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Entre deux chimères (pv Ru et Amélie)

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Date d'inscription : 02/08/2018
Assina Netrova
MessageSujet: Entre deux chimères (pv Ru et Amélie) Mar 7 Aoû - 13:23
Mon maître m'a demandé d'aller au marché ce matin. Il me demande beaucoup de choses en échange de sa protection contre les vampires. C'est le chantage de toutes les personnes qui ont le cœur sec comme le désert. Le monde en est rempli et j'ai appris à faire avec.

Mais aujourd'hui c'est différent. Il y a son fils qui me regarde de plus en plus fixement. Je sais ce qu'il fait, quel type d'homme c'est. Je sais ce qu'il fait aux filles comme moi. J'ai peur. Je crois que j'ai peur qu'il me tue cette fois. C'est une question de temps. Un jour il le fera . Je touche sans y penser ma lèvre fendue. Mon corps se souvient encore des coups de la nuit dernière. Et de tout ce qu'il m'a fait.

Je suis là avec mon panier rempli des choses que j'ai pu trouver, malgré les restrictions imposées par les longues dents. Quand on a de l'argent on trouve tout et mon maître m'en a donné beaucoup pour les courses. Il n'en manque pas. D'ailleurs, il m'en reste.

Je regarde les couronnes dans ma main. Je revois la figure toute rouge de son fils quand il lorgnait dans mon corsage ce matin. Je ne peux plus. Je ne veux plus. Plutôt mourir en essayant de m'enfuir. Je ne tourne pas dans la rue du Terme comme d'habitude pour rentrer à ce qui est soit disant mon refuge mais n'est qu'une prison où on me fait du mal. Je me dirige vers la Villette sans m'en rendre compte. Tout devient plus gris et sale mais je me sens enfin à ma place. Mieux que dans le quartier de Jeorge où les Humains vivent plutôt bien.

Ici c'est la misère, les squats et les ruines. Le quartier des parias et aussi à ce qu'on dit, le repaire du Comité. Des fous qui tiennent tête au pouvoir, mais qui tuent des gens aussi dans leurs attentats. Ils sont pourtant les seuls à se tenir debout face aux Immortels, alors que tout le monde rampe.

J'arrive rue de Crimée. Je suis essoufflée, brisée. Mon corps meurtri me fait souffrir. Je me pose une minute contre le mur et je ferme les yeux. Mes sens sont en alerte d'un coup. Je me sens observée.
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Amélie Garrel
MessageSujet: Entre deux chimères (pv Ru et Assina) Ven 10 Aoû - 22:07



Il y a quelques temps que je suis arrivée sur ce quartier et que j'y ai mes petites habitudes et mes repères. Je ne niche pas très loin d'une sorte de point de rencontre entre gens bizarres. J'ai une vue imprenable sur leurs allées et venues. Je n'ai pas l'âme d'un limier de la police du Cercle, loin s'en faut, mais j'en mettrais ma petite patte rousse à couper que ces types ne sont pas forcément en règle avec les chartes du Curtea Veche. Leur espérance de vie n'est certainement guère plus élevée que la mienne. Ils sont tous des mines préoccupées et conspiratrices. Certains sont vieux et portent sur leur visage les marques du chagrin, de la perte, du deuil, de la blessure. D'autres n'en laissent rien paraître peut-être parce qu'ils sont jeunes et que leur orgueil est plus fort que la peine pour le moment. Peut-être aussi parce qu'ils ont encore de l'espoir pour eux-même, alors que les premiers n'en ont que pour l'avenir.

Oui, mon odorat très fin sait reconnaître l'odeur des explosifs et certains de ces hommes qui s'engouffrent sous cette porte cochère la portent sur eux. Il y a des femmes aussi parmi eux, l'air résolu et déterminé. Je peux presque deviner lesquelles sont mères. Elles ont le même éclat dans le regard que ma mère quand elle nous réunissait pour nous cacher des longues dents. En général on les sent arriver à des kilomètres et on déguerpit avant même qu'ils puissent nous sentir. Mais maman veillait toujours en arrière garde, pour rabattre sa nichée. Un jour elle a trop traîné à découvert pour trouver mon frère aîné et elle s'est fait prendre. Sylvain ne s'en est d'ailleurs pas encore remis mais je sais qu'il a assisté à la fin de maman.

