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{Achevé} Petits meurtres entre ennemis

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Baxter Finnes
MessageSujet: {Achevé} Petits meurtres entre ennemis Sam 6 Sep - 18:51

Bon sang mais quel bordel ce soir en ville! J'ai du éviter le quai d'Orsay qui grouillait de flics. Des gyrophares partout, une foule de morts sur pattes et de petits humains attroupés à l'entrée du panier de crabes du parlement des épouvantails. Je n'ai pas cherché à comprendre, j'ai tracé dans une rue adjacente. Je venais de finir ma petite oeuvre, une jolie libération pour ce jeune vampire boutonneux dont l'avatar humain était dépressif et auto mutilé. Fraîchement transformé sans doute, il aurait fait des ravages  et j'ai été tenté de le suivre un petit moment avant d'opérer. Trois semaines de divertissement à le voir trancher d'abord la gorge des petits animaux, chats et chiens, puis de leurs petits maîtres lorsqu'il a pris de l'assurance. Ça apprend vite à cet âge-là mais parfois ça apprend mal. La première fois qu'il a attaqué une mère de famille... Une vraie boucherie. Ça m'a ému , pour dire... C'était tellement beau tout ce sang, cette chair qui pendouillait de sa gorge, de son ventre. Oui, c'était tellement beau, j'en aurai pleuré... Un petit Van Gogh du massacre hématophile. Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et je sais qu'il y a aussi du bon dans la fin de toute chose, car la fin, c'est aussi un début. Et puis je savais qu'il serait si beau et émouvant à regarder crever. Alors j'ai mis l'appât en place. Une serveuse qui s'habillait comme Adèle Van Trump, cette fille qui disait être l'héritière d'un magnat du X et d'une chanteuse bluesy du 21ième siècle . La pauvre petite, elle avait bien tenté de crier quand je l'avais entraînée dans la ruelle en la chloroformant, mais très vite je l'avais bercée et rassurée en lui disant qu'elle n'aurait plus à côtoyer ces clients débiles, mortels ou non, qui fréquentaient le bar du quartier où elle travaillait. Des étudiants aux dents longues pour la plupart, qui lorgnaient son cul et son cou. Je l'ai consolée et puis j'ai opéré proprement, comme je le fais toujours. Une petite intervention à coeur ouvert, comme pour installer un peacemaker, sauf que moi, c'est une micro capsule que je place. Une jolie petite capsule remplie d'argent sous forme liquide avec un petit détonateur.

Je repensais au déroulement de leur libération, à tous deux, avec bonheur. Ça avait été grandiose une fois de plus. Il l'avait approchée, avait caressé son cou. Il avait été très simple de la lâcher dans ses pattes, quelque jours après l'opération. Il fallait être humain quand même et la laisser récupérer un peu pour qu'elle puisse profiter de sa propre mort dans les meilleures conditions. Donc, alors que le jeune ado boutonneux sortait de cette boutique de jeux sur consoles -décidément, vampires ou pas, les gosses avaient des goûts inchangés- j'avais déposé Amélie sur le trottoir, à quelques encablures de la salle de jeux, enfin je lui avais ouvert la portière de ma voiture quand même et je l'avais laissé divaguer sur le macadam. Comme prévu il l'avait captée et emmenée sous une porte cochère pour la vider de son sang. C'est là que j'intervenais chaque fois. Un petit code sur le téléphone portable qui m'avait coûté une fortune et boum la capsule... Au moment où il la mordait ils mourraient tous deux d'un empoisonnement du sang. Elle avait viré au bleu... Asphyxie. Il avait viré au gris... Combustion instantanée.

Comme d'habitude, j'avais trouvé le spectacle magnifique et la satisfaction d'en avoir flingué deux de plus m'apportait une joie incomparable. Mes jolis petits couples... Unis dans la mort, sans plus de haine, vampire et humain. Ce que la vie n'a pu unir, la mort le peut... Amen...

Comme d'habitude, les flics ne trouveraient qu'un corps humain avec une cicatrice partant du plexus et remontant au dessus de la clavicule gauche et des traces de crocs dans le cou. A côté du corps, à peine visible, un tas de cendres  tout gris que personne ne voyait jamais. Ils ne pouvaient pas savoir, ni voir... J'avais juste l'arme absolue contre les deux mais qui allait remonter jusqu'au petit thanatopracteur anonyme ? Il rendait de sacrés services aux deux, le petit embaumeur, avec son commerce de cercueils situé juste au rez de chaussée de son appartement. Je remontai le col de mon imper et ne pressai pas le pas malgré la pluie qui commençait à rendre le pavé luisant. Je m'acharnai à allumer une cigarette avant de tourner au coin de la rue.

