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{achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau

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Baxter Finnes
MessageSujet: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Ven 12 Sep - 23:39


Certains soirs il flotte dans l'air comme un parfum de bonheur qu'on n'arrive pas à définir. Juste une sensation grisante de toucher du bout des doigts une forme de plénitude rarement égalée. Rien n'est vraiment différent des autre soirs et c'est juste une sensation très fugace qui saisit le cœur et le met en joie. Je suis un gars simple au fond et il m'en faut peu pour être heureux, même si je n'ai rien d'un gros ours lourdaud. Mon grand projet prenait une putain d'envergure! Au point que toute la presse parlait de mes exploits, sans forcément les relier les uns aux autres d'ailleurs, aveuglement des enquêteurs ou volonté de ne pas trop en montrer l'amplitude, toujours est-il que mes expéditions nocturnes faisaient l'objet d'un article quasi quotidien depuis quelques semaines. Les rues de la capitale étaient toujours sillonnées par ces mecs sur leurs canassons qui donnaient à la ville une allure anachronique mais finalement je trouvais ça fun. Ça donnait du piment à mes sorties. En plus des types du Cercle et de la police régulière, j'avais aussi ces espèces d'ours à éviter ou à choisir comme cible? J'avais été assez fier de mon petit coup de la voiture piégée qui avait amoché un policier. Je n'avais pas encore de type de la milice gouvernementale  à mon tableau de chasse, pas plus que ces cuirassés crasseux qui patrouillaient sur le dos de leur cheval. J'avoue avoir une préférence pour la milice. Ils sont propres sur eux, impeccablement rasés, ils sentent bon. Les nouveaux venus d'un autre temps, eux, schlinguent le putois. Ils sont pleins de poils partout. J'vous jure, il faut vraiment faire preuve d'abnégation pour vouloir en approcher un. Et puis les suivre discrètement n'est pas simple. Avec leur dada, ils passent à peu près partout. Du coup je me suis acheté une moto. En attendant de remplacer ma voiture qui a explosé... J'ai vu une petite annonce. Un imprimeur qui se défait de sa fourgonnette. Le genre de véhicule qu'il me faut pour passer la vitesse supérieure dans mes petites activités. Pour le moment je n'ai pris sur moi que le fric pour payer l'argent à ce trafiquant qu'un stagiaire camé jusqu'à la moelle  m'a conseillé. Ah mais ce stagiaire bon sang! Un cas! Un ancien hockeyeur universitaire de Québec et exilé en France après quelques déconvenues avec la police locale, toujours montée à ce qu'on m'a dit. Il aurait connu ce type dans une salle de sport parisienne où il lui arrive de dealer. Et il me dit comme ça au beau milieu d'un embaumement " Je me fumerai bien une petite pipe! Faut que je parte plus tôt pour aller trouver mon fournisseur. Il est un peu flippant. C'est un vampire. Mais il a de la marchandise de première." J'ai souri, vous pensez bien. Je me suis dit que les deux, associés dans une combinaison, ça ferait un joli couple de petits morts. Mais, curieux de nature, malgré les mises en garde de ma vieille au sujet des désagréments que cela pouvait occasionner, j'ai posé quelques questions. Et les réponses m'ont intéressé au plus haut point. Oui Tracy Fenger pouvait fournir à peu près tout ce qui était illicite et même l'argent bien que ce soit peu conseillé pour un vampire de traficoter ce genre de substance. Je n'étais pas aussi étonné que mon stagiaire. Les vampires ! Ces êtres dégénérés ! Prêts à tout pour ressentir l'once d'un frisson, même à trimbaler sur eux une substance qui pouvait leur être fatale par simple contact.

Mais finalement, dans mes projets, Tracy Fenger était passé du statut de proie potentielle à celui de possible fournisseur. Tout dépendrait de l’arrangement que nous trouverions. Dans ma grande bonté je pouvais même épargner son client régulier, ce crétin de stagiaire  à la langue trop bien pendue ... A moins qu'il ne m’excède de trop... J'étais de fort bonne humeur en arpentant les rues de ce quartier populaire. La rencontre promettait d'être intéressante si je me fiais à la description et aux mises en garde de mon informateur bavard. Fenger était un psychopathe qui faisait froid dans le dos, à l'entendre, et il fallait la jouer fine avec lui. Ça me changerait de mes fournisseurs habituels, des abrutis notoires qui finissaient toujours par se faire épingler par la loi ou succomber à une consommation excessive de leur propre fond de commerce. Si le type était fiable, nos affaires pourraient y trouver un épanouissement réciproque. Je franchis donc la porte de ce bar, assez anonyme mais propre, le cœur guilleret et une enveloppe bien remplie dans ma poche. Les consommateurs étaient à l'image de l'établissement. Des humains travaillant dans des fabriques avoisinantes et quelques vampires de seconde zone. Lorsque je jetai un coup d’œil discret sur la clientèle, je ne pus m'empêcher de former dans mon esprit des couples mortels. C'était devenu un réflexe chez moi, une seconde nature. Je ne tardai pas à le repérer, fidèle au tableau qu'on m'en avait brossé. Plutôt beau gosse, et athlétique avec ça. Un vampire bien dans ses baskets, bien nourri, l’œil vif, le poil brillant. Un beau spécimen, vraiment. En voilà un qui avait bien choisi le moment pour se faire mordre. Si j'avais eu un soupçon de bon sens, je n'aurais jamais abordé ce type, moi simple humain, pour lui proposer un deal assez surprenant. La majorité de mes fournisseurs étaient des humains ou alors des vampires paumés qui, du temps de leur humanité, étaient déjà des dégénérés assommés par la dope ou l'alcool. Je ne prenais pas grand risque à traficoter de l'argent avec cette engeance . Leur cerveau était trop grillé pour chercher à savoir ce qu'un humain pouvait bien vouloir faire d'une telle quantité d'argent ou pour suspecter qu'il puisse appartenir au Comité. Car après tout, avec cette organisation obscure, nous étions les seuls à oser occire du vampire. Mais nous poursuivions des buts bien différents. Eux voulaient reconquérir la liberté de la race humaine, moi je voulais sa fin comme celle des vampires qui n'en étaient, à mon sens qu'une extension aberrante. Tracy Fenger en était l'expression aboutie mais néanmoins contre nature. Son imposante stature et le regard intelligent qui croisa le mien furtivement, déclenchèrent en moi une monté d'adrénaline qui me fit afficher un sourire épanoui. Oui j'étais complètement dément mais si j'en avais parfois conscience, je le vivais bien. Si être dément c'était refuser la déliquescence du monde dans lequel j'évoluais, alors je voulais bien être le plus grand malade que la Terre ait portée. Je commandai une modeste bière pression et me dirigeai juste vers la banquette qui faisait dos à dos avec le vampire à la carrure sportive. Je m'assis tranquillement pour déguster ma mousse puis je glissai à mi-voix :

- Nous avons une connaissance commune Monsieur Fenger. David Lacrosse m'a conseillé de m'adresser à vous.

Je ne pus m'empêcher de sourire en songeant au ridicule sobriquet que s'était attribué mon stagiaire dans le monde du commerce illégal.


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MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Lun 15 Sep - 23:30
Il y a des jours comme ça où tout roule. J’avais décidé de pointer mon nez dans les rues de la ville Lumière pour la première fois depuis un long moment, les égouts c’est pratique pour les escapades discrètes mais la puanteur innommable qui y règne avait finis par abattre mon envie de rester discret. Je ne fus pas déçu de ce que je découvris. Le spectacle des cavaliers aurait pu avoir l’air impressionnant si l’archaïsme de leur accoutrement ne leur donnait pas cet air à la fois sauvage et quelque peu ridicule. Ils se disaient princes et comtes, seigneurs et rois blabla. Un ramassis de bêtises que j’avais bien du mal à comprendre mais qui avait au moins le pouvoir de me faire rire, avec tout le mépris du monde. Ils appartenaient au passé, tous autant qu’ils étaient. Le véritable désagrément était cette odeur pestilentielle qui accompagnait leur cavalcade. M’approcher d’eux est un véritable défi. Ce qui, en ces temps où ils rôdent partout, rend les déplacements assez difficiles si on veut éviter ces bouseux. Ce sobriquet leur va à merveille je trouve.

J’avais dû me déplacer déjà très tôt dans la nuit pour les livraisons de premières importances et accessoirement trouver un repas à mon goût. C’est en revenant de chez ce bon vieux Lacrosse que je l’avais croisée. Elle était charmante vraiment, un beau brin de jeune fille et si je n’avais pas eu mes obligations, je me serais sûrement égaré avec elle sur les chemins du plaisir mais hélas le temps me manquait. Bien que ma soif de sang soit proche de l’inextinguible, je n’ai pas pour coutume de dépecer mes victimes, de les déchirer et accessoirement repeindre les environs de leur sang comme le sont capable certains vampires. Je préfère les tuer avec pudeur, tant que la rage ne m’emporte pas dans un tourbillon de meurtre bien sûr. J’aime jouer de mon charme pour les attirer dans une étreinte mortelle, je prends plaisir à boire leur sang bien plus que n’importe quelle autre chose, j'aspire lentement et leur souffrance m’enivre d’avantage. Oui, je suis un peu sadique sur les bords. Mais bon pour celle-ci je n’avais eu guère le temps, j’étais tombé du toit telle une chauve-souris devant elle et sans plus attendre lui agrippa les mains sans résistance, je l’ai plaqué alors contre le mur où elle s’est laissée faire et me supplia de combler ses désirs les plus fous. Le fantasme du vampire. Il y avait du monde au balcon qui attendait joyeusement qu’on s’occupe d’eux mais le poids anormal de mes poches me ramena vite à mes obligations. Je la mordis proprement pour faire taire l’incessante cacophonie qu’elle faisait résonner à mes oreilles. Son liquide vital dégoulinait dans ma bouche et sa chaleur me transporta, elle s’agrippa à moi et au lieu d’entendre la plainte caractéristique, c’est un gémissement qui sortit des lèvres pulpeuses de la jeune femme. Son sang était sucré avec une saveur de fer prononcée, un sang jeune et plein de vie qui venait réanimer mon corps froid.

