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Un douloureux souvenir du passé...

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MessageSujet: Un douloureux souvenir du passé... Sam 8 Aoû - 23:58
La scène qui se déroulait devant moi était digne d'une partie de cluedo: le vampire avec ses crocs au rez de chaussé de la Bibliothèque Nationale de France-Site Richelieu... Et le grand vainqueur récupère....une âme.... Un peu banal comme prix je dois dire et vous savez, depuis des millénaires d'existences il n'y avait rien de bien original là dedans....


***


La journée avait bien été entamé lorsque les deux énergumènes pénétrèrent par la porte du rez-de-chaussée. Avancée à telle point que déjà, le soleil, dans un crépuscule incandescent laissait ses derniers rayons colorés le ciel d'une teinte rose/orangés. De-ci de-là pointaient d'une lumière pleine de curiosité les premières étoiles annonciatrice d'une nuit sans nuage. Tel un cortège, ces demoiselles de la nuit attendait l'arrivée de une reine, leur reine. Cette lune aux pâles rayons glacés qui trônait toutes les nuits avec elle sur une voie lactée couleur encre. Mais à vrai dire, qui s'en souciait ? Qui de nos jours prenaient le temps de lever les yeux de son téléphone pour observer untel spectacle? Mis à part les enfants baignant le firmament de leurs multiples prières juvéniles, espérant naïvement qu'elles finiraient par atteindre Père. Mais il ne faut pas briser les rêves de la jeunesse. La réalité de la vie s'en chargerait bien assez tôt aussi ne nous attardons pas sur cela car déjà un nouveau prénom sur ma liste commençait à s'effacer, signe qu'une vie viendrait à s'éteindre avant que le soleil ne disparaisse totalement de la ligne d'horizon.

Une fraction de seconde me suffit à me rendre sur le lieu dit: La Bibliothèque Nationale de France. Debout devant la bâtisse, les mains dans les poches, je levais lentement mon regard sur cet immense édifice dont l'architecture démontrait un savoir-faire que l'on ne pouvait retirer à l'Homme. D'ailleurs, combien de vies n'avais je chauffé lors de sa construction. Combien de malheureux accidents avaient retardé les travaux. Ne jamais croire ce que les livres d'Histoires nous racontent. L'Homme à tendance à l'extrapolation et laisse souvent son imagination déformer comme bon lui chante la réalité. Un soupir, un hochement d'épaule et sans même ouvrir la porte je la traversais me retrouvant dans le hall du bâtiment. Peut être étais je arrivé trop tôt, car pour le moment, pas âme qui vive. Il me faudrait donc faire preuve de patience. Fort bien, je me dirigeais donc contre l'un des murs, m'adossant à ce dernier pour sortir ma liste, vérifiant que le nom continuait de s'effacer dans l'ordre logique des choses.

Pour mon plus grand plaisir, je n'eus pas à attendre fort longtemps car bientôt des voix se mirent à raisonner près des portes, tandis que deux silhouettes se dessinaient au fur et à mesure. Deux hommes franchirent le pas de la Bibliothèque. Bras dessous dessus, on aurait largement pu croire qu'ils s'agissaient de deux amis en pleine beuverie. Pourtant l'un deux se figea un instant lorsqu'il me vit dans le Hall. Ca puanteur ne laissait pas l'ombre d'un doute, un vampire était parmi nous. Toutefois je posais mon index contre mes lèvres lui ordonnant de ne rien laisser transparaître. Ma présence à elle seule suffisait à lui faire comprendre que je savais qu'elles étaient ses desseins vis-à-vis de son jouet de quelques minutes. Jouet qui d'ailleurs fût surpris lorsqu'il vit son comparse regarder dans le vide en direction du mur. Il lui demanda si tout allait bien. Comme un spectateur devant son écran, je connaissais le dénouement de cette histoire et j'aurais aimé lui dire " Nan! Casses toi! C'est lui le tueur! Nan, ouvres pas cette porte p....". Mais non je plaisante, c'est tellement plus drôle de voir la suite des événements.