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Mentis Irae
MessageSujet: Re: {Achevé} Petits meurtres entre ennemis Sam 6 Sep - 20:48



L'homme venait de sortir de la ruelle et tâtait la poche de son manteau. Il en extirpa un briquet et s'évertua à allumer sa cigarette malgré l'averse. A quelques dizaines de mètres, tapi derrière un camion citerne, une silhouette portant une veste à la capuche rabattue ne perdait rien de la scène. Un petit bout de papier venait de tomber de la poche du type et virevolta à travers les gouttes pour se coller à l'asphalte mouillée. Le fumeur reprit son chemin sous le déluge, mais sans se hâter. La pluie plaquait à présent ses cheveux à ses tempes. La capuche attendit qu'il se fût éloigné de quelques pas et se débusqua pour se baisser sur le petit rectangle de papier mouillé que l'homme avait laissé tomber. Elle ne le toucha pas, le laissa là. C'était un ticket de métro portant l'oblitération de la station Pasteur. La silhouette indistincte se redressa  et se mit à marcher dans le sillage de sa proie. Vêtu de noir et presque indécelable, le chasseur à la capuche passait d'ombre en ombre sur les talons de celui qu'il venait de surprendre. L'odeur du sang flottait dans sa trace. Le sang, puissant et terriblement enivrant, rouge, velouté, moiré et brillant. Carmin sensuel et brûlant, poison et élixir de vie et de mort. Les autres fois il était arrivé trop tard et n'avait trouvé que la dépouille misérable de la victime et ce funeste reste d'essence immortelle, un tas de cendres plus ou moins dispersées à la faveur des courants d'airs qui traversaient les lieux.

Cette fois, c'était différent. Il avait pu entrer dans l'esprit de l'autre, saisir ses pensées durant quelques fractions de secondes, le sentir prêt à tuer à nouveau. Le plus libre et grand prédateur doté d'une âme que la Terre ait jamais porté avait reconnu l'un de ses semblables et  se tendait avec l'énergie du désespoir vers l'esprit malade le traquant sans relâche, essayant d'anticiper ses réactions. Mais ses sens trop longtemps assoupis peinaient à soutenir l'effort d'une rare violence mentale que ce don unique et sacré mobilisait. L'épuisement avait plusieurs fois eu raison de lui depuis qu'il pistait cet exécuteur dont lui seul avait perçu le mode opératoire, pour le moment. Cet instrument tenu par une main invisible dont lui seul connaissait la nature. Ce soir il avait pu trouver le théâtre des événements plus rapidement et voir enfin l'exterminateur. Il était arrivé trop tard pour retenir le geste fatal mais assez tôt pour voir sortir des lieux du carnage, cet homme élancé dont la chevelure claire chatoyait sous la lumière des réverbères. Il le suivit d'un pas léger et feutré. Ils débouchèrent sur une grande artère mais alors que l'homme longeait l'avenue et semblait vouloir la traverser, la silhouette ralentit imperceptiblement et sembla se tasser sur elle-même pour finalement s'allonger s'étirer et se confondre avec le goudron du trottoir. Celui-ci sembla s'animer, prendre vie et une superbe panthère noire glissa le long des bosquets qui bordaient l'avenue.


L'homme à la cigarette s'avança vers des files de voitures arrêtées au feu. Soudain, sans raison apparente, le félin bondit dans les taillis alors que l'homme jetait sa cigarette dans le caniveau, avant de traverser juste avant que les voitures démarrent. La proie était déjà de l'autre côté de l'avenue et la panthère hésitait toujours à se lancer à sa poursuite. Tapie dans les fourrés taillés en boules, elle scrutait le croisement d'un regard anxieux. Un grand concert de crissements de pneus et de klaxons se fit entendre. Sautant par dessus les voitures qui étaient engagées au carrefour, une horde de cavaliers s'élançait vers le boulevard Saint Germain. A sa tête un grand homme à la chevelure brune et au visage dévoré par une barbe, cuirassé de noir et portant deux sabres croisés dans le dos, galopait à un train d'enfer en riant aux éclats. La panthère feula sur son passage et glissa sous le feuillage. Elle avait perdu trace de sa proie et battait en retraite. La zone arborée prenait fin contre un kiosque à journaux. La panthère avait disparu. Un battement d'ailes noires déchira l'air.


Pendant ce temps un attroupement s'était formé devant l'impasse où un passant tardif avait aperçu, à la faveur d'un rayon de lune, le corps supplicié d'Amélie Dubreuil, gisant sur le sol, le cou ensanglanté, ses beaux yeux de biches emplis de terreur, grand ouverts vers le ciel étoilé. Dans la foule, le serveur d'un restaurant qui faisait sa pause fumoir non loin et avait entendu le cri d'effroi du malheureux passant, composait le numéro de la PJ. Habituellement on ne les dérangeait pas pour une petite humaine qui s'était fait sucer par une sangsue. Cela arrivait des centaines de fois dans une nuit. D'habitude on appelait juste le commissariat du quartier et les gardiens de la paix venaient constater les faits, embarquaient le corps dans une housse mortuaire et classaient bien vite l'affaire. Mais là, merde, c'était Amélie, la petite blonde du bar de la rue en face, un joli brin de fille, une collègue. Jonas, le serveur n'avait pas envie qu'on classe l'affaire. Surtout qu'il avait des choses à dire. Il avait vu un type bizarre dans la rue...  Mais d'ailleurs, c'était quoi ce bordel sur la grande avenue, tous ces klaxons, et ces cris. Encore un carton, certainement ... Des marmots aux dents longues qui avaient fait du rodéo avec une voiture volée pour vérifier s'ils étaient bien immortels, ça arrivait tellement souvent. Mais Jonas fronça les sourcils. Ce qui était nouveau, ce soir, c'est qu'ils devaient être dans le trip bal masqué ou reconstitution historique. Des canassons sur le boulevard, avec des chevelus en armure ? Non mais vous imaginez ? Qu'est ce qu'ils allaient pas inventer pour tromper l'ennui de leur longue longue vie ?...