Je terminai donc de lui aspirer ce qu’il lui restait de vie. Je la déposai au sol puis partis sans demander mon reste. Il y a vraiment des fous partout, on n’est pas qu’envahit par une panoplie de reliques bouseuses du passé mais aussi par des frappadingues du cerveau. Fin bref, ma tournée se termina bien et comme d’hab, après une bonne distribution je me posai au petit bar du coin. Ambiance sympa puis c’est par là que viennent une partie de mes clients les plus demandeurs. Je prenais toujours plus de marchandises qu’il était prévu que je distribue, une transaction de dernières minutes ne se refuse pas. Les affaires tournent vraiment bien en ce moment, aucuns soucis, les éventuelles menaces éliminées. Jamais mon marché n’a été plus tranquille et prospère. Ça mérite bien une petite bouteille. Je m’assis à ma place habituelle, la banquette la mieux entretenu de ce taudis et pour cause, depuis que je fréquentais le coin personne d’autre n’avait osé prendre ma place. La vodka me rejoignit sur la table et sans plus attendre j’avalais goulûment une bonne quantité du fort liquide transparent. Je voulais profiter de cette nuit qui s’annonçait bonne. Je sentis les regards pesant de deux jeunes filles qui chuchotaient dans le fond de la salle, je les fixais en retour et entendis un gloussement. Ma soif de sang était éteinte mais mon désir n’avait pu être comblé, la nuit allait vraiment bien se passer.

C’est alors qu’une odeur à la fois habituelle et désagréable tâta mes narines. Celle d’une mort assurée et d’un profit prolifique, celle de souffrances infinies et d’argent qui coule à flot. Oui c’était ça, de l’argent. Les humains et nous plus particulièrement les vampires connaissons parfaitement l’odeur âcre du fer contenu dans le sang. Et qui de son vivant n’avait pas senti une pièce de monnaie ou un quelconque autre atour en métal pour en inspirer l’odeur. Car oui les métaux ont bien une odeur et après plus de 200 ans à trafiquer, il était pour moi plus qu’aisé de reconnaître chacune d’entre elles. Mais celle de l’argent avait toujours cet effet étrange, une excitation et une peur primale qui vous coupe là, juste au niveau de la gorge. Je tournai la tête et croisai le regard de ce jeune humain blond souriant et j’étrécis les yeux. Il ne traînait par ici que des travailleurs acharnés et des vampires de rangs inférieurs, je les reconnaissais tous à force de croiser leur mine déconfite et las. Tous, je les méprisais tous, sous-race de l’humanité et déchéance des Seigneurs de la Nuit. Je me sentais comme un roi au milieu de paysans, mais un cavalier errant venait gâcher le tableau que j’avais mis tant de temps à apprécier. Un genre d’émissaire. De la mort ? Allons bon ! Je suis invincible.

Je me faisais définitivement trop de soucis. Je ramenai ma tête en arrière afin de déguster les dernières gouttes de l’alcool fort qui termina de me brûler la gorge. J’allai me lever lorsqu’on m’interpella discrètement de derrière moi. Je me retournai, les crocs à l’air et telle ne fût pas ma surprise de voir le jeune blond accoudé à la banquette … David Lacrosse, cet être lobotomisé et pourris jusqu’à la moelle avait décidément la langue trop bien pendue … Conseillé de venir s’adresser à moi ? Qu’est-ce que ce gamin pouvait bien avoir derrière la tête …


- Et en quoi t’as-t-il conseillé de me voir ? Et comment savais-tu que je serais ici ce soir ? Comment sais-tu qui je suis ? Humain.

Un grondement s’échappait presque imperceptiblement de ma gorge tandis que je me rasseyais lentement, fixant mon interlocuteur. Que pouvait-il bien cacher …
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Baxter Finnes
MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Jeu 18 Sep - 18:01
   


J'avais du déranger un peu ses plans, je le sentais bien à sa réaction. Et cela me fit bêtement plaisir. J'aimais déranger. Que ce soit les humains ou les vampires. J'aimais déranger surtout lorsque je savais que le dérangement resterait impuni et qu'ils devraient l'accepter. Il allait bien évidemment l'accepter puisque j'allais lui proposer une affaire juteuse. Je savais reconnaître chez mes congénères comme chez les immortels ce trait qui les unissait le plus souvent: l'appât du gain. Quel moteur fantastique qui avait animé les plus grand élans de l'Humanité depuis l'aube des temps. Finalement ce vampire à l'allure fringante était d'une banalité à pleurer dans ce qui animait son désir. Mais ce n'était pas mon problème, il allait m'être utile dans mes projets. Cela seul m'importait. Je décidai néanmoins de faire montre de prudence afin de ne pas perdre de temps et affichai une mine humble et sans arrogance. Il en avait déjà pour deux. Je continuai la conversation engagée en murmurant, toujours lui tournant le dos mais montrant un profil de trois quart pour qu'il puisse m'entendre.

- J'ai l'occasion de croiser Lacrosse de temps en temps et de fil en aiguille nous avons échangé quelques mots sur nos... addictions. Enfin, surtout lui. Il parle beaucoup, je ne vous apprends rien. Il m'a dit que vous étiez l'homme de la situation, terriblement doué pour procurer à qui peut payer à peu près tout ce qui est introuvable ou illicite. Il se trouve que j'ai de quoi payer.

Je sortis un petit mouchoir en papier de ma poche pour essuyer sur les lèvres les relents de la bière que je venais de vider. Un geste soigneux que je tenais de maman. Il faut toujours être impeccable lorsqu'on s'adresse aux gens. La tenue génère le respect et rassure l'interlocuteur. Tu parles ! Ca permet surtout de dissimuler derrière une apparence de respectabilité le grand bazar de l'horreur qu'est ma cervelle en ébullition. Qui soupçonnerait ce type avec un profil de parfait gendre d'être le plus grand tueur en série de cette nouvelle ère. Un révolutionnaire du meurtre à la chaîne qui vise sans distinction de race ou de nature. Si on y réfléchit bien, je suis un modèle d'égalitarisme et de tolérance. Avec moi, pas de discrimination! Tout le monde a droit à sa mort entre mes mains habiles.

- Dites-moi si je me trompe, mais on m'a laissé entendre que vous procurer de l'argent en quantité estimable n'était pas un souci pour vous...

Je laissai planer un silence voulu afin de faire mon effet. Ma requête en avait surpris plus d'un. A me voir, on s'attendait plus à recevoir une commande de crack ou d’amphétamines qu'une demande de ce métal précieux prohibé. Je faisais propre sur moi, soigné, performant, réfléchi?, tout du jeune humain arriviste et appliqué à bien faire pour être dans les bonnes grâces des Immortels. Le mec qui, penserait-on de prime abord, a juste besoin de se détendre ou de se booster pour être encore plus performant et tenir la distance face aux exigences du patron. Apparence trompeuse, je n'étais en rien sous pression et stressé. Au contraire, j'affichais un flegme presque britannique, même si, mais cela, mes fournisseurs le découvraient au fil de la conversation, j'étais très acéré dans l'argumentation et dans le mode opératoire. Par sécurité, je ne me laissais jamais fixer de rendez-vous mais m'arrangeais toujours pour trouver le dealer moi-même sur son marché et au moment qui m'arrangeait.

- Connaître vos points de vente et vos habitudes n'a rien de compliqué. Il suffit de suivre et d'observer la personne lorsqu'on a un point de départ. David m'avait fourni ce point de départ en me disant où il vous rencontre de temps à autres. Vous savez aussi bien que moi que tout s'achète dans ce monde, y compris les renseignements. Il suffit de donner la bonne somme à la bonne personne. Rien de plus simple que de questionner les personnes qui vous croisent sur vos lieux de prédilection en leur agitant une poignée de fric sous le nez. Je suis très patient et je peux passer un mois à sentir une piste. Vous savez trouver les marchandises, je sais trouver les personnes. Je vous ai trouvé... et je pense que nous pourrons faire de bonnes affaires.. très bonnes même. Combien de grammes d'argent avez-vous sur vous actuellement ? Combien pouvez-vous m'en obtenir pour le mois ?

Je sortis l'enveloppe dont le papier kraft marron était gonflé de billets  et la déposai sur ma table en la tapotant légèrement.

- J'ai de gros besoins mais peut-être pourrions-nous nous fixer pour une première transaction teste à 250 grammes. Après tout, je vous prends de court. Je sais me montrer patient, je vous l'ai dit. Aussi pour une plus grosse quantité, je vous laisse la semaine pour prendre contact avec vos intermédiaires.

