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Chroniques de l'Ombre et de la Lumière

LIVRE I
Quand le salut ne réside plus qu'en l'ennemi.
Que choisir ? La Fin ou l'Union Sacrée ?
 







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 Annexes Livre III ~ La place de l'eglise dans les Chroniques de l'Ombre et de la Lumière

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Athanael
MJ des Lucifugiens
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MessageSujet: Annexes Livre III ~ La place de l'eglise dans les Chroniques de l'Ombre et de la Lumière   Jeu 4 Sep - 18:08

Lors de la prise du pouvoir par les vampires et des destructions en chaîne qui suivirent, toutes les institutions s'effondrèrent les unes après les autres. Une seule sembla pouvoir résister au raz-de-marée dévastateur et, bien que diminuée dans sa force et son nombre, permit aux humains de sentir qu'une part en eux restait insoumise au bon vouloir des nouveaux maîtres et que ces derniers n'étaient pas tout-puissants. Cette institution se trouva être l’Église,à la surprise des survivants de l' ancien monde, si souvent dominé par le rationalisme et le scepticisme nés du progrès des sciences. Nous devrions d'ailleurs dire, pour cette époque, les Églises, bien que différents facteurs conduisirent à n'en conserver qu'une seule, l’Église Universelle ou Église Catholique, ce terme repris dans son sens premier, et le plus souvent désignée par ce seul nom : l’Église.
On sait comment les vampires entreprirent, dans des accès de fureur vengeresse, la destruction systématique de tout ce qui faisait l'orgueil des civilisations humaines et dont, dans l'ivresse de leur nature immortelle, ils prétendaient pouvoir désormais se passer. Les palais et les bâtiments les plus modernes disparurent dans les explosions, les villes flambèrent, les complexes industriels et commerciaux, les campus et les gigantesques organisations des transports furent démantelés et rien ne sembla pouvoir échapper à ce désir d'apocalypse. Certains vampires organisèrent cependant assez rapidement des zones protégées pour sauver ce qu'ils avaient aimé chez les hommes : l'art et le savoir. Des musées, des bibliothèques, de belles constructions historiques furent ainsi conservés pour le profit et le plaisir des seuls vampires.
Or une série d'édifices avaient su résister sans la protection des vampires et même en opposition à leur désir de s'approprier ce qui avait été la fierté des hommes. Il fallut se rendre à l'évidence : les lieux de culte et les centres des villes saintes, les hauts lieux de la spiritualité, les terres sacrées, se défendaient par leur propre nature contre les armées des Sans-âmes.

De nombreux temples, églises, mosquées et monastères, synagogues et ashrams, furent cependant détruits, mais toujours de l'extérieur, par le feu et l'explosif. Et ces destructions furent moins nombreuses qu'on le croit. On crédite volontiers les vampires d'être les responsables de toutes les ruines parsemant les forêts et les  landes qui ont remplacé aujourd'hui des étendues autrefois humanisées. Mais plus de la moitié de ces ruines sont le résultat du simple fait de la disparition, en moins d'une génération, de la moitié de l'humanité. Cette dépopulation se poursuivit tout au long du XXI°siècle avant que les mesures du Cercle ne produisent leur effet et que les humains - considérés comme une source de nourriture et de force de travail- reprennent une croissance démographique perceptible.

Qu'il existât des espaces sacrés s'imposait donc par l'expérience vécue et vérifiée : dans ces lieux de prières, les humains même faibles et malades, étaient plus en sécurité qu'ailleurs. Les vampires hésitaient à y entrer et s'en éloignaient spontanément. On remarqua aussi que plus les monuments religieux étaient anciens et fréquentés et plus les vampires avaient de difficulté, voire d'impossibilité à vouloir y pénétrer.
Malgré les réticences d'irréductibles vampires, le Cercle interdit alors toute attaque contre les lieux de culte encore actifs, préférant obtenir en échange une collaboration pour maintenir la paix sociale dont il avait besoin pour mener ses projets à terme. En officialisant la reconnaissance d'un Culte et en établissant une cohabitation durable, le pouvoir Vampire évitait de voir se constituer des noyaux de résistance resurgissant sans cesse autour de ces lieux où soufflait l'Esprit

L’Église a toujours eu pour premier objectif  de maintenir la foi de ses membres au plus haut niveau possible, la foi conçue comme l'exaltation des forces spirituelles. Plus que la croyance aux dogmes, c'est la certitude intérieure qu'il existe une autre réalité que la simple évidence révélée par les sens. Son efficacité, relative mais  prouvée, permet d'affirmer l'existence d'un Principe supérieur à tout autre, qu'on l'appelle Dieu, Créateur, Être Suprême, Père universel etc...
Cette conception de la foi explique ainsi le fait avéré que les vampires s'éloignent des lieux où l'énergie spirituelle se concentre dans la reconnaissance du divin. Les vampires sont, selon la doctrine officielle, des œuvres de l'Esprit du Mal, suscitées pour détruire l'homme, la création divine par excellence. Ces fils du Démon sont privés d'âme, à savoir de l'étincelle divine reçue par chaque homme à sa naissance. Leur invasion a été permise pour que la vraie foi, malmenée par l'esprit rationaliste du XX °siècle, puisse se réaffirmer en prouvant son efficacité contre les forces des Ténèbres. L'exaltation de millions d'âmes, en des lieux consacrés à l'invocation de l’Éternel et ce depuis des générations, finit par y imposer l'empreinte de cette ferveur venue d'ailleurs. Le vide intérieur des vampires y est sensible et ils reculent devant l'aura de cette lumière divine, eux qui en sont à jamais privés.