Faisant mine de plaisanter, le vampire enroula son bras autours du cou du jeune humain et tout deux poursuivirent leur route en direction d'un coin tranquille. Personnellement si j'avais été un être humain et en sachant, normalement, que les étages supérieurs sont réservés aux Immortels, jamais je n'aurais pris le risque de me laisser embarquer dans cette endroit. Dans un sens, cette victime s'était elle même jetée dans la gueule du loup. Leur emboîtant le pas à bonne distance, je ne faisais même plus attention aux propos qu'ils échangeaient tous les deux. J'entendais ponctuellement des rires entrecouper leurs paroles et puis tout à coup un silence de mort. J'arrivais au moment où tous deux se regardaient comme chien de faïence. Mais qu'il allait finir par se rouler une galoche. Sérieux? Pourtant je sentais l'Immortel retissant. Un cas de conscience?


- Bon c'est quand tu veux hein! Surtout prends tout ton temps! C'est pas comme si j'en avais d'autres après lui à récupérer...

- Mais tu me perturbes merde...

Prenant cette phrase pour lui, comme une invitation, l'humain s'était jeté sur les lèvres de son compagnon qu'il pensait être celui d'un soir comme tant d'autre. La suite ne se fît pas attendre, quelques baisers dans le cou, puis les crocs qui sortent, se plantent pendant que la victime pensant prendre son pied le laisse faire. C'est un schéma tellement banal chez les vampires... Par moment une grimace de douleurs que l'euphorie du moment fait très rapidement oublier. Et c'est alors qu'arrive le moment que je préfère. L'espace d'un instant, la victime entre-ouvre les yeux et se rend compte que je suis là, moi, arborant un sourire désolé. Elle commence à avoir froid, et dans son regard se lit incompréhension et terreur. La douleur dans son cou de fait réelle cette fois ci tandis que sur ton épaule elle sent une substance poisseuse imbiber ses vêtements. Il est perdu, et pourtant cherche à se débattre, question de survie. Au même moment je sors ma liste, apposant mon stylo sur son nom. Lentement je trace un trait le long de ce dernier, symbole de le suppression de son existence sur le plan terrestre. Il voudrait crier mais ses forces diminue de secondes en secondes. Ses mains sont bloquées par la force surhumaine du vampire. Une dernière pensée, un ultime regret...

* Si seulement...*

J'ai relâché la pression sur mon parchemin, fauchant par ce geste son existence. Ses yeux dans lesquelles, il y a quelques minutes, se reflétaient la vie deviennent vitreux. Sa bouche légèrement ouverte laisse s'échapper son dernier souffle tandis que son corps, coquille vide privée de toute substance s'écroule sur le sol. La proie a été tuée et désormais le chasseur victorieux arbore autour de ses lèvres, tel un maquillage tribal, le sang de sa victime. J'aurais pu lui venir en aide. J'aurais pu empêcher de suceur de sang couper sa vie dans la fleur de l'âge. Mieux encore j'aurais pu tuer de mes mains cette abomination de la nature. Et pourtant je n'avais rien fait. Spectateur silencieux. Car mon rôle n'était pas de les sauver de la mort, mais de leur administrer.

Allez savoir pourquoi j'avais tourné mon regard en direction d'une fenêtre proche. Sur la ligne d'horizon une mince couleur crépusculaire luisait encore. J'avais gagner mon pari.

Le vampire comme en état de choc, hébété par ce qui vient de se passer reste stupidement là planté comme un piqué. Ce n'était quand même pas la première fois qu'il se nourrissait... C'est en m'approchant du corps que je le fis revenir du pays des songes.


- Barres toi ou je t'embarques avec lui...

Bizarrement il ne se fît pas prier et déguerpit sans demander son reste. Moi, il me fallait encore attendre que l'âme ne se détache de son enveloppe pour pouvoir la récupérer. Mais allez savoir combien de temps ça allait prendre. Il faut savoir qu'une âme ne se détache pas aussi rapidement que l'on pourrait le croire de son corps une fois qu'elle est passé de vie à trépas. Les âmes errantes font parties de cette catégorie. Des âmes restées trop longtemps sur terre et à qui Père à refusé l'accès aux Paradis et à l'Enfer pour s'amuser un peu. Un jeu morbide que personnellement je n'avais jamais compris et qui une fois encore empiétait sur mon existence même. Heureusement que les médiums palliaient à cette état de fait. Mais ceci est une autre histoire...