Un quart de lingot. C'était déjà une très grosse quantité pour la plupart des trafiquants. Le lingot n'était plus un conditionnement très répandu surtout en matière d'argent. Tous les métaux se faisaient rares et souvent ils étaient à présent coulés en petites barres de 250 que les trafiquants eux-même scindaient en dés. L'argent avait cela d'appréciable, outre de flinguer du vampire, d'être un métal très mou facile à trancher avec l'équipement adéquat. Les  dés d'argent restaient la forme la plus couramment "commercialisée". Les revendeurs leur avaient même donné un surnom ironique en référence à leur capacité à tuer du dents longues.

- Vous devez bien avoir quelques backdemon qui trainent dans vos poches ? Enveloppés dans du papier d'alu, je suppose ?    
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MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Ven 19 Sep - 9:29
David était bien à l’origine de la venue de ce perturbateur, j’en pris note dans mon esprit. Je lui rendrais une petite visite surprise sur mon chemin du retour. Rien de bien important. Le discours du blondinet était à l’image de sa tenue, tranquille et calme, mais dans sa manière d’agir et de parler il y avait quelque chose qui clochait et je le laissais continuer en attendant patiemment, preuve de l’intérêt que je pouvais donner à cette conversation que je n’aurais pas hésité à terminer d’une morsure propre si elle avait été moins attrayante. Depuis toujours, dès mes premiers pas dans ce monde où seul les plus forts survivent, j’avais dus faire ma place en jouant des coudes, distribuant des paires de coups de poings bien placées pour mettre à mal ceux qui se dressaient sur ma route. Mais le temps m’a appris que la poigne psychologique avait un pouvoir incommensurable et que la domination physique ne valait pas la domination spirituelle. Durant toutes ces années passées dans l’ombre de ma tanière, caché de tous les regards extérieurs, je m’étais forgé un sens inouï du fonctionnement des hommes. Le bluff, l’intimidation, la tromperie et autres jeux psychologiques étaient communs à mon usage … Et ceux de mes interlocuteurs. Depuis près de deux siècles je baignais dans un milieu de perfidie et de coups bas où chaque pion est bon à prendre et toutes pièces posées à risque étaient sanctionnées. Derrière son attitude de jeune homme propre sur lui, il cachait quelque chose. Je n’aurais probablement rien remarqué si son assurance n’était pas aussi grande, trop pour être feinte, si la portée de ses paroles n’étaient pas si élevée, trop pour être le fruit d’un quelconque courage. Je ne l’aurais pas remarqué si ses agissements n’étaient exempts de toutes peurs. Comme on pouvait dire dans les éclats de ma jeunesse, il a des couilles. C’était bien la première fois qu’une requête de ce style m’était formulée mais je ne laissais transparaître aucune surprise.

- Vous devez bien avoir quelques backdemon qui traînent dans vos poches ? Enveloppés dans du papier d'alu, je suppose ?

Ma poche se fit instantanément plus lourde tandis que mes sens accrus devinaient au travers de ma couche de vêtements les petits cubes d’argent effectivement enveloppés dans de l’aluminium, un métal totalement malléable et inoffensif au contact, léger et résistant, parfait pour transporter l’argent dangereux. Il s’y connaissait bien. Trop bien. Par le passé j’avais commercé des blackdemons en faible quantité avec quelques personnes assez folle pour essayer de s’en procurer mais la dernière demande remontait déjà à une paire d’année. J’avais toujours été d’une précision saignante pour extirper le pourquoi de cet achat. Les langues avaient toujours fini par se délier. Cette fois n’allait pas déroger à la règle. Pour n’importe quelle autre denrée j’aurais accepté le deal sans me soucier des conséquences, mais je ne savais que trop bien l’effet de l’argent sur mes congénères. Ce mot sonnait définitivement mal à mon esprit, mais c’était bien ce qu’ils étaient.

Je me remémorais avec attention ce qu’il avait dit, son assurance était définitivement louche, cet air de « j’ai tout ce que je veux ». Dans ce bas monde les gens ont pour habitude de se cacher derrière des masques et derrière chacun des traits angéliques on peut trouver le pire des démons. Était-il de cette espèce ? Il avait les manières d’un ange mais son sourire constant et en coin, sa nonchalance détachée alors que l’épée de Damoclès lui pendait au-dessus de la tête démontrait bien qu’il y avait un problème. A moins que lui aussi soit un vampire, immensément puissant, capable de cacher son aura ? Non impossible en quoi les blackdemons l’intéresserait et il n’avait pas ce truc en plus qu’ont les membres de ma race, c’était bien un humain. Cette demande en argent me laissait perplexe. Jamais on ne m’avait fait pareille commande pour des produits peu chers et faciles à trouver. Cela avait attisé ma curiosité mais une curiosité réservée, comme celle d’un enfant captivé par les clochettes d’un serpent à sonnette mais sachant qu’une morsure lui serait fatal. Une curiosité révérencieuse mais protectrice derrière laquelle affluait colère et haine prête à se déverser en un flux continue. Une curiosité maligne mais avide, comme celle d’un sage lisant un livre remplie d’un pouvoir ancestral pervers qui lui donnerait la puissance autant que la corruption de l’esprit.

Je reformulais les idées dans ma tête en fronçant les sourcils. Il était intelligent, c’était une évidence, et cette joute n’en était qu’à son commencement. Chaque pièce devait être placée avec minutie, chaque phrase mûrement réfléchie. J’adoptais donc une moue coléreuse et outrée par cette demande si singulière. Les filles attendront.


- Tu ferais mieux de changer d’attitude si tu veux commercer avec moi. Mes revenus sont suffisants pour que je puisse me passer de l’accord que tu me proposes. Contrairement à ce que tu crois, j’ai les cartes en main. Tu sembles oublier à qui tu parles, humain.

Je m’arrêtais volontairement en accentuant sur ce mot pour en sortir tout le sens et les conséquences que cela implique. Tout comme il avait fait avec le mot « argent » cela ne m’avait pas échappé. Et c’était une bonne ruse, la plupart des autres vampires auraient sûrement pris peur et la déstabilisation de leur esprit permettait à ce blondinet de prendre un avantage psychologique sur son interlocuteur. Ingénieux. Mais pas sur moi. Je redressai légèrement la tête afin d’avoir un point de vue dominant sur lui et exposant toute la gloire de mon être face à son insignifiance. L’appât du gain m’affectais plus que je le montrais mais il était de mise que je ne l’expose pas. Je pouvais me passer de cet argent et cela faisait depuis bien longtemps que vivre sur des lingots d’or n’hantait plus mes rêves, mais la somme proposée me permettrait d’agrandir la portée de mon entreprise et de revenir sur le devant de la scène. Peser pour mieux déranger.

- Et si tes termes ne changent pas ainsi que ton attitude, tu pourrais bien voir le noir absolu. De plus tu es le demandeur et moi le vendeur. Ce marché s’il a lieu d’être n’ira que dans mon sens.

Je sortis un blackdemon de ma poche et le fit tourner entre mon index et mon pouce.

- Je suis le maître ici, tu n’es qu’un grain de sable sur un désert, une particule dans l’univers. Rien de moins qu’un divertissement d’un soir qui me lasse déjà. Alors cherche bien les prochains mots que tu vas dire.

Je terminai ma phrase en reprenant le cube d’argent dans ma main en le serrant, l’effet de l’image concordant avec les paroles avait toujours une portée plus grande et j’aimais jouer de cette manière. Car oui l’argumentation est un jeu et je ne pus m’empêcher de sourire, certain d’avoir pris un avantage. Mais je ne pourrai tenir le rythme bien longtemps, mon cerveau n'était plus habitué à une surdemande de réflexion et la colère poussait sous ma chair comme si je couvais un être qui ne demandait qu'à sortir dans un rugissement bestial.
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Baxter Finnes
MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Ven 19 Sep - 19:46



Toujours de trois quart, j'écoutais attentivement les mots qui sortaient de sa bouche en réponse à ma proposition. Si j'avais l'habitude de composer avec les morts et de leur donner une expression lors de leur accession à la dernière demeure, je n'en étais pas moins familiarisé avec les réactions et l'attitude des vivants et des "non morts", autre joyeux sobriquet dont on affublait les vampires. A son changement de posture, je perçus immédiatement que j'irritais celui-là au moins autant que le dé d'argent qui jouait entre ses doigts aurait pu le faire en cas de contact direct. Je l'avais déstabilisé sans doute un quart de seconde par mon aplomb mâtiné de politesse, mais un quart de seconde seulement, et il me rappela bien vite quel statut ma condition me donnait dans l'ordre du monde. J'en conçus un sentiment mêlé de colère de n'être estimé que comme un être inférieur, et de honte, d'appartenir à cette espèce de moutons qui se laissait saigner sans réagir et méritait bien, selon moi, le regard que ce vampire portait sur eux. Oui j'éprouvais une rage violente de devoir composer et mettre des gants avec ce type mais non, je ne pouvais pas dire qu'il exagérait dans ses propos et préjugeait de sa toute puissance face à l'espèce dont je faisais partie. Je n'étais pas loin de partager nombre de ses opinions au sujet de mes semblables et bientôt la fureur qui couvait en moi se mua en excitation. J'avais en face de moi, enfin plutôt dans mon dos, un être en mesure de me tenir tête, et cela ne m'était pas arrivé depuis fort longtemps. Retenant un mouvement de recul que tout mortel n'aurait pas manqué d'avoir face à ses menaces très explicites, j'inclinais doucement la tête, sans cesser de sourire puis je plissai le front comme sous l'effet d'une intense réflexion.