Son odeur était bien plus forte que la nôtre puisqu'elle était une kimera à cent pour cent alors que notre père, humain, a atténué l'empreinte olfactive dans nos gènes. Il n'empêche que les nuits de pleine lune nous formons une horde de renards au pelage de feu. Tapis dans notre terrier à l'orée d'un parc, nous menons un conciliabule étourdissant. Les renards sont très bavards dans le couvert de leur foyer, tout autant qu'ils sont silencieux et furtifs en dehors. Le glapit de mes frères et sœurs me manque et j'en suis presque à traquer les rouquines et rouquins dans la rue. Depuis que notre mère est tombée aux mains des chasseurs, notre fratrie s'est dispersée. Nous avions bien envie de rester ensembles et de nous entraider mais Sylvain a dit que nous étions plus facilement repérables ensemble que séparément. Je ne sais pas s'il a raison mais je trouve aussi que cela nous rend plus vulnérables.

Depuis quelques jours, j'ai remarqué des allées et venues inhabituelles dans le squat des hommes étranges. Deux forts beaux garçons s'y sont succédé. L'un portant une barbe et une sorte de manteau redingote à l'ancienne et l'autre, difficile de passer inaperçu avec une tignasse pareille, j'ai même cru que c'était l'un des nôtres mais son odeur m'a vite détrompée, avait une sorte de jupe et un drap à carreaux assorti jeté sur l'épaule. Comme si sa chevelure ne le rendait pas suffisamment repérable. D'ailleurs, l'homme à le redingote partageait mon avis. Il avait copieusement admonesté le roux pour son imprudence et lui avait demandé de s'habiller dorénavant en civil. Même si je ne savais pas ce que cela voulait vraiment dire, j'avais vu dans le regard d'émeraude une rage contenue face à un affront.

La beauté de ces deux hommes m'a touché. J'ai reconnu le manque dans cette réaction. Manque des miens, manque d'affection. Je me suis secoué le museau en me grondant moi-même. Tu te ramollis ma petite ! C'est ce que me disait maman quand je ne rapportais qu'une ou deux poules de mes randonnées à la pleine lune. Ces nuits étaient des instants précieux durant lesquels je renouais avec ma nature profonde et je ne me sentais jamais aussi vivante que dans ces moments -là. Peut-être que l'homme en jupe ressentait la même chose en portant son costume et était en colère que l'autre lui demande de s'en priver. J'étais triste pour lui. Je sentais instinctivement de la noblesse en chacun d'eux, mais l'un était désabusé et l'autre brisé.

Une petite renarde peut sentir tout cela. C'est dans l'instinct. De même qu'elle va sentir la poule moins aimée, moins sûre d'elle, celle qui ne va presque pas se défendre et que le coq ne viendra pas défendre en menaçant de crever les yeux ou de lacérer les flancs avec des ergots tranchants ou un bec coupant. Les deux hommes étaient dangereux mais pas de la même façon, mais ils avaient un noble cœur. Ma mère m'aurait donné une correction pour de telles pensées et de tels soupirs égarés. Elle m'aurait dit que pour eux je ne suis qu'un monstre et qu'ils n'auraient d'autre pensée que de me traverser le corps d'une lame bien tranchante et de me saigner s'ils savaient ce que je suis.

Mais quand même, tapie entre mes planches de palettes pourries, je ne pouvais m'empêcher d'admirer leur allure, leurs regards fiers qui se défiaient et la beauté de leurs traits virils. Chacun avait ses attraits. Chacun était redoutable pour une fille comme moi. Chaque jour, je venais aux aguets après avoir trouvé ma subsistance. C'était un rituel qui me réchauffait le ventre d'une autre façon que la nourriture. Mais aujourd'hui j'avais dû les manquer. J'en étais presque à une heure d'attente et ils ne se montraient toujours pas. Bientôt il me faudrait bouger et regagner ma tanière urbaine car un renard trop immobile est un renard mort, même sous sa forme humanoïde.