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MessageSujet: Re: {Achevé} Petits meurtres entre ennemis Jeu 11 Sep - 21:32
En voiture, Clémence était silencieuse. Comme à son habitude. Elle regardait les lumières des réverbères défiler sous ses yeux. Jonathan ne disait rien non plus. Pourtant ce n'était pas l'envie qui le démangeait. Lui qui était si langue-pendue ! Mais là, il était aussi muet que sa coéquipière. Il savait qu'une Clémence qui observe les réverbères, c'était une Clémence mécontente. Donc plutôt que d'inonder sa comparse de son humour douteux et ras les pâquerettes, il observa lui aussi un moment de silence. Pourtant, son regard alternait Clémence et la route, cherchant le moment propice pour lâcher la blague qui mijotait dans son esprit depuis leur départ du Palais Bourbon. Quand il vit que Clémence détourner son regard des lumières pour se tourner vers lui, il en profita, pensant que le moment était venu.

- Je suis certain qu'au siège du Cercle, ils picolent en bossant. Je mettrai mon cou au vampire qu'ils carburent au Bourbon.

Clémence le regardait avec un regard fatigué, tandis que Jon riait aux éclats.

- Ben ouais ! Palais Bourbon... t'as compris ? Hein ?

- On nous appelle en pleine nuit pour nous envoyer à une prise d'otage pour finalement nous ordonner de partir sur une scène de crime dont la victime n'est autre que le dîner d'un vampire. Et toi tout ce que tu trouves à dire, c'est une blague pourrie. Parfois tu devrais apprendre à te taire. Tu sais, la parole est d'argent et le silence est d'or.

Le rire de Jon redoubla de puissance.

- Avec ma parole, je peux tuer du vampire alors ! Putain je suis Jon aux mots d'argent ! Le super héros ces dames ! Tu savais pas que tu faisais équipe avec un super-héros ? Ben moi non plus...

Il réussit à arracher un sourire à Clémence, qui tentait de masquer son amusement. Garder son sérieux était la meilleure manière pour faire taire Jonathan et profiter d'un instant de silence. Montrer un désintérêt à ses vannes permettait généralement à Clémence d'obtenir une chose qu'elle appréciait : le silence. Celui-ci aidant à réfléchir, il était idéal pour une personne aussi indécise que la lieutenant.
Cette fois-ci, rester stoïque ne changea rien. La pression, la fatigue, l'agacement et diverses petites choses pouvaient rendre Jon encore plus bavard que d'ordinaire. Rendre aussi son humour plus nul qu'il ne l'était. Malgré le silence insistant de Clémence, il continuait de plaisanter sur le Palais Bourbon et son statut de super-héros à la parole d'argent. Il était le seul à en rire, parfois avant même de dire sa sottise. Ce fut ainsi pendant tout le trajet entre le siège du Cercle et la porte cochère où une jeune femme avait été retrouvée vidée de son sang. Ce genre de découverte au petit matin était la routine. Généralement, les brigadiers se chargeaient de ça. Rarement des OPJ étaient envoyés quand le standard savait que la victime avait été mordue. Mais pour cette nuit-là, Clémence et Jonathan avaient été envoyés après avoir été forcés de se rendre au Palais Bourbon. Au moins, ils ne s'étaient pas levés en pleine nuit pour simplement avoir pointé le bout de leur nez dans une affaire où ils furent vite écartés. Heureusement qu'ils n'avaient pas tout Paris à traverser. Du 7ème arrondissement, ils se rendaient au 6ème. Toujours sous le silence de plomb que Clémence imposait. À la Crim', le silence de Clémence était célèbre. Tout le monde savait, et Jon plus que quiconque, qu'il existait même plusieurs silences « Clémien ». Cette nuit-là, le bridé avait droit au silence de la fatigue. Clémence gardait les bras croisés, la tête appuyée sur le siège, le regard vague, les jambes étirées et la respiration quasi-imperceptible.


- On y est, déclara subitement Jonathan, brisant le silence de sa coéquipière et stoppant ses blagues. Merde on va se tremper... se plaignit-il en se garant au plus près.

Toujours sans décrocher un mot, Clémence attrapa un parapluie rétractable qu'elle laissait toujours sous le siège passager de leur véhicule et sortit la première de voiture avec une petite mallette dans l'autre main. Le parapluie se déplia à la simple pression d'un bouton et la protégea de l'eau. Elle s'avança vers l'attroupement, qui les avait empêché d'avancer encore plus près, sortit badge et carte, avant de sommer les civils de s'écarter.


- Mesdames, messieurs... Reculez s'il vous plaît, ordonna-t-elle en brandissant son insigne sous le nez de chaque personne récalcitrante.

- Bon aller hop hop hop on se bouge de là maintenant ! S'exclama Jonathan, avec bien moins de politesse de sa coéquipière. Y a plus rien à voir, on s'écarte !

Clémence arriva au corps la première. Toujours sous son parapluie, elle resta à bonne distance et enfila des gants en latex. C'était ainsi entre Jon et elle. Il gardait dans un premier temps les curieux à bonne distance, en attendant l'arrivée de brigadiers pour s'en charger, interrogeait les potentiels témoins. Et elle, elle posait un premier regard sur la scène et observait dans son silence spécial « flic en action ». Du bord du trottoir, elle fixait le corps de la jeune femme, allongée au sol, sous la porte cochère. Tout d'un coup, un bruit inhabituel s'éleva dans l'avenue derrière eux. Elle tourna la tête pour mieux voir et entendre. Chevaux et chevaliers. Il n'y avait pas de doute que cela s'agitait du côté du Palais Bourbon. Mais le Palais n'était plus son problème, pour le moment. Elle reporta donc son attention sur la jeune femme. Elle se trouvait bien à deux mètres de son cadavre. Clémence replia son parapluie et s'avança finalement, en regardant bien où elle mettait les pieds. Du moins, elle essayait de voir, à la seule lumière des réverbères.

