lui restait encore pas mal d’argent, alors elle ne s’inquiétait pas vraiment. Déçue de n’avoir rien trouvé, le premier soir, elle dormit comme un loir.

Le lendemain, 12 Mai, la journée était ensoleillée et s’annonçait plutôt bonne pour Léticya. Elle avait rêvé qu’une chose extraordinaire était sur le point de lui arriver. Elle se sentait donc en pleine forme. Comme elle en avait pris l’habitude depuis une semaine, elle commença sa journée par une longue douche. Puis elle quitta son hôtel. Dehors il faisait bon. Un sourire heureux étira les lèvres de la jeune fille. Encouragée par ces bons pressentiments, Léticya sortit sa carte. Elle décida d’un trajet à suivre. Quelque chose lui disait qu’elle n’aurait pas à chercher aujourd’hui. Alors elle décida de visiter. Elle passerait par le Louvre, puis traverserait la Seine et redescendrait jusqu’à la Cathédrale de Notre Dame de Paris. Elle était impatiente.

Sa journée se déroula sans encombre, comme elle l’avait imaginé. Ce qu’elle découvrait l’émerveillait, les vieux murs lui semblaient émettre une sorte de pulsation magique, et elle se plaisait à se perdre dans des petites rues dont elle ne connaissait même pas le nom. Elle ne trouva pas le Louvre, trop occupée à sillonner les venelles étroites. Elle avait rapidement perdu l’axe des grands boulevards. Mais par un procédé qu’elle mit sur le compte de sa chance, elle finit par tomber sur une immense place grise et pleine de monde : le parvis de Notre Dame. Léticya fut subjuguée par tant de beauté. Elle ne connaissait qu’un seul édifice religieux, une vieille église délabrée et presque abandonnée un peu en dehors de Durtol. Cela n’avait rien à voir avec cette architecture majestueuse. Elle se souvint vaguement d’avoir lu un livre, une histoire d’amour, ou quelque chose du genre qui se déroulait ici. Elle fut si émue, qu’elle resta plantée devant, bouche entr’ouverte, à fixer la pierre lisse et le grand vitrail de ses yeux arrondis par l’émotion. Elle resta debout longtemps, et ne remarqua pas que peu à peu, les alentours se vidaient. Il fallait dire que le jour tombait. Le soleil commençait à descendre derrière les immeubles, et l’ombre annonciatrice des réveils vampiriques commençait à s’installer. Mais Léticya n’y fit pas attention. Elle regrettait de n’avoir pas de quoi dessiner sur elle. Elle fantasmait mille et uns scénarios sur ce qui avait un jour pu se passer sur cette place, entre ces hauts murs, près de ces grandes tours. Elle ne commença à revenir à la réalité quand il fit tout à fait nuit, et que sa vision se fit moins bonne, et qu’elle frissonna, le froid la saisissant soudain.

Elle regarda autour d’elle.

- Merde … cracha-t-elle entre ses dents.

Elle serra les poings. Il était si tard, elle n’était pas certaine de retrouver son chemin jusqu’à l’hôtel. Elle en avait pour vingt bonnes minutes de marche, si elle ne se trompait pas de route. Alors qu’elle tentait de déchiffrer son plan pour rentrer, une brise la fit frissonner. Elle jeta un regard de côté.

- Bonsoir …

La voix l’avait faite sursauter. C’était une voix suave. Une voix d’homme. Une voix tintée d’une curiosité terriblement mal venue. Léticya releva doucement les yeux, retenant son souffle. Le visage qu’elle découvrit était si pâle, et l’aura blafarde qui entourait ce corps dangereusement parfait lui confirma ce qu’elle avait craint. Un vampire. Elle était piégée, faite comme un rat. Comment allait-elle pouvoir s’enfuir ? Qu’allait-il demander ? Qu’allait-il faire ? Que pouvait-elle dire ? Elle fut prise d’une envie de vomir terrible. La peur lui nouait l’estomac. Les yeux plissés du vampire la dévorant lui rappelèrent qu’elle devait répondre.

- Euh. Bonsoir.