- Hmmm, je comprends parfaitement votre réaction. Je l'avais prévue, même. J'en avais d'ailleurs fait part à mon employeur. Vous vous doutez bien, j'en suis certain, que je ne suis moi-même qu'un intermédiaire. Ceci explique que j'ai les moyens de payer sans guère de limites. Je travaille pour l'un de vos semblables. Bien sûr, celui-ci se doutait qu'il rencontrerait quelques réticences mais il est déterminé à mener son projet à terme. Il m'a mandaté pour assurer l'approvisionnement de ce projet. Je comprends parfaitement que vous vous montriez méfiant. Nous savons tous deux à quoi est utilisé l'argent par la majorité des humains qui s'en procurent mais mon parton a préféré charger un humain de cette tâche pour limiter les accidents. Vous savez comme sont parfois vos semblables... avoir en sa possession un tel métal peut donner la tentation de donner libre cours à quelques vengeances fratricides incontrôlées. Avec moi, il ne risque rien. J'aime autant les vampires que les miens dit-je dans un demi sourire en formulant pour la première fois de la soirée une vérité pure. Et il tient les miens sous sa coupe, qui plus est. Jamais je ne ferai un usage personnel de la livraison.

Refermant ma main sur l'enveloppe qu'elle tapotait naguère, je l'escamotais sous mon manteau. Il n'y avait rien de pire pour un dealer que de voir miroiter une somme alléchante et d'envisager sa disparition au profit d'un concurrent et ce sous son nez.

- Je pensais me faciliter la tâche, car j'aime l'efficacité, et mon employeur gagner un temps précieux, car il aime la rapidité, en faisant appel à vos services. Toutefois, comme vous le soulignez, vous avez votre réputation qui n'est plus à faire, et n'avez guère besoin d'un gros client avec le nombre de vos acheteurs actuels. Nous nous contenterons donc, mon mandataire et moi, de la multiplicité des petits revendeurs que sont vos concurrents amateurs.

Je fis signe au serveur et commandai une autre bière qui me fut apportée très rapidement.

- Permettez-moi de vous offrir la consommation de votre choix pour m'excuser du dérangement occasionné. Je suis un peu déçu pour vous quand même, hormis le fric, dont vous n'avez pas besoin, je l'ai bien compris. Mon patron était prêt à garantir à ses fournisseurs des facilités concernant leur commerce et ce sans restriction. Une sorte de patente universelle et sans limite de frontière... Je pense que vous le méritiez plus qu'aucun des hommes d'affaires que j'ai pu croiser. Mais je dois conclure cette affaire ce soir, sinon mon employeur m'éliminera et enverra une autre petite main accomplir le travail que je n'ai pas honoré. Son pouvoir n'est pas discutable car il est lié à votre caste. Je ne suis qu'un exécutant et un vampire qui veut autant d'argent trouvera sans peine quelqu'un d'autre que moi pour négocier avec d'autres que vous, si je manque à mon affaire.

Je portai ce second verre à mes lèvres tandis que le serveur attendait pour prendre sa commande. Ce n'était pas de la bière mais du petit lait que je buvais. Non parce que j'étais certain de son revirement et du fait qu'il tiendrait à faire affaire avec moi, mais justement parce que je n'étais pas certain que mes arguments fassent mouche sur lui. Et c'était bien plus excitant que de baiser la plus belle des filles. Il pouvait m'arracher le cou en une fraction de seconde et se casser sans demander son reste ni siroter la consommation de son choix que je lui offrais, ou bien piqué encore plus par la curiosité que je sentais palpiter dans ses yeux, prendre le temps de savourer un verre qui lui plaisait, tout en réfléchissant à ce que mes propos impliquaient pour lui et, accessoirement, pour moi. Je repris en chuchotant, de façon à échapper à l’oreille indiscrète du barman et sachant que Tracy Fenger m'entendrait parfaitement.

- J'ai bien plus à perdre que vous dans l'histoire et j'en suis cruellement conscient, mais je ne sais pas trop si vous apprécierez de voir le marché vous échapper au profit de vos concurrents à la petite semaine, et qui plus est, de les voir se pavaner avec des sauf conduits au nez et à la barbe des douaniers du gouvernement.

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MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Dim 21 Sep - 10:43
Un intermédiaire humain au service d’un vampire ayant les moyens donc ? Il est vrai qu’un vampire âgé ne se risquerait pas à transporter de l’argent de peur de mourir après avoir pendant tant de temps nargué la Mort. Mourir ainsi serait véritablement ridicule pour les anciens guerriers des temps passés. Mais qu’est-ce qu’un vampire si puissant ferait d’autant d’argent ? De lui-même il devrait avoir assez d’influence non … Une tentative de génocide à partir de la capitale ? Un coup d’état en force ? Un renversement du pouvoir actuel ? Impossible … Les vampires, s’ils sont sortis de leur animosité et se sont regroupés, c’est grâce cette aristocratie qui tient un minimum la route. Aucun d’entre eux ne voudrait que cela s’effondre à moins de retourner dans le chaos. Sauf les chasses indépendantes. Et aucune d’entre elle ne veut plus la fin de ce règne que la chasse de Brancia. Celle-là même qui siège en ce moment à Paris. J’ai entendu parler des meurtres inexplicable qui se multiplient et dont la cause est inconnue bien que les descriptions faites des victimes me portent vers la substance proscrite et l’arrivée de la Chasse au même instant ne peut être le fruit d’une coïncidence. Les coïncidences n’existent pas … A moins qu’une grande intelligence soit à l’œuvre pour faire en sorte de monter les uns contre les autres. Les forces du temps et de la solitude m’ont appris à ne faire confiance en personne. Et bien qu’une aura de calme apaisante se distillait du blondinet mon instinct continuait de me murmurer de me méfier.

- Reprend tes esprits voyons, tu divagues ! Détruis cet avorton, il te fait perdre un temps précieux !

Je secouai la tête pour faire taire la voix de la colère qui poussait en moi. Et voilà qu’il rangea cette alléchante somme d’argent. Je me forçais à me concentrer et bien que mes yeux commençaient à se gonfler de haine je gardais un contrôle précaire sur moi-même, ne laissant transparaître qu’une gêne à la respiration comme si un souffle plus puissant et profond aurait dû sortir de ma bouche entre-ouverte laissant apparaître ma paire de canine luisante.

- Si tu n’es qu’un intermédiaire, je veux que tu me mènes à ton employeur. Je comprends qu’il puisse être occupé et qu’il n’ait pas le temps de s’occuper de tout cela. Mais je ne laisserai pareille marchandise transiter sans savoir où elle va. Véritablement. Et même si cela dérange ton maître, personne d’autre que moi sur Paris ne possède un stock d’argent aussi important que le mien. Et sans cela, la demande que vous me faîtes sitôt acheter correspondrait à une rupture de stock chez ceux que vous appelez « mes concurrents ».

Je n’avais aucune idée de la portée de mon bluff. Bien sûr que s’il allait demander à tous les petits revendeurs de Paris il allait avoir tout l’argent qu’il souhaitait bien que cela implique un risque important pour son jeune intermédiaire. Mais bon si c’était vraiment un vampire puissant il n’en aurait que faire. Somme toute logique et mon bluff tomberai à l’eau mais je ne pouvais me permettre à la fois de laisser partir une si ronde somme d’argent ainsi que les profits de protections et de permis de passage donné par le contrat … Dont je n’avais pas vu le bout du nez. Et en même temps acheter sans réfléchir. Il y avait trop de choses qui découlaient de tout ça et mon cerveau s’emballait fermement. Un grognement s’échappa alors que la contrariété commençait à sévèrement m’atteindre. Je n’allais pas me laisser berner alors que je faisais signe au barman d’apporter une autre bouteille. Si j’avais eu le choix j’aurais préféré le voir de face, lire dans son jeu plus aisément, qu’il puisse sentir avec plus de force l’aura que j’expulse et que mon intimidation se sente avec vigueur jusqu’au plus profond de son être. Mais il avait parfaitement choisi sa position, ses mots, ses manières. Il avait tout du parfait intermédiaire … Ou du parfait escroc. Les idées s’entremêlaient à une trop grande vitesse dans ma boîte crânienne et je lâchais avec nonchalance :

- Et tu ne m’as pas dit comment tu t’appelles. Je n’aime pas marchander avec des visages sans nom. Il est bien trop facile ensuite de disparaître sans laisser de trace. Dis-moi comment tu t’appelles et comment se nomme ton employeur. Quoi que nous pouvons peut-être parler de tout cela en se rendant à la demeure de ton employeur, qu’en penses-tu ?

Il ne me voyait pas mais je souriais à grandes dents alors que je sirotais le précieux liquide qui raviva ma gorge. J’allais faire d’une pièce deux coups, voir si c’était un menteur, connaître l’identité d’un puissant vampire qui joue avec l’argent et en informer à Osbern que j’avais pu croiser dans la salle quand ses occupations de dirigeant ne l’occupaient pas trop, bien que l’idée me déplut de prime abord de donner un renseignement à un vampire dont je n’avais que faire et à qui je tenais tête en me déplaçant dans sa ville sans faire partie de son institution, cela me permettrait d’étendre mon emprise sur la cité. Tout en gagnant une masse de thune impressionnante. L’idée était somme toute bonne.