Pour l'heure je n'avais pour seule compagnie que ce corps inerte qui très vite fût découvert à le vigile de nuit. Il faut savoir que votre concept de temps n'est pas le même que le mien. Il se passe en quelques minutes chez moi ce qui se passe en plusieurs heures chez vous. Aussi, comme un film accéléré, je vis défiler le vigile qui se penchant sur le corps compris qu'il avait été victime d'un Immortel et avait appelé la police. Cette dernière au son des sirènes avaient fermé la zone et créé un périmètre de sécurité où seul les agents pouvaient y accéder.

Enfin, les premières lueurs de l'âme commencèrent à s'échapper du corps signe que la séparation avait commencé. D'abord brouillard informe, la silhouette fantomatique du jeune homme se dressait désormais devant moi. Son premier réflexe, comme beaucoup d'autre fût de regarder tout autour de lui. Cherchant à comprendre ce qui lui était arrivé. Il le savait mais refusait de l'admettre. Non, je n'eu aucun mots de réconfort à son égard, aucune compassion pour lui car je ne faisais que mon travail, ni plus ni moins. Il disait que c'était une erreur, qu'il avait encore des choses à faire, me suppliant de faire une exception. Mais tout ce qu'il me dit me laissait de glace. Je m'étais contenté de lui présenter ma main. L'heure s'est l'heure... Et alors qu'hésitant il commençait à tendre la sienne, une agréable vision de mon passé passa les portes. Une tête qui m'avait été très familière par le passé pour m'être amusé à la tourmenter. Miss Clarke, désormais lieutenant de police était donc sur cette enquête.

Il me paraissait évident de me rappeler à son bon souvenir...

Souriant, refermant ma main tout à évitant de rentrer en contact avec celle de l'âme, il me vint une idée qui ne manquerait pas de me distraire...
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MessageSujet: Re: Un douloureux souvenir du passé... Lun 7 Sep - 18:43

- Mac bouge tes fesses ! On a un retrouvé un corps à la Bibliothèque Nationale de France-Site Richelieu ! Un jeune homme vidé de son sang. C’est le vigile de nuit qui vient de donner l’alerte.

- Pourquoi faut-il toujours que cela tombe sur moi … J’avais presque terminé ma journée …

- Arrête de ronchonner ! On nous attend là-bas. Les premières patrouilles sont déjà parties pour y dresser un périmètre de sécurité autour du bâtiment, même si c’est peine perdue …

- Ok Ok ! Je te suis.

J’enregistrai le document que je venais de taper et je fermai la session de mon ordinateur. Je fis rouler mon fauteuil en arrière, me levant et récupérant dans le dernier tiroir de mon bureau mon arme. C’était toujours la même rengaine. Nous arrivions toujours bien trop tard pour aider ces pauvres victimes. Ces Immortels avaient  tout pouvoir et toute liberté même si les discours du Roi se voulaient raisonnables. Je n’ai jamais fait confiance en un vampire et ce n’était pas aujourd’hui que je changerai d’avis. Je me redressai de mon siège et j’enfilai mon blouson. Je clipsai mon insigne à la taille de mon jean  et je glissai mon Glock 34 dans mon holster. Je rejoignis mon co équipier dans la voiture balisée et on fila en direction de la Bibliothèque nationale. Cela fait plus de six ans que je fais ce boulot, que j’ai choisi en sortant de l’Ecole, la brigade criminelle.  Mon passé est tâché de sang et de douleur. Oh bien sûr, je ne suis certainement pas la seule à avoir des démons cachés dans une boite qu’on dissimule sous le lit. On a chacun une histoire qui nous colle parfois un peu trop à la peau. En particulier pour moi. Mon métier était comme un exutoire. J’avais l’impression d’être utile, de me rapprocher aussi du but que je m’étais fixée il y a dix ans. Un jour je tuerai cet Immortel. Je savais qui il était, où il se trouvait. Il était intouchable pour le moment, mais tôt ou tard il ferait un mauvais choix. Il laisserait dans son sillage des traces qui me mèneraient alors jusqu’à lui. Chaque cadavre que je découvrais sur place, me rappelait le corps inerte de mon frère ainé. Et comme à chaque fois, cette scène se déroulait dans ma tête avant d’arriver sur les lieux.