Elle replia précipitamment sa carte et fit mine de vouloir s’éloigner. Mais en faisant volte face, elle retrouva le curieux face à elle. Elle retînt de justesse un cri. C’était confirmé, elle était dans la merde jusqu’au cou.

- Vous avez l’air perdue.

Ce n’était pas une question. Plutôt une affirmation, et Léti entendait au son de sa voix qu’il jubilait. Le monstre !

- Où allez vous ? Que faites vous si tard dans la rue ? Qui êtes vous ?

La lycane sentit que son interlocuteur se fichait pas mal d’avoir les réponses à ses deux premières questions. Il la regardait avec une intensité dans le regard, une lueur qui montrait qu’il cherchait à faire un lien impossible entre elle et un vieux souvenir. Elle décida qu’il valait mieux éviter de paraître plus suspecte qu’elle ne pouvait déjà l’être.

- Je m’appelle Léticya. Mais je suis attendue, je dois vraiment …
- Léticya comment ? Je vous connais ?


Il voulait son nom. Non, c’était trop dangereux.

- … Je ne crois pas. Je ne vous ai jamais vu. Il faut vraiment que j’y aille …

Elle fit un pas en arrière. Un autre. Et s’enfuit à toutes jambes. Malheureusement pour elle, elle n’alla ainsi pas très loin. A peine se fut-elle enfoncée dans l’une de ces ruelles qu’elle avait empruntées pour venir qu’une poigne de fer la saisit au poignet. Elle ne put s’en empêcher et se mit à hurler.

- Laissez moi !

Le regard du vampire s’était aiguisé.

- Est-ce possible …
- Je ne comprends pas… Laissez moi, je vous en prie, je dois vraiment… Il faut…

Des larmes coulaient sur ses joues à présent, et les doigts glacés sur sa peau lui faisaient mal. Tu es stupide stupide stupide ! Elle s’en voulait tellement maintenant. Comment avait elle pu être aussi dissipée ? Le vampire ne semblait même plus la voir.

- Cette odeur … Mais pourtant …

Non non non non ! Il comprenait. Il comprenait tout. Et d’un seul coup, il y eut comme un éclair qui traversa son regard, et un rictus malsain étira ses lèvres. Le sang de la jeune lycane se glaça. Elle tira d’un coup sec pour dégager son poignet de l’emprise du vampire. Et elle se remit à courir, même si elle savait que ça ne servait à rien. Elle courrait sans vraiment regarder où elle allait, et elle finit par trébucher, inévitablement. Au même moment, les doigts froids lui attrapèrent les jambes, et elle hurla encore, oubliant qu’elle pouvait ameuter tout le quartier, s’en fichant, en fait, car elle était terrifiée, et ne parvenait plus à penser. Pourquoi n’ai-je pas mes crocs mes griffes pourquoi je l’aurais déchiqueté pourquoi je ne veux pas mourir ! Elle pensait à toute vitesse. Sa main rencontra un caillou. Elle ne parvint pas à le saisir. Mes croc, mes griffes … Il le faut ! Elle cessa de crier. Une décharge d’adrénaline lui donna la force de se retourner. Elle donna un violent coup de pied qui fit lâcher prise à son agresseur. Elle n’attendit pas pour se redresser. Il fallait qu’elle n’ait plus peur. Le vampire la fixait avec un air méchant. Il montra les crocs. Et alors, tout au fond d’elle, dans ses entrailles, Léti sentit la lycane s’éveiller. Elle pouvait presque l’entendre gronder. Et elle se demanda même une seconde comment elle avait pu avoir seulement peur. Son souffle était court. Le temps semblait étrangement suspendu. Comme si l’homme devant elle pouvait lire ses pensées, il fit un pas en arrière, hésitant. Elle reprenait confiance en elle. Ce devait évidemment être troublant.

- Non. Je n’ai pas peur, dit-elle, plus pour elle que pour son adversaire.