C'est ainsi embusquée que je la vis. Une gamine au regard triste et au corps de femme que ses nippes austères ne parvenaient pas à enlaidir. Elle marchait d'un pas rapide, comme un automate. Elle avait dans le regard cette terreur des animaux qui savent qu'ils sont traqués. Elle portait un panier bien lourd et je me demandai un moment si elle ne s'était pas égarée. Elle s'était arrêtée à l'angle de la rue de Crimée et semblait reprendre son souffle et se reposer de son lourd fardeau. Mais mon œil exercé releva tout de suite les signes d'un affolement naissant. C'est alors que je remarquai sa lèvre fendue. Il s'agissait bien d'une jeune fille en détresse. J'étais tiraillée entre l'envie de lui tendre la main et le danger de trahir ma présence.
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Date d'inscription : 19/05/2015
Ruairidh Maclachlan
MessageSujet: Re: Entre deux chimères (pv Ru et Amélie) Aujourd'hui à 2:41
J'étais en retard à mon rendez-vous avec Killian et je savais qu'il ne manquerait pas de me le faire remarquer, aussi est-ce un peu tendu que je pris l'angle de la rue de Crimée pour rallier le QG du Comité qui était devenu le nôtre par la force des choses depuis que le Cercle avait capturé les membres français de notre cellule de résistance. Nous devions d'ailleurs réactiver au plus vite nos anciens contacts sur le sol français afin de demander le soutien logistique nécessaire à notre action. Plusieurs phénomènes étranges et nouveaux s'étaient déchaînés depuis ces derniers mois et si nous n'étions pas en peine d'étrangeté depuis le règne des Immortels, c'est à dire depuis des temps reculés qui remontaient à bien avant notre naissance, nous n'avions jamais eu autant de signes concomitants. A tel point que notre antenne du Vatican nous avait contactés pour nous informer que le Grand Conclave lui-même se réunissait fréquemment ces derniers temps.

Killian en avait plus à nous dire à ce sujet et c'était l'objet de notre réunion d'aujourd'hui. Je n'étais pas nécessairement d'accord avec lui et même souvent nous nous opposions quant aux méthodes à employer pour éradiquer ce fléau des non-morts de notre monde, mais si l'Irlandais voyait les choses de façon plus politique, moi je les envisageais d'un point de vue purement pratique. Les Immortels étaient des engeances criminelles et meurtrières, contre nature, des monstres sortis des déviances d'une volonté démente et il fallait en massacrer le plus grand nombre possible. Je voyais même plus loin. Pour moi, les Humains qui collaboraient avec eux devaient aussi bien être éliminés. Chaque humain qui trahissait délibérément la vie en se rendant complice de ces aberrations était à mes yeux aussi coupable de la mort de ma tendre Alena . Rien ne pourrait m'apaiser à part la mort à moins que je ne survive au dernier des vampires ce qui me semblait peu probable.

Au moins pouvais-je me consoler en me disant que mon épouse n'était pas devenue l'une d'eux puisque Francis Wedderburn, le plus ancien d'Ecosse, l'avait saignée à blanc. J'avais le cœur qui battait à tout rompre rien qu'au souvenir de cette atroce fin de journée. Notre mariage. Ce jour aurait du être le plus beau jour de notre vie. Il fut le dernier pour elle et le plus cauchemardesque pour moi. Et Killian voulait que je me montre patient ? Que j'accepte quelques compromis pour les piéger à plus grande échelle ? Des mots encore et toujours des mots. J'allais bien voir ce qu'il nous dirait ce matin mais je n'avais pas l'intention de différer le démarrage de ma chasse en France pour d'hypothétiques rumeurs venues d'hommes en soutanes qui se terraient en laissant l'Humanité se faire massacrer. Tous les Religieux n'étaient pas des couards et certains étaient tombés récemment pour avoir prit fait et cause contre les sangsues, mais ils n'étaient pas légion dans ce cas.

Je marchais d'un pas vif et passai sans la remarquer devant une silhouette appuyé contre le mur à l'angle de la rue. Encore une paria, une affamée qui avait perdu toute sa famille. J'étais en retard, mais je ne pouvais pas laisser cette malheureuse sans ressource et sans défense. Je m'approchai et lui demandai:

- Comment t'appelles-tu ? Tu n'as nulle part où aller ? Tu peux me suivre si tu veux, nous te donnerons un repas et des vêtements ...

Mais soudain mes sens furent en éveil et ma main glissa discrètement sous mon tartan pour saisir la crosse de mon arbalète dissimulée dans mon dos. Je baisai les yeux et avisai le panier plein de victuailles. Foutaises ! Cette gamine n'était pas sans ressource et cela sentait le piège.

A peine cette idée m'avait elle effleuré l'esprit qu'un suceur se précipita d'un rebord de fenêtre sur mes épaules. Il avait rampé à la surface de l'immeuble et moi trop préoccupé je ne l'avais pas vu venir. Grave erreur, mais pas irrémédiable ! De ma main libre je dégainai une dague en argent et m'apprêtai à la planter dans la chair morte de cet Immortel. Bon sang qu'il pouvait être moche ! Comment pouvait -on leur trouver un charme ?
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Entre deux chimères (pv Ru et Amélie)

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