- On est arrivé Mac.

La voix du lieutenant Rogers me fit sortir de ma méditation. Des barrages se dressaient devant nous et des pauvres penauds regardaient tout ce qui se passait. Je ne comprenais pas pourquoi ils n’étaient pas chez eux, bien à l’abri au lieu de se regrouper non loin d’un corps qui venait d’être vidé de son sang. Le rez de chaussé du grand bâtiment était éclairé et on se dirigea vers le lieutenant Dumont qui prenait des notes et questionner le fameux vigile à en croire les derniers mots que j’avais entendus quand on arriva à leur niveau.

- Clarke ! Rogers ! Vous en avez mis du temps à venir. Voici l’agent Carmine. Il a découvert le corps pendant sa ronde. Si vous avez des questions, il se tient à notre disposition.

- Bonsoir Agent Carmine. Pour le moment nous voudrions voir le corps. Nous reviendrons vous voir après.

L’agent obtempéra de la tête et le Lieutenant Dumont nous fit signe de le suivre à l’intérieur.

- C’est par là ! Suivez-moi !  J’ai demandé à ce qu’on ne bouge pas le cadavre tant que vous ne seriez pas là.

- C’est sympa Dumont, mais de toute façon, on connait le responsable de cela. Un Immortel. A quoi bon venir sur place ? C’est une énorme perte de temps pour tout le monde.

- C’est la procédure Mac.

Je haussai les épaules et je suivis les deux lieutenants à l’intérieur de la bâtisse qui abritait la Bibliothèque Nationale. Tout le monde nous attendait. Certains finissaient de prendre des photos, mais nous savions tous que tout cela était vain.  Mes yeux se posèrent instinctivement sur la bâche de couleur bleue foncée qui recouvrait la victime. Le légiste n’attendait qu’n mot de nous pour l’embarquer. Ouais, je sais, ce sont les PROCEDURES. Rogers découvrit le corps et l’examina. Sans grand intérêt là aussi. Nous avions une jolie morsure au niveau de la clavicule gauche.

- Qu’en penses-tu ?

- Pas grand-chose. Un pauvre humain qui est devenue la proie d’un monstre.
Hum … attend …


Je posai un genou à terre et je pris la main du cadavre, puis l’autre en examinant avec attention ses doigts. Je le découvris complètement.

- Ses vêtements sont intacts. Mêmes ses mains. On dirait qu’il ne s’est pas défendu, qu’il savait et qu’il était consentant pour cet acte. Peut-être que la Vampire lui a fait miroiter la vie éternelle. Un petit jeu fort plaisant pour ces créatures. Nous n’en saurons pas davantage.

Je me relevai et je m’éloignai du défunt et des autres policiers qui s’activaient enfin à soulever le cadavre.

- Tu viens Rogers ? Notre présence est terminée ici ! Si nous allions b….

Au moment où je me tournais vers mon coéquipier, une silhouette m’apparut près du corps que l’on mettait dans la house de transport. Une ombre qui flottait. C’était impossible … J’étais en train de délirer …

- Mac ? Mac ! Mac ! Hé Oh ma Belle ! Tu n’as pas terminé ta phrase !
Mac ! Hey ! Répond-moi. Tu me fais peur là ? Qu’est ce qui se passe ?


Tétanisée, deux yeux me détaillaient aussi sombres que les Enfers. Etais-je la seule à apercevoir cette silhouette ? J’étais incapable de répondre à Rogers et incapable aussi de bouger. Il me sourit et je compris, comme si ma mémoire venait d’ouvrir les vannes que j’avais serrées depuis presque dix années pour éviter de devenir folle.