Et contre toute logique, elle sauta en avant. Elle n’avait aucune chance. Le vampire la plaqua contre le mur. Elle se débâtît rageusement ; ses ongles déchirèrent la peau blanche des bras qui la retenaient. Son adversaire poussa une sorte de feulement de rage. Elle tendit le cou, et mordit la chair. Du sang gicla. Elle sentit une morsure à son tour. Elle rejeta sa tête en arrière, arrachant un morceau du cou du non mort. Il recula, se plaquant contre le mur en face, sa main se portant à sa blessure qui se cicatrisait déjà. Aussitôt, la louve couru un peu plus en avant, là où sa main avait heurté la pierre. Elle la ramassa. C’était gros comme deux poings. Le temps de faire volte face, il était sur elle. Elle tomba, l’entraina dans sa chute. Ils roulèrent. Sans savoir comment, elle se retrouva sur lui. Elle se mit à frapper. Une fois. Deux fois. Trois fois. Elle n’arrêta que quand le vampire cessa de bouger. Elle était pleine de sang. Elle n’était pas certaine qu’il soit mort, car après tout, il semblait que ces monstres renaissaient toujours. Alors mieux valait ne pas trainer. Sa victoire était seulement due à une chance incroyable, et elle pressentait qu’il ne valait mieux pas jouer avec le feu. D’autant qu’ils avaient fait du bruit, et que l’odeur du sang pouvait en attirer d’autres. Elle se releva, gardant les doigts crispés sur son arme improvisée, et recommença à courir, aussi vite que ses jambes lui permettaient.

Elle n’osa pas tenter de retrouver son chemin. Il était trop tard, et c’était désormais bien trop dangereux de tenter de rentrer à l’hôtel. Alors dès qu’elle vit une devanture de magasin un peu moins bien protégée que les autres, les bras en croix devant son visage pour se protéger des éclats de verre, elle fonça sur la vitrine qu’elle brisa sur le coup. Elle espéra pouvoir se cacher jusqu’à l’aube. A l’intérieur, elle remarqua être dans une boulangerie. Elle se hissa par dessus le comptoir, et se laissa glisser sur le sol. Elle respirait difficilement, son cœur battait la chamade, et ses doigts serrés sur la pierre refusaient de lâcher prise. Sa sueur collait ses cheveux sur son front, le sang collait ses vêtements à sa peau. Elle grimaça. Les douleurs de la lutte commençaient à s’éveiller dans son corps. Mais finalement, elle était en vie.
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MessageSujet: Re: Une main tendue. Dim 12 Juil - 18:23
Commissariat de Police
Section Criminelle
21h 45

Le bruit sourd d’un dossier qu’on venait de faire tomber vivement sur mon bureau me fit lever les yeux  de mon écran d’ordinateur.

- Nouveau dossier pour toi Mac !

- T’es sérieux ? Tu n’as pas remarqué que je croule sous un tas de pochettes cartonnées avec des petits post-it partout où il est mentionné en grosses lettres : URGENT !

- T’es juste douée pour les cas désespérés ma belle ! Ne me regarde pas comme ça ! C’est la patronne qui a bien précisé que tu devais t’occuper de ça ! Elle veut que tu y jettes un œil et que tu lui donnes tes avis et conclusions. C’est un dossier qui rame depuis des mois. Elle veut un regard nouveau sur cette affaire et tu es quand même la plus placée de nous tous !

- Mouais … pas besoin de me passer la pommade ! Après, je dois passer trois heures sous la douche pour m’enlever la tonne de couche collante que j’ai sur la peau !

- Je peux t’aider la prochaine fois si tu veux !

- Dégage de mon bureau ça vaudra mieux pour toi et ta virilité !

- T’es pas marrante Mac !

- Je ne suis pas ici pour l’être !