Mais les cartes que j’avais mises tant de temps à accumuler au fil de la conversation tombèrent à plat lorsque les sirènes de police tintèrent dans la rue. Je crachais par terre. Va falloir jouer serré. Comment je sus qu'ils venaient pour moi ? Sûrement l'instinct mais avant tout le fait que j'étais le dealer le plus important de la capitale et que j'étais recherché. Et il est vrai que mon itinéraire de déplacement était toujours le même et avait du être suivi avec le temps. Une erreur que je ne referais pas. Je ne pensais pas que la bande de jeunes vampires que j’avais tancé la semaine dernière avait porté plainte contre moi, sûrement la plainte de trop après les nombreux écarts que j’avais commis et les nombreuses fois où je m’étais envolé au nez des flics. Ça c’était passé dans ce même bar où je me trouve. C’était des jeunes se laissant aller aux plaisirs des drogues et de leurs effets. J’étais leur fournisseur et quand ils m’ont demandé un rabais pour leur fidélité je leur ai clairement fait comprendre qu’il n’y en aurait pas. Mais cela faisait un moment que je commerçais avec eux, jeunes bourges protégés par le Cercle et ils connaissaient mes habitudes, finalement ma relation avec le Cercle allait en se dégradant, bientôt ma situation sur Paris pourrait devenir précaire et cela n’était pas bon pour mes affaires. Fais chier j’ai été négligeant. Un grognement de léopard s’échappa de ma bouche alors que la voiture s’arrêta devant le bar. J’attrapais le blondinet par le col et le retourna vers moi.

- Ecoute-moi bien, je vais te donner ses blacks demons en échange de ton argent. Si jamais j’apprends que le nom que tu m’as donné est un faux nom et que ce que tu viens de me déblatérer est un tissu de mensonge je te retrouverai et te tuerai. J’espère m’être bien fait comprendre blondinet.

Cela faisait longtemps que je n’avais lancé pareil regard, un mélange d’excitation et d’une colère profonde, j’haletais alors que des frissons parcouraient mon corps. J’utilisai les dernières ressources de ma lucidité en sortant un vieil appareil photo de ma poche et avec la vitesse caractéristique de ma race je pris en photo mon interlocuteur.

- Je te retrouverai. Pris pour que je n’apprenne jamais rien si tu m’as berné.
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Baxter Finnes
MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Dim 21 Sep - 11:35



L'affaire se corsait salement et ce Tracy Fenger se révélait un dur à cuire pas facile à manœuvrer. Je l'écoutai patiemment énumérer ses exigences tout en réfléchissant à la façon dont j'allais me sortir de ce guêpier. Comme toujours, cette tension m'excitait au plus haut point et aiguisait mon cerveau qui turbinait à plein régime. Il voulait mon nom et celui de mon commanditaire mais je n'allais pas lui donner ma véritable identité, malgré les menaces qu'il proférait si jamais je m'avisais de lui mentir. J'étais encore en train d'analyser et de peser chaque risque : celui de mentir ou de donner mon vrai nom, lorsque les sirènes de la police se firent entendre au loin puis s'approchèrent à grande vitesse pour finalement vriller les tympans de tous les clients du bar. Deux voitures venaient de se garer en talon devant l'établissement tandis que d'autres sirènes retentissaient dans une ruelle donnant sur l'arrière cour. Et merde ! Et si c'était pour moi ? Je m'efforçai de garder mon calme et au ton, puis aux paroles de mon interlocuteur, je compris que je n'étais pas le seul sur la sellette. Logique, et même probable: les flics venaient pour lui. Après tout, c'était un trafiquant notoire et si j'avais pu le pister, les flics aussi, même s'ils étaient loin d'être aussi malins que moi. J'étais quant à moi un honnête croque mort venu se détendre un peu pour oublier son métier un peu triste, pas de quoi mobiliser tout un escadron de flics. Malgré la pagaille qui s’annonçait, la chance semblait me sourire et je ressortis l'enveloppe de ma poche pour la tendre discrètement sous le banc.

- Je crois que l'endroit n'est plus très sain pour vous et par conséquent je préfère ne pas m'attarder. Je suis Edgard Duplantier et je travaille pour un très ancien vampire, Constantin Basarab , un type venu des Carpates je crois. Franchement, je n'ai jamais rencontré ce type, j'ai toujours eu à faire a des intermédiaires. On me fait passer la commande avec le fric par boite postale et je remets la marchandise par la même voie. Je serais bien incapable de vous dire où il crèche et de vous y conduire.

L'idée m'était venue en voyant une affiche de concert au fond de la salle, dans un renfoncement que Fenger ne pouvait pas voir. Elle annonçait un concert du groupe Zagiel et de son phénoménal chanteur Stan. J'avais lu dans une revue people décadente alors que j'attendais chez mon coiffeur- oui je suis un garçon qui entretient son image - que le type était en vérité un très ancien vampire venu de Roumanie, issu de la noblesse et dont le passé obscur, la vie sulfureuse et décadente fascinaient les foules et dérangeaient le pouvoir en place. J'avais immédiatement ressenti une aversion pour le personnage qui représentait à mes yeux toutes les perversions que j'exécrais chez les longues dents et m'étais promis qu'il figurerait bientôt au nombre de mes victimes. Je ne pensais pas l'avoir de cette façon mais après tout, il fallait savoir saisir toute occasion. Nécessité fait Loi, et si j'aurais préféré le voir se consumer en goûtant un de mes hors d’œuvre à l'argent, je me contenterais de l'imaginer en train de se faire planter par Fenger et saigner comme un porc. A moins que ce ne soit le contraire. Le temps qu'il le retrouve, j'aurais eu le temps de conclure plusieurs petites affaires avec le vampire bodybuildé.

- Allons, Monsieur Fenger! Prenez votre décision et concluons cette première affaire avant qu'ils bouclent le quartier complètement. Nous y avons tous deux intérêt.


Tout ce qui m'intéressait désormais était d'avoir enfin en main ces petits dés d'argent et de rentrer chez moi pour préparer mes prochains petits couples. Savoir comment j'allais sortir de ce bar et me protéger de la vengeance de Fenger lorsqu'il apprendrait ma traitrise me paraissait encore comme des obstacles que je franchirais le moment venu. Rien ne pouvait m'arrêter. Et même si cela devait arriver, mon action se poursuivrait. J'avais lu dans la presse étrangère -hé oui, ça aide d'être néo zélandais- que des copycats du tueur en série de Paris commençaient à éclore partout dans le monde. Toujours chez mon coiffeur, on en apprenait des choses intéressantes chez ce brave garçon branché, les tabloïds titraient " la police perplexe face la recrudescence de meurtres d'humains et de vampires étranges et mis en scène conjointement" comme ils m'appelaient. On pouvait aussi lire sur la page: "Londres, Rome et Buenos Aires frappés par une vague similaire de doubles meurtres inexpliqués". Comme je n'avais pas le don de me déplacer avec la rapidité d'un vampire et n'étais pas non plus schizo, c'était donc bien que j'avais fait des émules. Mais même si je devais disparaître, j'aurais la joie de savoir que j'avais été le premier, l'inspirateur...


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MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Mer 24 Sep - 19:11
Ils avaient décidément bien choisi leur moment. Les poulets arrivaient en nombre cette fois et bien que la possibilité de m'échapper me tendait encore les bras cela n'aurait mené qu'à une course poursuite sans fin sur les toits de Paris. Une petite promenade m'aurait fait le plus grand bien mais la pochette remplie de billets me faisait les yeux doux sous le banc. Soit l'argent, soit la fuite. La réflexion fût courte et alors que je lui tendis les blacks demons non sans un grognement, le blondinet me donna son nom, un soit disant Edgard Duplantier, sous les services de Constantin Basarab. Ce nom ne m'était pas inconnu, et la tête du fameux vampire de Moldavie me revint alors que je faisais jouer ma mémoire. Au-delà du fait de gagner une somme non négligeable d'argent, être dealer permettait entre autre d'être très au courant des événements et de la vie extérieure. Les clients avaient la fâcheuse tendance à avoir la langue un peu trop pendue. Bien qu'il se faisait plus souvent appeler par son pseudonyme de scène, Constantin Basarab faisait beaucoup parler de lui, peut-être malgré lui, je n'en savais trop rien à vrai dire, il était un vampire vénérable qui vivait sa vie et jamais son existence ne m'avait importer jusqu'à ce qu'on soit lié par l'intermédiaire de cet Edgard. Sa vie, j'en connaissais certains aspects lorsque je rendais une petite visite à certains éminents drogués du Cercle qui par mégarde laissaient échapper quelques mots de trop sur le vampire qui, je cite " ose se pavaner à Paris, juste sous les yeux du Seigneur Osbern sans pour autant être membre du Cercle et qui en décline toute l'autorité ". Cela me faisait rire, étant moi-même dans la même situation mais c'était ainsi que je m'étais fait une véritable mine d'or de toutes les informations que j'avais pu récupérer et que je me gardais bien de partager.

- Le deal est fait, blondinet. J'espère que tu te souviens bien de ce que j'ai dis car je n'aurais aucun relâche. Maintenant dégage avant que les flics trouvent cet argent.