- Je … Je … J’ai besoin d’un peu d’air.

Je parti en courant en direction de la sortie, bousculant des policiers sur mon passage. Tout cela ne pouvait pas recommencer ! Pas maintenant ! La fraicheur de la nuit ne m’aida pas à calmer les battements entêtement de mon cœur. Je pris sur ma droite, vers une cour privée certainement celle de la Bibliothèque. Un petit jardin avec des bancs à l’abri des regards et je me laissai tomber sur l’un d’eux. Mes mains tremblaient, tout mon corps. J’étais frigorifiée.
IL était là …
Pendant toutes ces années, je m’étais répétée que cette vision n’avait été que le fruit de mon imagination, de mon état de choc en découvrant le cadavre de mon frère ainé …
Ce soir, IL était revenu.
Mes cauchemars aussi …
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MessageSujet: Re: Un douloureux souvenir du passé... Lun 12 Oct - 21:56
Que cette vision me fût agréable. Je sentis monter en moi un sentiment de fierté lorsque les pupilles de la petite Clarke s'étaient posées sur ma personne. Pendant une fraction de secondes, ces dernières aussi expressives que des fruits de mers, blasées par l'impuissance de sa condition humaine, s'étaient illuminées de surprise. Un combat entre rêve et réalité bouillonnait dans l'esprit de la demoiselle par le seul fait de ma présence. Je pouvais aisément imaginer qu'elle espérait être en train de délirer. Que la vision de ma présence n'était que le fruit de son esprit fatigué par le travail et le manque de sommeil. Elle s'était tétanisée, comme si, parce qu'elle ne bougeait pas je finirai peut être par m'en aller. Qu'un clignement des paupières suffiraient à me faire disparaître. Elle pouvait monter tous les scénarios, espérant tant qu'elle le souhaitait et même, pourquoi pas, prier le Père que cela n'y changerait rien. Un sourire de ma part termina de briser ses rêves d'hallucinations.

Malgré le temps qui s'étaient écoulées, après tout ce temps à espérer m'avoir inventé, je venais de détruire le bouclier qu'elle s'était construit pour enfermer les souvenirs tragiques de son passé. De notre passé. Des années de stabilité mentale réduite à néant par un simple sourire. Un mouvement de lèvres pourtant si anodin. Il ne lui en fallait vraiment pas beaucoup pour replonger. La suite fût digne d'un film de série Z. La jouvencelle déboussolée sent un poids lui nouer la gorge. Désireuse de respirer elle cherche le salut dans une course folle pour se rendre le plus rapidement possible vers l'extérieur. Sur son passage plus rien ne compte. Son égoïsme et son instinct de survie ont pris le pas sur sa raison et sa logique. Mais comment lui en vouloir puisque je ne suis pas quelque chose de rationnel. Désormais plus rien n'a d'importance pour le lieutenant si ce n'est la fuite. Etais je désolé de l'avoir traumatisé de la sorte ? Fallait il vraiment poser la question?

Toutefois quelqu'un avait compris qu'entre miss Clarke et moi il y avait eut quelque chose. Le jeune homme n'avait eu aucun mal à le voir et passant naïvement qu'elle serait en mesure de lui venir en aide, là où moi je passais pour l'éternel monstre, il s'était mis en tête de lui courir après. J'aurais pu l'arrêter, m'interposer pour l'empêcher d'approcher celle qui fût jadis mon jouet. Pourtant je le laissais faire. Esprit sadique ou élan de compassion? Je vous laisse seul juge, mais personnellement je connais la réponse. Soupirant, enfournant mes mains dans les poches de mon pantalon, je me mis en route pour rejoindre ces deux personnages qui faisaient ma soirée. Mon pas était léger, pour ne pas dire lent. L'atmosphère de la scène qui se jouait devant moi était d'un rafraîchissement sans pareil pour la personne plusieurs fois millénaires que j'étais. Et puis à quoi bon courir pour essayer de les rattraper puisque mon ubiquité m'aurait permis de leurs barrer la route sans qu'ils ne puissent y changer grand chose. Alors tant qu'à faire, autant prendre son temps et surtout se faire plaisir.