Je m’étirai tant j’avais les musclés endoloris pour enfin prendre ce nouveau dossier qui paraissait animer notre charmante Supérieure. A peine avais-je mis le nez dans les rapports et autres clichés photos qu’une alerte du PC se fit entendre dans toute la salle. Nous bossions dans une sorte d’open space ainsi on pouvait aider un collègue s’il avait besoin de renfort avec un suspect ou bien travailler en équipe sur certaines affaires.  Je suis lieutenant dans la police criminelle et je n’ai à ce jour eu aucun souci avec mon Capitaine ou mon commandant. Je suis une grande gueule, mais je fais du bon boulot sans pour autant m’envoyer des fleurs. Le plus important dans mon travail, c’est le respect et la confiance que j’ai acquise auprès de mes collègues masculins. Rare nana à être ici, en place dans la Criminelle, je me suis vite imposée avec mon caractère, mon bagou et mon professionnalisme. C’est ainsi qu’ils m’ont appelé « Mac ». Ça fait plus « homme » comme ils aiment à me le rappeler parce que j’ai les couilles qui vont avec ma détermination. C’est quelque chose que je prends comme un compliment venant d’eux. Mais revenons à l’histoire du moment …

- On a un problème du côté de Notre Dame !

J’arquai un sourcil, entre moquerie et sérieux, fermant le dossier que je plaçais avec précaution dans le dernier tiroir de mon bureau.

- Tu es sérieux ? Notre Sainteté a appelé au secours ?

- Il y a eu une bagarre … une sale bagarre pas très loin … Beaucoup de sang …

- Hum …Règlement de compte entre Vampires ? Qu’on les laisse crever et se décapiter entre eux.

- On doit y aller … c’est un ordre …

Je soupirai, mécontente de voir que la fin de ma journée allait sans doute se prolonger à des heures très tardives. Je pris mon Glock que  je glissai dans la poche de mon holster, m’assurant d’avoir des munitions sur moi au cas où on devrait freiner ces monstres. J’enfilai mon blouson et je rejoignis Nathan qui m’attendait sur le parking. Le moteur de la voiture ronronnait déjà. Pas de voiture aux couleurs de la police de Paris et autres emblèmes. Non, un véhicule qui passait inaperçu dans la ville et qui s’avérait intéressant pour l’effet de surprise. Une fois installée dans le siège passager, il fit démarrer la voiture direction le quartier de Notre Dame.

- Je sais que tu as horreur de ce genre de mission.

- Tu sais aussi bien que moi que c’est une perte de temps. Je ne vais pas laisser ma peau pour ces monstres. Qu’ils s’entretuent ! Il y aura moins de vermine dans la capitale !

- Mac ! Un jour, tu auras des soucis avec ta façon de réagir !

Les limites du quatrième arrondissement se dessinèrent assez vite. On pouvait voir la Cathédrale de Notre Dame de Paris s’élevait au loin et éclairée par des lumières qui la rendaient majestueuse et froide à la fois. Les rues étaient bien trop calmes pour que cela soit un pur hasard. Nathan stoppa la voiture à quelques pas de l’endroit où l’on avait signalé le bruit d’une bagarre. Des lampadaires guidaient nos pas sur le bitume, mais j’avais toujours sur moi ma lampe de poche tout comme mon coéquipier.  Ce qui nous frappa en tout premier lieu, ce fut tout ce sang qui s’étalait. Il n’y avait plus de corps, pourtant on pouvait deviner l’échange féroce et violent qui s’était déroulé à nos pieds.

- Il y en a un qui a laissé un bout de chair …

- C’est étrange, cela ne ressemble à rien de ce que l’on connait et ce que l’on voit habituellement …  Si la victime était un humain, on aurait retrouvé un cadavre déchiqueté et exsangue, pas un bout de chair … nécrosée …

- Tu es devenues experte en vampires, Mac ?