Elle s’accroupit à côté de la jeune femme et examina son cou. C'était bien cela, encore un dîner pour vampire. Clémence repoussa les cheveux de la jeune femme pour mieux voir son visage. C'était une de ses petites manies. Elle aimait voir les yeux des victimes. Ils en disaient tellement. Ceux de la jeune femme étaient comme ceux de chaque personne mordue. La peur. Parfois mélangée à l'appréciation. Comment pouvait-on apprécier le fait de se faire sucer le sang ? N'ayant pas de doute sur le fait que le vampire avait trop pompé sur sa proie, à moins que la mort ait été le résultat souhaité, Clémence ne chercha pas davantage et fit ce qu'elle faisait chaque fois qu'une femme se faisait mordre : elle réarrangeait ses vêtements. Le vampire avait dû tirer sur le col de chemisier de la victime. Celui-ci était tiré pour libéré le cou, le plexus et la clavicule. Quelque chose attira l'attention de Clémence. Une marque qui dépassait du haut du chemisier. Elle prit la lampe torche se trouvant dans la mallette et éclaira la victime. Elle voulait surtout voir la marque. Mais ce qui la frappa dans un premier temps, ce fut la couleur de la victime. D'ordinaire, la perte de sang entraînée par une morsure de vampire pâlissait la peau et surtout les lèvres de la victime. Celle-ci était bleue. La marque se fit plus visible. Clémence détacha le deuxième bouton du chemisier et examina de plus près la marque. C'était chirurgical de par la netteté, et récent de par l'avancée de la cicatrisation. Clémence n'était pas médecin légiste. Mais il ne fallait pas sortir de Saint-Cyr pour remarquer que cette marque était le résultat d'une opération.

Clémence se releva en voyant Jon approcher, accompagné par un homme, qu'il lui présenta. Il s'agissait d'un certain Jonas, qui travaillait dans le bar de l'autre côté de la rue avec Amélie, la victime.


- Vous étiez proche d'Amélie ? Demanda Clémence à Jonas, en évitant de dire le mot « victime », en donnant sa lampe torche à Jon et en lui faisant signe de tête d'aller regarder le corps dont elle avait pris la peine de dénudé le haut.

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MessageSujet: Re: {Achevé} Petits meurtres entre ennemis Ven 12 Sep - 22:29



Jonas était encore bien secoué à l'arrivée des flics. Il s'en voulait un peu de n'avoir rien pu faire même s'il savait que contre une sangsue aucun humain ne faisait le poids,  peut-être qu'il aurait dû signaler un mouvement d'individus suspects à la police municipale . Ce type qui était arrivé et avait déchargé Amélie dans un état pitoyable sur le trottoir d'en face et ce mec qui les matait planqué derrière le gros camion. Et puis il s'était dit que la petite avait beaucoup de charme et que c'était normal que pas mal d'hommes gravitent autour d'elle.

Il fut interrompu dans sa sombre réflexion par un jeune homme plutôt beau garçon, de type asiatique qui arborait un brassard de la PJ. Jonas hocha la tête lorsqu'il lui demanda si c'était bien lui qui avait appelé. Puis il suivit docilement le policier qui le conduisit jusqu'à sa collègue. Une belle femme aussi mais qui ne devait pas être commode. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable sous le feu des questions qui débutait.

- On avait sympathisé depuis quelques mois. Vous avez du voir que c'est un joli brin de fille... Alors comme je suis célibataire, je me disais que j'avais mes chances. Je travaille au café d'en face et on a commencé à bavarder alors qu'on prenait notre pause cigarette chacun devant notre lieu de travail. Elle avait vidé son briquet et elle m'a demandé du feu. Le truc cliché, quand j'y pense...


Jonas expliqua ensuite ce à quoi il avait assisté ce soir : il avait vu un homme assez élancé, blond , tout vêtu de noir arriver en voiture, une Renault Névada assez pourrie, un break bleu foncé qui faisait penser à un corbillard . Il s'était garé le long du trottoir puis avait ouvert la portière passager et Amélie était sortie de la voiture. Elle avait l'air bourrée, tenant à peine sur ses jambes mais l'autre, qui devait être son mec du moment, l'avait entraînée dans la ruelle sans doute pour la bécoter. Amélie était réapparue au bord du trottoir et là un gosse, un ado tout excité l'avait branchée à son tour. Jonas eut quelques regrets d'avoir pensé ensuite ce qu'il avoua à la policière.

- C'est con et je m'en veux, mais sur le coup j'ai vraiment pensé qu'elle faisait le tapin et que l'autre était son mac.


Il jeta un regard plein de questionnement à la femme flic.


- Vous croyez que c'est ça ? Qu'elle essayait d'arrondir ses fins de mois ? J'aurai jamais cru que c'était son genre ...