La pochette glissa dans ma main alors que les blacks demons filèrent dans l'ample manteau de mon tout nouveau client. Il me restait un arrière goût sale dans la gorge et bien que j'avais pu récupérer quelques informations, j'avais la sensation d'avoir perdu au change. Ce blondinet je le surveillerais ... Une fois la police passée, mais j'avais récupéré assez d'indications sur lui et avec la photo je pourrais le retrouver plus ou moins aisément si le besoin s'en faisait sentir. Je rangeais sans plus attendre la somme d'argent et mon attention se détourna du garçon. Je me redressai et observai la scène pittoresque de la salle, tout les clients avaient déjà les mains en l'air tandis que le barman me pointais du doigts vivement en jubilant sur place, il frétillait tant son excitation était grande. J'avais fait régner la peur dans son établissement depuis que j'y terminais mes tournées parisiennes. Sans même avoir besoin de taper du poing sur la table, le barman bedonnant s'était soumis à mon bon plaisir et par peur de représailles n'avait jamais rien dis. Aujourd'hui sa douce revanche était enfin arrivée. Je lui retournai un regard de braise qui le fit disparaître derrière son établis. Les sirènes se turent finalement et furent aussitôt accompagnées de claquements de portes. Si cette nuit n'allait pas être celle de mes plus belles transactions elle pourrait devenir celle de ma plus grande collecte d'informations. Bien sûr que les flics allaient me bassiner de leurs questions stupides et redondantes mais j'allais pouvoir moi aussi tirer des renseignements en jouant pleinement mes cartes et qui sait, avec un peu de chance, sur le blondinet.

Je me tenais donc bien droit en buvant à grands coups le reste de ma bouteille, dominant la pièce par ma taille et ma présence. Cette situation me plaisait et bien que j'allais très certainement finir derrière des petits barreaux de fer, je laissais le destin me rejoindre, j'attendais avec une patience qui m'étais jusqu'alors inconnue, la colère balayée par ... le fatalisme ? Non, juste un sens aïgue des choses. J'avais assez fuit le destin pour qu'enfin il me rattrape aujourd'hui. Et il avait pris la forme d'une jeune femme avenante à l'air grave mais à la beauté certaine. Mes yeux verts vifs restèrent figées sur elle tandis que j'arborais un large sourire, toutes dents dehors.


- Intéressant
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Clémence Destrées
MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Jeu 25 Sep - 21:07



Le jour commençait à décliner et la journée n'était pas pour autant terminée. Plusieurs équipes de police avaient sillonnés la ville grise pour faire des descentes dans les bars et tous les recoins qui grouillaient de dealer susceptible de fournir en argent, la nouvelle cible n°1 de la Crim'.
Au moment de la découverte d'Amélie et l'obtention du portrait robot, quelques jours s'était écoulés que l'enquête n'avançait pas. Jusqu'à une nouvelle découverte de cadavre, accompagné de cendre. Puis une autre. Et encore une autre. Le MO était le même à chaque fois. Un humain mort d'une intoxication à l'argent, un vampire réduit en cendre pour avoir croqué sa proie au moment où l'argent se répandait dans le corps, et la voiture du tueur, prête à exploser. L'expérience de Jon avait servi d'exemple pour toutes les autres affaires, qui n'en faisaient finalement plus qu'une maintenant. Celle du tueur en série que Clémence aimait appeler « L'Entremetteur assassin». Car pour elle, il avait tout de l'entremetteur. Il faisait se rencontrer des couples. Mais pas pour qu'ils aient une belle et longue vie ensemble...
De son lit d’hôpital, Jon corrigeait toujours Clémence quand elle lui disait qu'elle bossait sur l'Entremetteur assassin. Il la reprenait en lui disait de l'appeler le « Fatal Souteneur ». Et à chaque fois, Clémence lui répliquait que cela faisait nom de rappeur.
Si jusqu'à maintenant, les parents gardait leurs filles confinées chez eux le soir, c'était pour éviter de les voir transformées en vampire ou en casse-croûte à vampire. Maintenant, si les jeunes filles étaient interdites de sorties, c'était pour ne pas finir entre les mains du tueur en série. Un tueur en série qui ne connaissait pas les frontières. Il sévissait partout. Le mois de mai était maintenant bien avancé et les duo de cadavres s'amoncelaient.

Cette journée avait été remplie dans des descentes qui ne menaient à rien. Cela avait mis la patience de Clémence à rude épreuve. Voir le soleil décliner, tandis que les descentes se poursuivaient, n'aidait pas Clémence à garder un tempérament modéré et cela accentuait même son habituel silence.

La patrouille, composée de plusieurs véhicule et d'une vingtaine de policier, ralentit soudainement et bloqua une petite rue. Les policiers quittèrent leur véhicule et commencèrent à toquer aux portes des petits commerces aux devantures usées par le temps et les conflits. Clémence resta un petit moment appuyée sur la portière de sa voiture. Son nouveau coéquipier temporaire, le Lieutenant Wogen, un vampire âgé d'une petite centaine d'année bien tassée, était toujours dans le véhicule. Il était au téléphone. Lorsqu'il eut terminé, il sortit de la voiture, la contourna et alla voir Clémence.


- Le Commissaire veut savoir où on en est.

- On en est au même niveau que les autres patrouilles. On est bredouille, marmonna Clémence. L'enquête n'avance pas et les cadavres s'empilent.

- Le Commissaire est à quelques pâtés de maison, il surveille le travail de la patrouille. Tu es le principal Lieutenant en charge de l'affaire. Attend-toi à ce qu'il finisse par nous.


- Fais chier, grommela Clémence en s'écartant de la voiture. Allons voir le coiffeur à côté du bar.

La majorité des policiers étaient dans les commerces, à faire leur travail. Dans la rue, il n'y en avait que  trois. Clémence et Wogen avaient pris en charge le salon de coiffure, pour questionner le coiffeur, son staff et son unique client.
Des trois policiers restés dehors, ils étaient chargés de surveiller la rue. L'un d'eux était à la radio de son véhicule, pour demander à un collègue de la Crim' de vérifier une identité qu'il avait relevé dans une boulangerie. Le deuxième attendait son collègue. Le troisième remarqua un client quitter le bar. Il l'interpella alors qu'il s'éloignait à grands pas du bar. Le client, plutôt pressé, dut présenter ses papiers d'identité au policer, qui lui imposa un contrôle. Une fois l'inspection terminé, le policier laissa l'homme partir. Le policier retourna alors à son poste, pour surveiller la rue et la sortie de toutes autres personnes.
Le policier occupé à la radio vit le client passer sur le trottoir faisant face à lui. Il le suivit du regard, sans vraiment prêter attention à lui. Il parlait à son collègue qui pianotait sur son ordinateur pour retrouver une identité. Mais à force de le regarder, il ne fit plus vraiment attention à ce que son collègue lui disait. Le policier lâcha sa radio, lorsque l'homme sur le trottoir s'engouffra dans une petite ruelle. Le policier sortit brusquement du véhicule et cria :


- C'est lui !

Le temps de le rattraper dans la ruelle, le temps que les autres policiers ne sortent des commerces, le client, qui n'était autre que l'homme recherché, avait disparu. La colère de Clémence sur le policier non physionomiste fut si grande que Wogen dut la saisir par le bras et l'éloigner du policier, qu'elle commençait à empoigner par le col de son uniforme.
Une partie des autres policiers observèrent la scène en silence. Ils n'étaient pas d'humeur à se moquer immédiatement de leur collègue. Ils se tenaient à carreau pour éviter d'être victime de la colère du Lieutenant Destrées. Car une Clémence en colère, autant en colère, c'était inédit pour eux. Une autre partie des policiers bouclèrent le bar. Personne n'entrait, personne ne sortait.


- Bon bon à rien ! Hurla Clémence pendant que Wogen la soulevait avec une facilité déconcertante pour aller la coincer entre lui et une voiture.

- Tout doux Destrées, sinon je t'assume et je fais part de ton comportement au Commissaire. Attend-toi à perdre ton enquête.


Penaud, le policier qui avait laissé le tueur s'échapper s'approcha doucement et suffisamment pour se faire entendre des deux Lieutenants. Mais assez loin pour rester hors d'atteinte de Clémence.

- Lieutenant, j'ai quand même son nom en tête... au type...

Wogen se tourna brusquement vers le policier et lâcha Clémence, qui en profita pour foncer sur le policier, qui s'empressa de dire « Baxter Finnes », avant que Clémence ne le reprenne par le col de son uniforme.

- T'es sûr ? Tu as intérêt d'être sûr, dit Clémence sur un ton menaçant.

- Je suis pas physionomiste Lieutenant, mais pour les noms, je suis toujours certain. Baxter Finnes. C'est le nom sur ses papiers.

Maintenant qu'elle avait un nom sur le visage, Clémence voulait savoir ce qu'il pouvait bien faire dans ce bar pas toujours très bien fréquenté. Accompagnée de Wogen, elle entra dans le bar. A peine entrée, elle brandit le portrait robot et s'exclama :


- Je ne vais pas passer par quatre chemin. J'embarque tout le monde et fouillerai dans la vie de chacun pour dégoter un petit truc croustillant si personne ne me dit immédiatement si cet homme était-il seul. S'il ne l'était pas, la personne qui l'accompagnait est-elle toujours ici ?

Aussitôt, le barman pointa un homme du doigt et jura que le blond n'était avec personne d'autre que lui, et n'avait parlé que lui.
Clémence et Wogen s'approchèrent du vampire, qui leur offrit un sourire denté. Les deux lieutenants se positionnèrent de part et d'autre du vampire. Wogen prit le portrait robot des mains de Clémence et le colla presque sous le nez du vampire.


- Parait que tu étais avec lui ? Dit Wogen en offrant le même sourire denté au vampire pointé du doigt par le barman.