Je ne répondis pas. Comme beaucoup de mes collègues, j’en avais vu des cadavres et celui qui m’avait le plus marqué, c’était celui de mon frère ainé. Le faisceau de ma lampe torche suivait le trajet de gouttelettes de sang qui se dirigeaient vers une petite ruelle voisine. J’armai mon Glock que je posai sur ma lampe, avançant dans la ruelle. Je m’éloignais de Nathan que je savais en sécurité près de la voiture. Je n’aimais pas ce silence pesant comme si des yeux inconnus m’observaient sans cesse. C’était oppressant et même très dangereux comme me le répétait souvent mes collègues. Les gouttes de sang suivaient un chemin bien précis. Un bref instant, je mis un genou à terre, effleurant de mon index la petite tache vermeille qui était encore fraiche. Je repris mon avancée, pas après pas. Aucune lumière ne s’échappait de derrière les volets, aucun bruit, même pas le miaulement d’un chat ou les battements d’ailes d’un oiseau. Je bifurquai sur droite et la rue donna sur une allée commerçante. Je pouvais reconnaitre certaines boutiques, des devantures familières. La lumière de la lampe glissait sur les murs jusqu’à ce que je m’aperçoive que l’une d’entre-elles avaient éclaté. C’était une boulangerie d’après l’enseigne qui s’affichait au-dessus du magasin.  Les tâches de sang s’arrêtaient elles aussi à ce niveau. Un vampire ne viendrait tout de même pas ici se cacher ? Non ! Il aurait disparu pour se mettre à l’abri. Quelque chose m’échappait dans toute cette histoire.

- Mac, tu es où, bon sang ?!

La voix de mon coéquipier s’éleva de ma radio, accrochée à ma ceinture, et me fit sursauter. Je la pris fébrilement pour lui répondre.

- Pas très loin, désolée. Je reviens ! Attend moi dans la voiture, c’est plus prudent.

Bizarre que le propriétaire n’est pas averti  la police pour cette infraction. Habituellement, le boulanger vivait toujours au-dessus ou à côté de sa boutique  pour être levé de bonne heure et préparer le pain et toutes ces bonnes choses. La porte était intacte par rapport à la devanture qui avait subi de gros dégâts. La personne était rentrée dans la vitrine de toute sa force et de tout son poids … comme pour échapper à quelqu’un ou quelque chose.

- Il y a quelqu’un ?

Je m’avançai de nouveau en faisant très attention à ne pas me blesser avec tout ce verre à terre. D’un coup de pied avec ma bottine, je cassai des débris autour de la devanture pour me permettre de me hisser à l’intérieur qui contrastait avec  la détérioration de la façade. Rien ici n’avait été saccagé …

- Il y a quelqu’un ? Répétai-je de nouveau.  Je suis lieutenant de police, je ne vous veux aucun mal.

Les gouttes de sang étaient encore présentes sur le carrelage et elles me signalaient qu’une personne s’était cachée derrière le comptoir. Etait-elle encore là ?

- Si vous êtes là, sortez de votre cachette …

Mon Glock bien en main, je continuai à me rapprocher du comptoir. Je m’attendais à voir un vampire complètement épuisé par son combat et qui n’avait trouvé que cette solution là pour reprendre des forces … Mais ce ne fut pas ce à quoi je m’attendais quand le faisceau de ma lampe torche alluma le visage d’une jeune fille. Je restai sans voix quelques secondes pour la détailler. Son visage, ses mains et ses vêtements étaient souillés de sang. Elle tremblait, recroquevillée sur elle-même. Je levai mes deux mains face à moi pour lui faire comprendre que je ne lui voulais aucun mal.

- Je suis là pour t’aider … Il faut qu’on sorte d’ici au plus vite. Je ne suis pas certaine qu’on reste à discuter tranquillement là toutes les deux sans recevoir une visite … Je m’appelle Mackenzie. Tu peux m’appeler Mac si tu veux …

- Mac ! Mac ! Reviens-vite ! Ils sont  là ! Maaaac !

La voix effrayée de Nathan dans ma radio ma glaça le sang. Nous n’étions donc plus seules et répondre à mon partenaire donnerait une avance à ces Vampires.

- Le sang que tu as sur toi leur donne notre localisation. Il faut que tu viennes avec moi… Maintenant !
Toutes mes excuses:
 