Puis il poursuivit en expliquant qu'il se demandait où était passé le mac d'ailleurs. Peut-être planqué à observer si tout se passait bien au fin fond de la ruelle ? Toujours est-il qu'il l'avait vu ressortir un petit moment après et s'était fait la réflexion que le voyeur était lui-même observé à son insu. Depuis deux minutes un type avec une capuche rabattue sur les yeux l'observait planqué derrière la citerne d'un camion. Le blond et ami d'Amélie s'était allumé une clope, il avait d'ailleurs fait tomber un papier de sa poche en sortant son briquet. Il s'était éloigné tranquille, à pieds.

Jonas ouvrit de grands yeux et pointa du doigt quelque chose qui était derrière la femme flic.


- Bon sang, mais il est reparti à pied ! Sa bagnole est encore là ! Regardez, c'est elle...


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Clémence Destrées
MessageSujet: Re: {Achevé} Petits meurtres entre ennemis Dim 21 Sep - 23:08
L'examen du corps laissait Clémence silencieuse. Perplexe. Cette jeune femme n'était pas morte comme toutes autres victimes de vampires affamés. Quand Jon lui apporta la personne ayant passé l'appel à la police, Clémence fut obligée de sortir de ses songes. Elle échafaudait diverses théories pour justifier l'étrangeté de la scène du crime : liaison humain-vampire qui avait mal tourné, nouveau jeu sordide de jeunes humains immatures fraîchement transformés en vampire. Ils ne savent donc pas qu'il ne faut pas jouer avec la nourriture ?

Clémence fit signe à Jon qu'elle s'en occupait, ce qui l'arrangeait. Tandis qu'il s'accroupissait pour voir le cadavre, Clémence entraîna Jonas loin du corps sans vie de sa collègue. Suffisamment loin pour lui éviter une vue plongeante sur la victime mais pas trop pour rester alerte aux potentiels appels de Jonathan.

Jonas répondit à la question. Autant dire qu'ils n'étaient pas proche mais que cela ne l'aurait pas déranger. Puis les informations plus intéressantes arrivèrent enfin. Clémence prit note de toutes les révélations : la voiture, une Amélie qui n'était visiblement pas en état pour être parfaitement consciente de ce qu'elle faisait, et l'ado tout excité.

- Pourriez-vous me décrire l'ado comme vous l'avez fait avec l'homme qui accompagnait Amélie ? En fait, seriez-vous capable de nous les décrire tous les deux afin d'en faire des portraits-robot ? Même si les visages sont flous et les détails peu nombreux... ce serait déjà un bon point de départ pour nous. Il vous suffirait de nous accompagner au poste.

Puis Jonas avoua honteusement ce qu'il avait pensé d'Amélie. Il n'avait pas tord. Cela pouvait porter à confusion.

- Si elle faisait le tapin pour arrondir ses fins de mois, pensez-vous qu'elle l'aurait fait à proximité de son lieu de travail ?

Clémence ne laissa pas le temps à Jonas de réfléchir à la question et d'y répondre. Elle l'invita à enchaîner. La nuit avait mal commencé pour elle. Elle voulait en finir vite avec cette histoire qui pouvait laisser croire à un repas de vampire.

- Un quatrième individu ? S'étonna Clémence.

Cette histoire était vraiment hors norme. La thèse du repas lui paraissait de plus en plus difficile à concevoir. Jonas ne parlait pas de vampire se nourrissant d'Amélie. Il restait sur son idée de racolage. L'idée du jeu sordide revenait de plus belle : une femme apportée par un homme blond, servant de repas à de jeunes vampires, peut-être pour les aider à chasser, et deux observateurs, le blond et un individu à capuche. Un nouveau genre de voyeurisme était-il en train de naître ? La tendance serait-elle à observer les femmes se faisant vider de leur sang plutôt que de chercher à les voir nues ?

De son côté, Jon examinait le corps et la cicatrice de plus près. Accroupi, la lampe torche dans la bouche pour avoir ses deux mains disponibles et s'éclairer, il tenait la tête d'Amélie pour l'approcher et mieux regarder les deux petits trous de vampire. Il se pencha davantage et manqua de perdre l'équilibre. Il se rattrapa de justesse en posa une main par terre. Il grimaça. Il l'avait mise dans quelque chose de plus sale encore que le trottoir. Il l'éclaira pour voir s'il ne s'agissait pas d'une crotte de chien et fut surpris de sa découverte. Sa main était recouverte d'une poudre grise et humide. Il renifla sa main. Elle sentait la cendre froide. Il éclaira le sol et vit qu'il avait posé sa main sur une petite trace de cendre. Elle avait une forme de croissant et était toute proche d'Amélie. Le vent l'avait balayé. Avec un bâtonnet en bois de la trousse de Clémence, il racla la cendre et la mit dans un sac à preuve, qu'il rangea dans la mallette. Il se leva et chercha d'autres traces de ce genre. Mais Clémence le coupa dans son élan. Elle l'appelait. Il se redressa et se tourna vers sa collègue qui était de l'autre côté de la route, sur le trottoir d'en face.

- Jon ! Va voir la Névada bleue là-bas ! S'exclama-t-elle en pointant la voiture garée un peu plus loin dans la rue. Ce serait celle de l'homme qui a conduit Amélie ici !

- Ok ! répondit Jon. Je t'ai mis un petit truc dans la mallette.C'était juste à côté de la victime. En très petite quantité.