Avec Wogen, c'était comme avec Jon. Clémence ne disait pas grand chose, elle observait, fouinait et écoutait. Tandis que Wogen demandait au vampire de décliner son identité, Clémence entreprit d'ailleurs de fouiller le vampire.
Elle souleva un pan de la veste de Fenger, qui l'arrêta aussitôt, avec la rapidité des vampires, en lui saisissant le poignet. Surprise mais pas effrayée, Clémence se laissa faire. Inutile d'insister, elle était bien accompagnée. Le lieutenant Wogen, émit une série de « Tttt » avec sa langue, tout en posant serrant d'une main l'épaule de Fenger et en lui conseillant de se laisser faire.
La main libérée, Clémence continua son mouvement et inspecta l'intérieur de la veste de Fenger. Elle émit un « ho » et fit signe à Wogen de regarder à l'intérieur.

- C'est un vampire à pochettes surprises. Je me demande ce qu'il y a dans tout ça... La plus grosse surtout, dit-elle en soulevant le bord de l'enveloppe et dévoilant les billets. On dirait que c'est Noël avant l'heure.

Petit à petit, les autres clients du bar furent invités à partir, après que leur identité ne soit relevée. Le vampire prit en sandwich entre Clémence et Wogen restait silencieux. Rapidement, il ne restait plus que Clémence, Wogen, deux policiers postés près de la sortie et le patron du bar, qui était interrogé par un autre policier.

- Mon collègue vous a demandé votre nom, rappela Clémence en réclamant d'un signe de main les papiers d'identité du vampire. Et moi j'aimerais bien savoir ce que vous traficotiez avec ce blond.

-  Te casse pas la tête, s'il ne parle pas, on l'embarque et on le met au frais dans une cellule pour la nuit, on le fera parler demain, dit Wogen à Clémence, tout en comptant le nombre de billet présents dans l'enveloppe. Vu ce qu'il a sur lui, on pourrait le garder au gnouf pendant plusieurs jours avant d'avoir envie de l'interroger sans que cela ne nous retombe dessus.

- Ton nom, insista Clémence.

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Baxter Finnes
MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Ven 26 Sep - 20:32


Fort heureusement pour moi, l'appât du gain fut le plus fort chez Fenger et l'arrivée des flics, toutes sirènes hurlantes avait fini par le décider plus sûrement que tout mon baratin. Bien sûr j'avais dû proférer quelques mensonges propres à satisfaire sa curiosité aiguisée mais une fois l'échange effectué et ayant entendu ses menaces renouvelées, je ne me fis pas prier pour jouer la fille de l'air en suivant sa recommandation. Je m'étais donc dirigé d'un pas tranquille vers la sortie où, bien évidemment, un policier en uniforme pas très malin me demanda mes papiers. Je les lui présentai avec un sourire aimable et entendu. Il les vérifia recto verso, sans doute pour s'assurer que ce n'étaient pas des faux. Je n'avais pas tenté de lui mettre sous le nez ceux au nom de Duplantier, issus de l'assortiment de contrefaçons que je possédais. On pouvait berner un quidam mortel ou pas, mais certainement pas un agent de police qui avait passé des mois de formation à détecter les faux. Mes papiers étaient parfaitement en règle et estampillés de l'autorisation de circuler librement en dehors des heures de couvre-feu pour les besoins de mon métier.

Je franchis donc le barrage très mince sans encombre tout en serrant les petits cubes d'argent qui dansaient dans ma poche. Le fond de l'air était frais en cette soirée de mai et je m'éloignai en relevant le col de mon manteau. J'étais plutôt joyeux à la pensée de la petite cuisine à la sauce argentique que j'allais mitonner pour mes petits duos cette nuit. Je longeai d'un pas tranquille la file de voitures de police autour desquelles s'affairaient les petites abeilles en uniforme autant que celles en civil. Des bruits de radio crépitantes d'échanges de conversation, les regards tendus des flics. Ils étaient sur les dents. Et je me doutais vaguement que la tension venait un peu de l'affaire que je leur mettais sur les bras depuis quelques semaines. La pensée de mon dealer coincé dans cet estaminet avec la police aux fesses m'inquiéta vaguement dix secondes puis s'évanouit. L'homme avait de la ressource et c'était un vampire, pas des plus aisés à manœuvrer, j'avais pu m'en rendre compte. Il saurait parfaitement se soustraire à la vindicte policière et devait avoir quelques appuis haut placés. Les vampires étaient aussi gangrenés que les humains par les substances illicites et la disparition d'un fournisseur comme Fenger sur la place de Paris leur donnerait trop de regret et de difficultés pour approvisionner leurs petites sauteries hallucinées. Je ne doutais pas qu'il soit laissé en liberté ou libéré sitôt contacté un de ses protecteurs bien placé. Pourvu qu'il puisse encore me fournir dans la suite de mes projets, c'était tout ce qui m'importait.

Je ne vis même pas l'étonnement se peindre sur le visage d'un agent en civil lorsque je passai à sa hauteur, et j'étais déjà loin lorsque celui-ci mit le doigt sur ce qui l'avait interpelé et alerta ses collègues. Une fois dans le taxi qui me ramenait à la maison, ma nouvelle maison, je sortis les black demon de ma poche et les fis passer d'une main à l'autre. J'avais aussi le sourire en songeant à Basarab et au déluge d'ennuis qui ne manquerait pas tôt ou tard de lui tomber dessus. Il avait fallu que je prenne quelques dispositions. Le magasin de pompes funèbres avait assez longtemps servi de couverture. Je n'avais plus guère le temps de chouchouter les petits morts. Je devais m'occuper des vivants. La nouvelle identité que je m'étais concoctée allait enfin m'être utile. Horace Plantif allait entrer en scène. Le camion de déménagement avait déjà dû déposer tout mon matériel à la périphérie de Paris, dans cette pépinière que je venais d'acquérir en revendant mon fond de commerce. Je me laissai aller contre le dossier alors que le taxi prenait la direction de la campagne. Se mettre au vert était parfois très agréable et les parisiens de la Grande Couronne avaient tout autant le droit de bénéficier de mes talents matrimoniaux. Ne me restait qu'à trouver un nouveau moyen de locomotion pour mes projets. Une fois déposé mon précieux achat, je me rendrais chez cet imprimeur qui mettait en vente un berlingot... Une nouvelle vie commençait, toujours au service de la mort ...


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MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Lun 29 Sep - 8:57
Mon nouveau client ne demanda pas son reste et s’empressa de partir. Je l’observais encore du coin de l’œil alors qu’il sortit de la taverne après s’être fait contrôler. A l’occasion je demanderai à ce policier son identité. On ne sait jamais. Mais j’avais d’autres préoccupations. La policière qui semblait être la chef était accompagnée d’un vampire, la virulence de ses propos était à l’image de la colère qui devait sommeiller en elle et tel ne fût pas ma surprise de la voir brandir la tête de ce blondinet. Dès cet instant je sus. L’argent, la police le recherche. Le lien était évident. Cet Edgard Duplantier était à l’origine des nombreux meurtres à l’argent dont j’avais entendu parler. L’affaire était étouffée mais rien n’échappait à mes oreilles. Ce serait Constantin Basarab le meurtrier donc. Il était un paria, n’ayant aucune allégeance. Cela me laissait perplexe.

Comme si je n’avais pas vu le portrait-robot, le vampire me posa l’affiche sous le nez et commença à m’interroger. Je lui rendis son regard sans tressaillir dans le plus grand des silences, c’est alors que je sentis la main baladeuse de la jeune policière se faufiler dans ma veste. A peine avait-elle commencé que je lui saisis son poignet. Je goûtai alors à la toute-puissance qui sommeillait en moi. J’avais le pouvoir de sortir de cette pièce à tout instant, ils n’étaient que des insectes pour moi et si je me laissais faire c’était par pur intérêt personnel. Seul le vampire pourrait poser un petit problème, mais une simple formalité. Bien que je serrais simplement son poignet délicat je sentis avec quelle aisance je pourrais le briser, il me suffisait d’une simple pression pour lui faire arracher un cri savoureux. Le policier vampire posa sa main sur mon épaule et me montra à grand renfort de « tttt » que je devais lâcher prise. Je le fis dans le seul but qu’il me lâche.

Cette fichue poulette ne gardais décidément pas les mains dans ses poches et semblait apprécier de pouvoir fouiller dans les miennes. J’émis un léger grognement lorsqu’elle sortit l’enveloppe pleine à craquer de billets. Je redressais la tête pour voir la salle se vider. En un clignement d’œil je croisai le regard du barman. Il n’en fallut guère plus pour qu’il devine mes envies meurtrières. Son bar n’existera bientôt plus, j’espère qu’il en avait confiance, qu’il goûte à la peur avant que je ne le cueille.


- Mon collègue vous a demandé votre nom. Et moi j’aimerais bien savoir ce que vous traficotiez avec ce blond

Je lui rendis un sourire narquois. Tant d’efforts pour un simple nom. J’avais compris la valeur de ce renseignement avec le temps, connaître le nom d’une personne c’est avoir du pouvoir sur lui, et avoir du pouvoir sur lui c’est contrôler. Depuis toujours les hommes s’évertuaient à monter dans les hiérarchies et à faire prévaloir leur intérêt avant celui des autres. Connaître le nom de son adversaire c’était avoir une longueur d’avance sur lui. Et il n’était pas dans mon intérêt de donner gratuitement un renseignement de la sorte même si la police était l’émetteur de cette demande. L’envie de la réduire à néant, de lui faire sentir sa propre faiblesse était presque insoutenable. Une humaine, me parler de la sorte, c’était intolérable et je devais baisser la tête devant elle, me soumettre ? Jamais. Je refermai ma veste afin de la dissuader de recommencer à fouiller. Le vampire n’avait pas perdu son temps et comptait avidement la somme que j’avais accumulé alors que l’insolente réitéra son ordre de lui donner mon nom.