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Léticya Wolfenstein
MessageSujet: Re: Une main tendue. Dim 16 Aoû - 3:12
Oui, elle était en vie, elle s'en était sortie. Peu à peu, le soulagement l'envahissait, et elle se détendait. Elle lâcha sa pierre, s'observa. Elle avait des coupures dues à son entrée fracassante dans la boulangerie, et quelques bleus déjà formés. Certainement qu'elle avait d'autres blessures, mais elle laissa ses bras retomber le long de son corps, reprenant son souffle, et s'efforçant de ne plus penser à rien durant une seconde. Malgré elle, le visage défoncé du vampire s'imposa a elle. Elle frissonna. Mais que venait-elle de faire ? Etait-ce cela, la définition de la discrétion ? C'était complètement fou. Pourquoi n'avait-elle pas été plus prudente ? Qu'allait-elle faire, s'il était mort ? Est-ce que la police allait l'enfermer ? Elle songea à la pleine lune qui avait eu lieu quelques jours avant, et du mal qu'elle avait eu a trouvé un endroit où elle pouvait s'enchainer pour ne blesser personne. A coup sûr, une pleine lune dans une cellule n'avait rien de bon. En tout cas pour ceux qui se trouveraient autour. Alors malgré elle, Léticya se mit a espéré que son agresseur soit vivant. Qu'il se soit relevé, un peu cabossé, un peu vexé, et qu'il se soit éloigné en se frottant les reins, histoire de se trouver un nouvelle proie, pour oublier cette furie qui lui avait fait exploser la boîte crânienne à coups de caillou.

Léti esquissa un vague sourire. Qui s'évanouit aussitôt. Oui, il s'était peut-être relevé. Mais peut-être qu'il ne s'était pas seulement éloigné en bougonnant. Peut-être qu'il la cherchait encore. Peut-être qu'il allait vouloir se venger. Peut-être, elle le craignait, s'était-il relevé pour aller chercher du renfort, et qu'il la pistait maintenant. Il allait la retrouver à l'odeur, car elle savait que le sang était un parfum que l'on oubliait pas, et quand il serait là, devant elle, elle ne pourrait plus se défendre, car elle n'aurait que ses poumons pour hurler, et ses yeux pour pleurer, et elle sentait que toute sa force la quittait peu à peu. Abattue soudainement, elle se ramassa, passant ses bras autour de ses jambes, et elle laissa de nouvelles larmes prendre le même chemin que leur prédécesseurs, l'une après l'autre, et elle se mit peu à peu à trembler. Son souffle accéléra. Une sorte d'acouphène l'empêcha d'entendre quoi que ce soit d'autre que son coeur, et bientôt elle ne vit plus bien non plus à cause de ses larmes. Elle faisaient une crise d'angoisse. Elle ne savait pas comment se calmer. C'était très étrange cette sensation, comme si elle ne maitrisait plus son corps, qui déraillait complètement, alors que son esprit pensait très calmement. Cette attitude ne lui ressemblait absolument pas. Elle ne comprenait pas cette soudaine émotivité. Mais ses efforts pour se calmer ne faisaient rien, et même son pouls accéléra encore, quand elle entendit, par le trou qu'elle avait ouvert dans la vitrine, une personne entrer. A l'odeur, elle reconnut un humain, et peut être même une femme. Une voix douce, mais ferme, le lui confirma. Elle allait tenter de signaler sa présence, mais le "je suis lieutenant de police" l'en dissuada immédiatement. Son sang se glaça. Alors, le vampire était mort ? Ils savaient déjà ... Cette femme jouait les gentilles pour l'amadouer, elle allait lui passer les menottes, et l'emmener au poste, et jamais, plus jamais elle ne pourrait en savoir davantage sur qui elle pouvait bien être, et sur les autres Lycans. Elle ne reverrait jamais Anna Volusius, son Enigme.

Un faisceau lumineux pointé sur son visage lui fit plisser les yeux. Mais le lieutenant releva les mains, et assura qu'elle était là pour l'aider. La respiration de Léticya se calmait peu à peu. L'humaine se présenta comme s'appelant MacKenzie. Et lui demanda de sortir. Léticya avait tendu tous ses muscles. Elle était prête à bondir, et à fuir, loin, très loin de tout cela. Tant pis, elle abandonnerait. Elle rentrerait chez elle. Tout serait comme avant.

Une voix terrifiée s'éleva dans la boulangerie.

- Mac ! Mac ! Reviens-vite ! Ils sont  là ! Maaaac !