Jon frotta sa main sale contre son pantalon pour se débarrasser des restes de cendre et s'approcha de la voiture.
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MessageSujet: Re: {Achevé} Petits meurtres entre ennemis Lun 22 Sep - 18:41


Jonas écoutait avec attention ce que lui disait la policière, du moins avec toute l'attention qu'il était possible d'avoir lorsqu'on est mis en présence de ce constat: la vie est bien fragile et la mort peut nous faucher dans la fleur de la jeunesse. Les vampires avaient rendu ce paramètre encore plus palpable ces deux derniers siècles en jouant avec l'une et l'autre. Mourir de vieillesse dans son lit était devenu un luxe auquel bien peu d'humains pouvaient prétendre.

- Oui je peux décrire le jeune vampire et le blond, mais pas le type planqué derrière le camion. Celui-ci ne voulait pas qu'on puisse voir son visage, ni même le voir tout court et c'est pour ça qu'il avait une capuche mais je suis presque sûr que c'était un vampire. D'une parce qu'il m'a semblé voir ses yeux dans la nuit, vous savez, comme deux braises quoi... de deux, il s'est volatilisé en une fraction de seconde. J'ai bien vu le blond sortir de l'impasse, s'allumer une clope, puis s'éloigner après avoir fait tomber un papier de sa poche, mais le gars avec une capuche, entre temps hop, disparu !

Le serveur se dandina d'un pied sur l'autre en reniflant dans l'air humide. Quelle nuit de merde! Et il n'avait pas encore fini son boulot. Il devait nettoyer la salle avant la fermeture.

- Je veux bien vous suivre au poste mais il faudra demander à mon patron. Il va pas me donner congé comme ça. J'ai pas fini ma journée. Tiens ça me fait penser que celui d'Amélie avait dû lui donner congé, car je ne l'avais pas vu depuis trois jours. Pauvre gosse, elle aurait mieux fait de pas venir trainer vers son lieu de travail. Ca lui a pas porté chance. C'est vrai que venir faire la pute par ici aurait pas été malin. Peut-être que son nouveau mec avait juste des moeurs bizarres. Il faisait propre sur lui mais de nos jours qui peut se fier aux apparences ?

Alors qu'il allait demander s'il pouvait retourner au boulot en attendant que les policiers viennent le chercher pour les portraits, un souffle brulant se propagea dans l'air et une violente déflagration le rendit momentanément sourd. La femme flic eut aussi le bec cloué, ce qui devait être rare et ses cheveux eurent droit à un brushing plutôt imprévu. Il flottait une odeur de plastique fondu et d'essence. Lorsqu'ils se retournèrent la Névada bleu nuit n'était plus qu'une carcasse disloquée dévorée par les flammes. Sur le trottoir quelques badauds projetés à terre sur leurs fesses se relevaient en gémissant mais, allongé, le beau gosse à la Jacky Chan qui lui servait d'équipier gisait, inerte tandis que deux hommes en tenue se précipitaient à son secours."Ben merde alors ... voilà autre chose ..."pensa Jonas, la bouche béante.

Il avait bien vu le gars se diriger vers la voiture à la demande de sa collègue et il avait tiqué, sans savoir pourquoi, en le voyant porter la main vers la poignée de la portière conducteur. Déjà parce que c'était pas malin. Il pouvait effacer des empreintes. Puis il s'était dit que le blond aurait pu laisser ses empreintes sur la portière passager aussi, vu qu'il avait ouvert à Amélie. Sauf que ce salaud galant portait des gants. Des détails lui revenaient que son cerveau avait enregistré mais rangés dans la boîte "souvenirs sans intérêt" . La mémoire c'est étrange quand même. Il faut parfois un détail pour réactiver une suite d'autres détails. Enfin là, le détail était de taille: un feu d'artifice dans la rue. Une voiture qui venait d'exploser... Après des cavaliers sur le quai et la mort d'Amélie, qu'est ce qui pouvait encore l'étonner ? Et puis d'ailleurs la seconde raison pour laquelle il avait tiqué en voyant le flic poser la main sur la poignée, était une sorte de conditionnement à force de voir des films policiers américains. Souvent, les témoins gênants ou les types un peu trop curieux partaient en fumée dans l'explosion de leur voiture. Ca paraissait louche, à la réflexion, que le blond ait abandonné son véhicule et soit parti à pied. On aurait pu dire qu'il le faisait parce que, bouleversé par ce qu'il avait vu, un vampire vidant sa conquête du moment, il avait pris ses jambes à son cou. Mais Jonas, qui l'avait vu sortir de la ruelle savait qu'il n'était pas du tout bouleversé par les événements. Ce qui était sûr, c'est qu'il n'était pas couché. La femme policier n'allait pas le lâcher comme ça maintenant qu'un de ses collègues était sur le carreau et d'ailleurs, il se demandait s'il ne devait pas demander une protection policière. Après tout, il était le seul témoin capable d'identifier le blond.

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Clémence Destrées
MessageSujet: Re: {Achevé} Petits meurtres entre ennemis Lun 22 Sep - 22:22
Clémence écoutait Jonas décrire les protagonistes. Celui à capuche était un vampire, le serveur en était certain. Il n'est pas forcément aisé de distinguer un vampire d'un humain en plein jour. Un vampire de bas étage, comme celui qu'elle avait vu dans les jardins du Luxembourg, celui qui s'en était pris à une jeune femme, les vampires de cette classe pouvait parfaitement se faire passer pour un humain. Il lui suffisait de ne pas montrer ses atours vampiriques. Mais la nuit, c'était tout autre ! Ils y avaient leurs yeux brillants comme ceux des animaux. Jonas décrivait bien la chose. Deux braises. Clémence les comparait à des flammes. Léonie lui disait que ce n'était que des yeux de chats. Ha ! Léonie et sa fixette sur les chats !