Je posai mon regard sur elle et étrécis les yeux.


- Cet argent est le fruit de mon travail et bien qu’il soit de votre droit de me fouiller et de confisquer mes affaires, il vous est interdit de me le prendre et de l’utiliser. Ce que je faisais avec ce blond ne vous regarde pas, quand à mon nom, cela me déçoit un peu que vous ne le connaissiez pas étant de la police, mais c’est tant pis pour vous. Et par qui suis-je contrôlé ? Vous ne m’avez pas présenté votre badge.

Si ces deux lascars pensaient pouvoir me tirer des informations sans que je me débatte ils se fourraient le doigt dans l’œil jusqu’au coude. De toute ma vie je ne m’étais jamais laissé faire et bien qu’aujourd’hui j’acceptais le fait d’être arrêté cela ne changeais rien à cette règle. Cette soirée était décidément intéressante et bien que dans ce duo où le vampire était la personne la plus à craindre mon attention se portait uniquement sur la jeune policière. Non pas que la faim me tiraillait, loin de là, j’avais déjà vidé de son sang une jeune femme plus tôt dans la soirée et j’étais repus. C’était un tout autre appétit qui sommeillait, l’arrivée des poulets avait fait fuir les jeunettes que j’avais repérées dans le fond du bar mais ce qui se présentait sous mes yeux était bien plus alléchant. J’avais toucher à tout les vices de mon vivant et ils m'accompagnaient maintenant comme s'ils étaient des amis de longues dates, je ne cherchais plus à les faire disparaître mais j'acceptais leur présence, laissant libre cours à mes envies.

Le vampire m’agrippa en réponse à mon ton désinvolte non dissimulé. Je l’avais prédit, ils étaient sur les nerfs c’était une évidence et mon insolence avait suffi à faire sortir le vampire de ses gonds. A la vitesse de son geste, bien qu’excessivement rapide pour un être humain, j’en déduisis qu’il était plus jeune que moi. Une aubaine. Sitôt ses mains sur mon col je le renvoyai contre le mur d’un coup de poing dans le ventre, il s’y écrasa en émettant un bruit sourd et s’affala au sol. Toutes les têtes et autres pistolets se braquèrent vers moi.


- Allons, vous n’allez pas abîmer la piste qui vous mène à votre homme n’est-ce pas ? Au vu de la tension qui règne ici vous lui en voulez au gamin. Je me tournai vers la policière avec un grand sourire en jouant de mon aura. Je suis à votre merci, cela est différent de je fais ce que vous voulez que je fasse.

S’il y avait bien un excellent moyen d’énerver encore plus quelqu’un de déjà énerver c’est de se foutre de lui. Je le savais d’expérience personnel et je me réjouissais de pouvoir utiliser cet arme contre les soit disant « forces de l’ordre ». Je trouvais particulièrement amusant le fait que malgré mon comportement qui méritait une sanction exemplaire il ne pouvait rien contre moi car j’étais trop précieux pour eux. Jouer de cet avantage, surtout contre des humains que je ne pouvais pas saigner, me réjouissais pleinement. Jouer sur la corde raide, cela avait toujours été grisant … Et me faisait ironiquement sentir vivant.
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Clémence Destrées
MessageSujet: Re: {achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau Lun 29 Sep - 18:17



Clémence secoua négativement la tête lorsque le vampire referma sa veste.
 
- Cela ne sert à rien de chercher à cacher les petits sachets qui remplissent vos poches. Je les ai vu et palpé. L'un d'eux est vide et usé, tandis que les autres sont toujours bien plein de ce que je suppose être de la drogue et autres substances illicites. Un sachet vide et une enveloppe pleine de billet... il est clair que vous avez conclu un deal ce soir. Je ne parierais pas que le deal ait eu lieu plus tôt dans la journée car vous ne vous seriez pas promener avec autant de billet...

Clémence referma l'enveloppe et la glissa dans un sac en plastique qu'elle avait dans une de ses poches. L'enveloppe avait maintenant tout d'une preuve.
 
- Merci, mais je n'ai pas besoin d'un cours rapide sur ce que j'ai droit ou non de faire avec votre argent. Quant à mon badge, il est vrai que je ne vous l'ai pas présenté mais rien m'oblige à le faire et à moins que vous soyez aveugle quand cela vous chante, vous pouvez voire mon brassard de la police sur mon bras. Voyez-vous, si vous semblez connaître vos droits concernant votre argent, je connais aussi les miens et mon travail. Maintenant que vous me dites que vos activités avec le blond ne me regarde pas, il est certain que cela vous ennuierait que je le sache. Cela sent les choses cachées.

Clémence n'avait qu'une hâte : embarquer ce type et le mettre au frais le temps de faire une petite pause bien méritée. Elle s'était mise en tête de demander sa mise en garde à vue. La raison qu'elle comptait donner au procureur était la suspicion de complicité avec le blond, dont elle connaissait maintenant la véritable identité.
Cependant, elle ne s'attendait pas au revirement de situation qui se produisit soudainement. En une fraction de seconde, Wogen était au sol et les collègues pointaient leur arme sur le vampire devenu maintenant un vrai suspect.
 

Il se mit à faire le malin. Se moquant de Clémence parce qu'elle ne pouvait pas lui faire de mal.
Il semblait croire qu'il avait la situation bien en main. Ils pensaient généralement tous ça, quand cela leur chauffait aux fesses. Il narguait Clémence et les autres policiers. La porte de bar s'ouvrit et trois individus entrèrent. Le commissaire divisionnaire venait de pointer le bout de son nez. C'était le vampire à la tête de la Crim'. Le grand manitou. Et il était aussi dans les petits papiers du Cercle. Wogen avait raison, il était dans les parages et avait bien prévu de venir. Le Commissaire divisionnaire s'approcha de Clémence tandis que ses deux gorilles à dents pointues encadrèrent le suspect. Il se pencha vers la Lieutenant, qui était ridiculement petite à côté de lui et il lui dit simplement :  

- Alors ?  

- Monsieur le Commissaire, nous suspectons cet homme d'aider le tueur. Il vient de mettre Wogen à terre et je comptais le mettre en garde à vue. Il fait le malin, refuse de s'identifier et ceux qui font ça ont généralement plus de gueule que de cou...
 
Le Commissaire Divisionnaire leva la main pour empêcher Clémence de finir sa phrase. Il n'était pas utile d'aller plus loin dans les explications. Le Commissaire s'approcha du suspect, qui fut immédiatement saisi par les deux gorilles. Il demanda à Clémence de s'approcher et de finir son travail. Le Commissaire ordonna à un de ses gorilles d'aider les deux lieutenants et de répondre à ses besoins jusqu’à ce que l'individu soit dans les locaux de la police. Wogen se releva et remplaça un des deux gorilles, qui s'éloigna pour rejoindre le Commissaire déjà pendu au téléphone pour aviser le procureur de la mise en garde à vue d'un suspect dans l'affaire du tueur à l'argent.

- Vous êtes suspecté de complicité de crime avec un individu hautement recherché. Vous allez donc être placé en garde à vue, dit-elle au suspect, tout en serrant au maximum les menottes, tandis que le gorille vampirique et Wogen le maintenaient fermement
 
- Il paraît qu'on ne peut pas abîmer la piste ? Fit remarquer Wogen.

Jon et elle n'avaient pas pour habitude d'avoir de telles pratiques mais Wogen était réputé pour faire pleuvoir les baffes sur les suspects trop silencieux. Celui-ci agaçait énormément Clémence et laisser Wogen sans vengeance aurait été injuste pour son collègue, avec qui elle venait de passer une affreuse journée. Mais Wogen n'était pas Jon et Clémence n'avait pas d'emprise sur lui. Alors elle décida de le laisser s'amuser.

- Non, il paraît que la piste doit arriver vivante et entière à la Crim', rectifia Clémence. Mais il peut très bien louper une marche, trébucher ou se prendre une porte... ajouta-t-elle en fixant le suspect sans rire, sans sourire, en gardant un visage placide. Attendez au moins d'être en voiture, quémanda-t-elle.

Le Commissaire Divisionnaire venait de terminer sa conversation téléphonique. Il revint vers les deux lieutenants, ses gorilles et le suspect. Tout était réglé, la garde à vue était officialisée et un délai supplémentaire aux 24 heures pouvait même être demandé. Le Commissaire ordonna aux trois vampires de conduire le suspect dans leurs locaux et imposa à Clémence de lui servir de chauffeur.
Le Commissaire posa une main dans le dos de Clémence, pour l'inciter à se diriger vers la sortie, tout en lui parlant mielleusement :


- Au téléphone, on m'a parlé de prime au mérite à titre individuel pour Wogen et vous... Et il n'y a pas que cela...
 
Une fois dehors, tout en parlant de tout et de rien, le Commissaire continua d’entraîner Clémence jusqu'à sa voiture personnelle, dans laquelle elle allait lui servir de chauffeur.  Derrière, le suspect les suivait de force, encadré par les trois vampires, dont les deux gorilles du Commissaire Divisionnaire. Clémence prit ses affaires dans sa voiture et se mit ensuite au volant de celle du Commissaire, tandis que les trois vampires jetèrent le suspect dans la voiture. Wogen allait conduire, pendant que le suspect était à l'arrière, mains menottées et encadré par les deux gorilles.

HRP
Spoiler:
 

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{achevé}La mélodie du bonheur ou la rencontre de deux grands malades du cerveau

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