Léti observa ladite "Mac" prendre une expression affolée. Elle reconnaissait cette frayeur qu'elle avait entendu. Ce type était attaqué par des vampires. Une louve blessée au fond de son ventre releva le museau et se mit à gronder. Elle ne pouvait pas laisser ce type se faire déchiqueter.

- Le sang que tu as sur toi leur donne notre localisation. Il faut que tu viennes avec moi… Maintenant !

Léticya fit un effort qui lui sembla surhumain pour se lever, et d'un signe de tête, elle confirma qu'elle suivrait Mac. Un court instant, il lui sembla que le vent lui hurlait dans les oreilles qu'une chose affreuse allait se produire, alors elle tourna la tête vers l'extérieur de la boutique. La louve était tous sens en alerte. Sans vraiment réfléchir, elle s'adressa au lieutenant comme si elle avait été une autre Anna.

- Cet homme... Celui qui vous a appelé ... On va le laisser ?

Elle s'inquiétait vraiment. Est ce que l'humaine avait prévu de fuir, ou d'aller aider son camarade ? Elle avait l'air inquiète que le sang qui la couvrait n'attire d'autres monstres ... Alors elle se demandait ce qui pouvait bien se passer dans la tête de cette femme policière, à ce moment précis.
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MessageSujet: Re: Une main tendue. Lun 9 Nov - 10:53

Cette enquête prenait un tournant bien différent de mes autres missions. A la base, cela ne devait être qu’un règlement de compte entre deux Vampires, mais ce bout de chair et ces gouttes de sang sur le bitume me murmuraient quelque chose de bien plus étrange. Cette mélodie malsaine m’appelait et j’avais laissé mon coéquipier près de la voiture tandis que j’avançais dans cette ruelle en suivant les traces grace au faisceau de ma lampe torche. J’étais tellement concentrée à écouter tous les bruits autour de moi, que je ne m’étais même pas rendue compte que je m’éloignais de plus en plus de la scène du crime. Une erreur de débutante aurait hurlé mon Supérieur, car on ne doit jamais s’aventurer de nuit seule dans les rues de Paris, ni laisser en arrière son binôme qui pourrait lui aussi être en danger. On est toujours plus fort à deux.

J’avançais dans une allée commerçante et l’une des boutiques, une devanture d’une boulangerie avait été endommagée. Les gouttelettes de sang  suivaient elles aussi ce même chemin. Et je fis de même tout en accentuant la prise de mes doigts sur mon arme à feu. J’entrai à l’intérieur et j’avais l’impression que le son saccadé et anarchiques des battements de mon  cœur résonnait dans la pièce. Le sang au sol contournait le comptoir et je découvris une jeune femme accroupie et dont les vêtements étaient tachés de sang. Je ne désirai pas lui faire peur. Elle paraissait être déjà en état de choc pour que je la bouscule davantage. Je tentai de la rendre moins craintive en me présentant mais la voix de Nathan qui résonna dans ma radio me glaça le sang. Je l’actionnai hâtivement.

- Nathan !!! Nathan ? Répond-moi !  Nathan !!! Met-toi à l’abri. Je reviens vers la voiture.
Nathan ?! Tu m’entends ?!


La jeune inconnue qui ne s’était pas présentée et dont je ne connaissais toujours pas son identité se redressa alors de derrière le comptoir. Elle comprenait l’urgence et le danger de la situation.

- Je ne laisse jamais personne et surtout pas un ami. Vous arrivez à tenir sur vos jambes ? A courir si c’est nécessaire ? Je ne vais pas vous dresser un portrait tout rose bonbon, mademoiselle. Dehors, il fait nuit et les vampires sont déjà là, certainement un peu partout.  C’est leur terrain de jeu, donc il va falloir ruser autant qu’on le peut pour leur échapper.

Je me reculai et je la laissai réfléchir à mes mots. Je me postai à l’entrée de la boulangerie. J’avais éteint ma lampe pour éviter que nous soyons repérées un peu trop rapidement par ces monstres, mais le sang séché sur les vêtements de la jeune fille pourrait être synonyme de notre enfer, un peu prématurément à mon gout.

- Mac … Mac… je me suis mis à l’abri. J’en ai compté 3 …3 Vampires.