La foi n'est cependant pas une arme absolue car elle est toujours imparfaite. Elle est plus ou moins forte selon les individus et les circonstances ; certains vampires particulièrement complexes de nature ( les Anciens ) y résistent mieux que d'autres.  Par ailleurs la terreur ou le charme qu'ils exercent peuvent leur permettre d'anéantir le plus souvent les tentatives de résistance spirituelle d'un fidèle isolé et terrorisé qui ne peut que succomber à leur emprise presque magnétique. Il n'y a que la foi qui sauve, mais elle est loin de sauver à tout coup.
La plupart des humains peu tournés vers la spiritualité pure ont donc besoin d'un support matériel pour l'exalter et l’Église leur fournit dogmes, cérémonies et objets saints, susceptibles par les sentiments qu'ils provoquent, de les sortir de leur tiédeur d'âme et du poids des soucis matériels les tirant vers le bas. Ces adjuvants n'ont en soi qu'une valeur de placebo mais leur efficacité, difficile à estimer en degré, ne fait aucun doute. Les chants collectifs, les rites et les cultes personnels (comme celui des saints) que chacun pratique en fonction de sa sensibilité, contribuent à maintenir vive et à renforcer cette approche du sacré. Ce ne sont pas des gestes ou des paroles ritualisés, un crucifix, une statue, un chapelet ou une aspersion d'eau bénite qui peut faire reculer un vampire, mais l'énergie mentale que suscite la croyance en leur pouvoir possible. Si le parfum de l'ail pouvait éveiller les mêmes échos affectifs qu'un angélus s'égrenant dans l'air du soir, l'ail serait encore aujourd'hui un talisman contre les morts-vivants. Mais pour les fidèles actuels, il évoque plus la cuisine que la sacristie et les antioxydants que le répulsif à vampire.

En raison de son ancienneté bimillénaire et de sa très haute centralisation, l'Eglise du catholicisme romain fut celle qui s'affirma et se maintint alors que les autres s'effaçaient. Le Cercle en n'autorisant que cette seule institution obligea les tenants des autres religions à s'y rattacher officiellement pour bénéficier de la tolérance accordée. Sept générations plus tard, cette affiliation n'est encore souvent que de pure façade opportuniste. Cependant, par solidarité humaine, en dehors de quelques fanatiques, l'Eglise universelle ferme les yeux si les rites catholiques ne sont pas ouvertement rejetés et s'il n'y a pas de troubles mettant la communauté en danger. Les tendances œcuméniques s'en trouvent renforcées.
Il y aurait  encore dans des régions isolées de petits groupes qui pratiqueraient fidèlement les rites des religions bannies. L’Église chargée officiellement de les repérer, y montre en général fort peu de zèle.


En les modifiant parfois selon la réalité de la nouvelle organisation, on garda la plupart des hiérarchies, des structures et des rites du culte romain. La stabilité de la nouvelle Église devint dépendante de celle du pouvoir du Cercle et si on reconnut au pape de Rome sa prééminence spirituelle, la nonciature de Paris prit une importance particulière de par sa proximité des milieux décisionnaires vampires. Une partie des locaux de l'hôtel qui l'abrite en est maintenue neutre et laïque et les rapports personnels avec des vampires y sont fréquents, pour des raisons politiques ou culturelles car l'Eglise est un vaste réservoir de savoirs et d'ouvrages venus du passé. 

C'est pourquoi les membres de l’Église sont autorisés à recevoir et distribuer un enseignement spécifique et de niveau élevé, du primaire aux facultés. La responsabilité en incombe aux ordres enseignants conservés, Bénédictins et Jésuites, gardiens d'un savoir essentiellement livresque tourné vers les arts et les lettres. Il faut former les fidèles à une connaissance précise de leur religion pour éviter la multiplication anarchique des sectes, ce que le Cercle verrait d'un mauvais œil dans son objectif d'ordre et d'encadrement. Il est certain que les cours d'éducation religieuse servent souvent de prétexte à d'autres enseignements, en principe réservés aux vampires et à leurs protégés sous contrôle. Entrer au séminaire est le moyen d'avoir accès à des études supérieures, quitte à renoncer à sa vocation au moment de prononcer ses vœux. Des abus trop criants entraînent de sévères rappels à l'ordre et des sanctions sont exigées tant à l'encontre des enseignants que des étudiants et des familles.
En plus de cette fonction éducatrice, l’Église se charge de nombreuses œuvres humanitaires, ce qui d'un côté renforce son influence sur ceux qu'elle secourt et de l'autre débarrasse le Cercle du souci d'avoir à se préoccuper des plaintes incessantes des humains.
Cependant si le Cercle utilise l’Église comme un moyen de maintenir l'ordre en échange de quelques concessions, de nombreux vampires demeurent fondamentalement hostiles à une Institution qui les a persécutés depuis les origines.

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