Clémence balaya Léonie de son esprit. Décidément, cette nuit, sa grand-grand-...-mère était très présente. Trop. Cela la déconcentrait. Elle répéta les paroles de Jonas dans sa tête, repassant en revue les descriptions rapides et les faits qu'il énumérait, tout en les ajoutant à ses propres constatations sur le lieu du crime : il y avait quatre personnes : la victime « prostituée », un vampire « client », un blond « proxénète » et un vampire à capuche.
- La première personne était la victime. Une fille travaillant dans le quartier et qui, selon Jonas, semblait faire le tapin non loin de son lieu de travail. Ses observations montraient une coloration bleutée de la peau qui ne correspondait pas à ce que devient la peau après le passage des crocs d'un vampire. De plus, elle avait une récente marque de chirurgie sur la poitrine.
- Le deuxième était un blond, accompagnant la victime. Jonas semblait persuadé que le blond était le souteneur de la victime. Il avait laissé tomber un papier et sa voiture près de la scène du crime. Cet individu était identifiable par Jonas.
- La troisième personne était le jeune vampire venu à la rencontre de la victime. Cet individu était aussi identifiable par Jonas.
- La quatrième personne était le vampire à capuche. Jonas n'avait rien vu de lui, à part ses yeux flamboyant dans la nuit. Il s'était volatilisé rapidement. Très rapidement.
Le portrait robot des individus 2 et 3 allaient lui être utile.

- Votre patron n'aura rien à dire contre le fait que nous vous emmènerons au poste. Pas besoin de congés. Il n'a pas son mot à dire, marmonna Clémence, tirée de force de ses pensées par Jonas qui parlait.

La jeune femme était trop plongée dans ses réflexions pour songer à la chose la plus importante pour le moment : pourquoi la voiture était-elle toujours là. Elle pensait plutôt à une chose découverte par Jon. Qu'elle était-elle ?
Elle n'eut le temps d'y réfléchir plus longtemps. Quelques mots dans les longues paroles de Jonas la fit réagir : la victime étant absente depuis trois jours, elle devait avoir pris des jours de congés... ou de maladie, au vu de la plaie chirurgicale sur sa poitrine.

- Lorsque vous avez sympathisé avec Amélie, vous a-t-elle dit si elle était malade ? A-t-elle parlé d'une opération à faire ?

Jonas remettait sur le tapis le fait qu'Amélie faisait le tapin.

- Je doute qu'elle faisait le tapin. Pas à proximité de son lieu de travail. Gardez en mémoire ce qu'elle était : un joli brin de fille avec qui vous avez sympathisé pendant les pauses cigarettes.

*C'est bien plus complexe* songea Clémence.

- Vous dites que le blond n'avait pas une allure négli...

Clémence fut interrompue par le bruit d'une explosion. La névada bleue venait d'exploser.

- Jon ! Hurla Clémence en voyant Jon gisant au sol.

La rue s'agitait, les badauds criaient. La police tenta de contrôler la situation. Clémence passa ses mains sur son visage, dans ses cheveux, laissa tomber sa tête en arrière et se mit à crier :

- Putain de merde !

Une Clémence grossière, c'était rare. C'était Jon le grossier du duo. Mais une Clémence qui jure, c'était une Clémence en colère. Elle était en colère contre elle-même. C'était elle qui avait envoyé son partenaire fouiller la voiture. Elle se précipita vers Jon et vérifia son état. Ce n'était pas tout beau mais il n'était pas mort. Mais ses blessures pouvaient très bien l'achever.

- Si tu crèves, tu me le payeras... t'entends, enfoiré, tu ne partiras pas, dit-elle à Jon avant de se relever et de faire fuser les ordres à ses subordonnés.

Le Lieutenant Destrées était en action. Les renforts furent appelés, les ambulances... ainsi qu'une petite fantaisie à la Destrées : des projecteurs. Le Lieutenant voulait voir la scène du crime comme en plein jour.

Clémence fronçait les sourcils et affichait une expression qui faisait toujours peur à Jon : celle qui annonçait qu'il fallait bosser et laisser de côté les blagues foireuses, celle qui disait que le repos n'allait être mérité qu'une fois l'affaire bouclée. Elle fonça droit sur Jonas et le saisit par le bras.

- Vous, au poste. Je vais vous présenter un collègue qui adore dessiner les visages qu'on lui décrit. Hep toi ! S'exclama Clémence en pointant un sous-officier du doigt. Conduis-le à la DRPJ. Cet homme est notre témoin clé. Si on veut savoir qui a fait ça à Jon, il nous y aidera. Qu'il arrive entier à la crim' et qu'il soit scotché à la chaise en face de mon bureau s'il le faut mais qu'il y soit tenu au chaud jusqu'à ce que j'arrive.

Clémence laissa Jonas entre les mains du policier et de ses collègues. Elle retourna auprès de Jon, en attendant que ses projecteurs ne soient apportés. Il était pris en charge par les secours tout juste arrivé. Quand la requête bizarre du lieutenant fut exhaussée, qu'Amélie était éclairée par les projecteurs, Clémence put voir la scène du crime de façon plus clair. Sans le savoir, Jon et elle avait souillés la scène. La chose découverte par Jon était de la cendre. Et il y en avait partout, éparpillée par le vent, collée au sol par la pluie.