La voix de Nathan me tira un long soupir de soulagement. Je me liais peu avec les autres, non par manque de confiance, mais parce que je ne pouvais entrainer personnes dans mes cauchemars qui duraient depuis la mort de mon frère ainé. Des visions qui m’avaient hantée. Une folie qui m’avait possédée. Nathan était à la fois mon partenaire sur le terrain et aussi un ami. Je ne pouvais pas imaginer le perdre alors que je l’avais laissé tout seul. Une faute terrible que je ne me serai pas pardonnée.

- Reste où tu es. Je vais me rapprocher de la voiture le plus possible. J’ai une invité avec moi, une jeune femme qui parait un peu déstabilisée. On se donne des nouvelles toutes les 5 minutes !

- Très bien, ça marche ! Toutes les  5 minutes. Fais attention à toi !

Je me tournai vers l’inconnue. Il était temps de bouger si elle voulait sauver ses fesses, parce que moi je n’avais aucune intention de rester passive dans mon coin.

- Vous venez ? Nous n’avons plus beaucoup de temps. On va remonter l’allée commerçante jusqu’au bout. C’est par là que je suis arrivée. Mais sans lumière cette fois-ci. Nous serions vite remarquées. Il faut longer les murs et être très prudentes. J’ai une voiture qui nous attend en amont.
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Léticya Wolfenstein
MessageSujet: Re: Une main tendue. Jeu 12 Nov - 1:04
Trois vampires. C'est ce que l'homme avait dit. Alors Léticya avait vu juste, ce vampire s'était relevé. Il avait guéri, et maintenant il allait la chasser. Il allait vouloir la tuer. Elle posa les yeux sur la femme policière qui s'était rapprochée de la porte. Si son ami était en danger, c'était parce qu'elle n'avait pas su rester discrète. Elle lui devait de l'aider. Car oui, cette "Mac" avait décidé de voler au secours de l'autre, de ce "Nathan". Elle ne l'abandonnait pas. Léti ne put s'empêcher d'être admirative, se demandant ce qu'elle aurait fait à sa place. Un soir sans pleine lune, elle n'était pas sûre d'avoir été si courageuse...

- Je viens, dit-elle simplement.

Il ne lui semblait pas important ni le moment de se présenter plus amplement. D'ailleurs, elle n'était pas certaine de vraiment vouloir se présenter à cette femme. Après tout, elle n'était pas une Lycane, et en plus, elle pouvait lui attirer des problèmes... Si jamais elle en apprenait un peu trop. Mais elle avait raison: il ne fallait pas trainer.

Le lieutenant, ayant obtenu l'accord de la jeune fille, sortit de la boulangerie la première, ouvrant la marche. Léti hésita un instant, puis mit un pied dehors à son tour. Mac tourna la tête pour vérifier que l'autre suive bien. La brune répondit d'un hochement de tête. Rapidement, à pas feutrés, les deux femmes s'éloignèrent de la boulangerie. Elles s'engagèrent dans une rue un peu plus étroite. Mac n'hésitait pas, elle savait parfaitement où elles devaient aller. Elle semblait tellement concentrée...

Un bruissement noua les tripes de la jeune louve. Elle serra les dents, et attrapa le bras de la femme devant elle pour l'arrêter.

- Attendez ! Il y a...

Elle plissa les yeux, regardant autour d'elle.

- Il y a quelque chose...

Son regard capta une ombre, et avant même qu'elle n'ait le temps de réagir, un vampire, puis deux, puis trois se trouvèrent devant elles. Léti senti toute sa force s'enfuir en courant, et même la louve en elle se terra, oreilles baissées, inoffensive. Elle était terrifiée. Elle voulut reculer, mais son dos rencontra le froid de la pierre. L'un d'entre eux la regardait d'un air plus féroce que les autres. Avec horreur, elle reconnu le visage de celui qu'elle avait espéré avoir tué.

- Tu pensais t'échapper, petite furie ? Et tu nous as apporté le dessert !

Son regard glacé se déporta sur le lieutenant MacKenzie. Léticya n'osait plus bouger.

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Une main tendue.

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