Comme un animal en chasse, je me laissais guider par mes instincts pour me rapprocher près de mes délicieuses victimes. La lune était mon témoin, caressant de ses pâles rayons la peau de mon visage. Sans était presque agréable, au point que j'en avais arrêté ma course. Fermant les yeux, le nez levé vers la voie lactée, que cette soirée était riche en rebondissements. J'aurais voulu ne pas aller de l'avant. Arrêter mon avancée et rester là jusqu'à l'arriver du soleil et de l'Aurore. Mais pas très loin, à quelques tournant mes oreilles percevaient les balbutiements d'une voix catastrophée. Tentant comme elle le pouvait de se faire entendre d'une personne qui ne lui donnait aucune réponse. Ainsi donc, mes jouets avaient fini par se retrouver. Tant mieux, cela n'en serait que plus jouissif pour la suite des événements. Reprenant mon chemin, mes pas se répercutaient en écho tout autour de moi tandis que d'un pincement de lèvres je laissais jaillir un sifflement joyeux.

Ce fût donc au détours d'un mur que j'aperçus la gente dame assise dans l'une des cours privées de la Bibliothèque. Le petit jardin avait pris des airs allures de scènes fantomatiques alors que l'esprit se débattait tant bien que mal pour se faire entendre de miss Clarke. Oh, elle pouvait faire mine de ne pas le voir cependant suite à notre rencontre par le passé, le monde des esprits lui avaient été ouvert. Et une fois que celui ci est ouvert, nulle ne pouvait le refermer. Aussi grand bien lui fasse si elle voulait ne pas lui prêter attention.


- Ma foi! Voilà une lamentable prestation que vous venez de nous offrir Miss Clarke. Quelle honte , quelle manque de professionnalisme. Vous enfuir de la sorte...Auriez vous vu un fantôme par hasard?

Mon arrivée avait fait taire notre jeune décédé qui dans un mouvement défensif s'était éloigner alors que je m'approchais. Comme un promeneur égaré, j'allais ça et là, laissant traîner mon regard un peu partout.

Voilà qui est drôle! Tu es assise juste là où jadis j'ai fauché la vie d'une jeune jouvencelle désireuse de connaître les joies de la liberté. Dans un sens ce fût chose faite lorsque son amant l'eut rejoins et ne lui offrit comme écharpe pour lutter contre le froid que ses deux mains autours de son coup.

Mais j'aurais beau m'égosiller rien ni faisait. La demoiselle toujours aussi tétanisée par nos retrouvailles n'avait eu de cesse de trembler comme une feuille à telle point que je commençais à ne plus trouver ce jeu très amusant. Où était la peur? La terreur? J'aurais presque voulu la voir crier, histoire qu'elle réagissait un temps soit peu face à ce qui était en train de se passer. Tels deux vieux amis qui s'étaient perdus de vu nos chemins venaient de nouveaux de se croiser. Et voilà ce que je gagnais comme accueil. Une lamentable fuite de sa part? Lâchant un soupir de désespoir, je hochais là tête en guise de déception avant de tourner mon visage vers notre troisième larron.

- Tu vois ce que ça donne d'avoir offert aux femmes la possibilités d'entrer dans les services de l'ordre? Le moindre petit face à face avec la mort et aussitôt ça prend ses jambes à son cou et c'est fini. Quel honte tu ne trouves pas? Elle est censé représenter la justice et pourtant elle sera à tout jamais incapable de résoudre ton assassina. Ton dossier sera classé sans suite et justice ne te sera pas rendue. Ton esprit ne trouvera jamais le repos j'en ai bien peur. Elle sera incapable de te sauver...

Ma phrase fût mise en suspend intentionnellement alors que je tournais mon visage vers celle dont ma verve était le sujet. Un nouveau sourire malsain s'était dessiné sur un coin de mes lèvres alors que mes dernier mots se firent tranchant et sans appels.

-Tout comme elle a été incapable de sauver la vie de son propre frère!
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MessageSujet: Re: Un douloureux souvenir du passé...
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Un douloureux souvenir du passé...

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