- De la cendre. Mais Jonas n'a pas parlé de feu...

Clémence remballa sa mallette avec ses preuves. Elle mit tout dans la voiture et regarda s'éloigner le véhicule médicalisé qui conduisait Jon à l'hôpital. Clémence sentait qu'elle n'avait plus rien à faire ici. Elle monta en voiture et roula aussi vite que possible, gyrophare et deux-tons allumés, jusqu'à la Crim', où l'élément clé de son enquête l'attendait pour une longue, très longue conversation sur ce qu'il avait vu cette nuit-là.

Une fois à la Crim', elle déposa ses preuves au labo et demanda à ce que la cendre ramassée par Jon soit analysée. Puis elle alla dans les bureau et s'assit au sien, en face de Jonas. Elle ne le salua pas. Elle ne lui proposa pas de café, rien. Elle se contenta de dire :

- Avez-vous vu un feu, des flammes. Quelque chose brûler ?
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MessageSujet: Re: {Achevé} Petits meurtres entre ennemis Mer 24 Sep - 14:46


Puisqu'on lui garantissait que son patron ne lui ferait pas la misère, Jonas avait suivi les flics de bonne grâce. Après tout, il était plus en sécurité dans les bureaux de la PJ que derrière son comptoir à servir des demi. Si le blond voulait éliminer un témoin gênant qu'il aurait vu sans en donner l'impression, il s'en prendrait à lui. Si le type à capuche voulait éliminer quelqu'un pouvant témoigner de la présence d'une capuche étrange dans cette rue derrière le camion citerne, il pourrait aussi vouloir s'en prendre au p'tit garçon d'café qui fumait sa clope sur le trottoir d'en face. Et si Jonas était presque sur que le blondinet style british ne l'avait pas vu, il était beaucoup plus flippé concernant le gars à capuche avec ses yeux d’allume-cigare. Ce genre de regard, quand ça porte dans votre direction, ça vous transperce. Et il aurait juré que l'autre l'avait fixé. Rien qu'en y repensant, il en avait la chair de poule. Donc il se trouvait bien entre les deux flics en bras de chemise dans le bureau de la fliquette et lorgnait le holster bien fourni que chacun arborait au côté, d'un air rassuré.

Les deux types n'étaient pas de mauvais bougres mais ils étaient sur les dents à cause de leur collègue blessé dans l'explosion. Ils devaient avoir l'ordre de ne pas commencer l'interrogatoire sans le chef car ils se contentaient de rester les bras croisés avec des airs de Ness s'apprêtant à faire avouer Capone, ce qu'il ne fit jamais, puisqu'il tomba pour fraude fiscale. En revanche, un lieutenant arriva avec un bloc et un crayon et se présenta comme le responsable du service identification et demanda à Jonas de le suivre dans une autre salle. C'était pas dommage et comme il avait envie de se dégourdir les jambes, il ne se fit pas prier. On l'installa devant un écran et lui expliqua qu'il allait devoir choisir pour chaque zone du visage la proposition la plus ressemblante avec le suspect, c'est à dire le gars blond. Il dut procéder ainsi pour les yeux, la bouche, le nez, puis le front et le menton. C'était plutôt marrant de reconstituer le puzzle d'un visage jusqu'à enfin reconnaître une personne existant vraiment. Ça voulait dire que finalement la nature avait peut-être des moules qu'elle combinait de différentes façons pour obtenir une infinité de visages. Quand enfin le petit ami d'Amélie, enfin le type qu'il avait vu avec elle, le dernier sans doute à l'avoir vu vivante, apparut sous ses yeux, il hocha la tête et s'exclama d'un air triomphant :

- C'est lui ! On le tient !


Il se fit la réflexion que le portrait robot était plutôt flatteur, petite vengeance dictée par une pointe de jalousie. En vrai, le type n'avait pas l'air si charmant que ça. Mais Jonas n'avait pas eu trop le temps de s'appesantir sur la beauté du gugus qui lui avait soufflé Amélie. La chef des flics, Madame Enervée, venait d'arriver dans le bureau et le brancha directement pour lui demander s'il avait vu un feu. Il fronça les sourcils et hocha la tête positivement.

- Oui, même que d'abord j'ai pensé à la lueur d'un briquet mais ensuite c'est devenu trop vif. J'ai supposé qu'il y avait peut-être un SDF dans le fond de la ruelle, qui venait d'allumer un braseros ou avait foutu le feu à sa couverture. Ces pauvres bougres ça leur arrive souvent vu qu'ils se font des sortes de tipis par dessus le feu pour pas être repéré par la milice. En plus ça a gueulé maintenant que j'y pense, un beuglement d'animal qui souffre. J'ai vraiment pensé les deux types s'engueulaient avec un clochard qui les avait dérangés dans leur petites affaires avec Amélie. Mais après le feu s'est éteint aussi vite qu'il avait pris. Et maintenant que j'y pense... Je me dis que c'est peut-être bien le jeunot qui a fini en barbecue, vu que j'ai vu ressortir que le blond. Dites, sans faire de mauvais jeu de mots, ça sent le roussi pour moi aussi... Vous pourriez pas me mettre sous protection ?

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{Achevé} Petits meurtres entre ennemis

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