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Chroniques de l'Ombre et de la Lumière

LIVRE I
Quand le salut ne réside plus qu'en l'ennemi.
Que choisir ? La Fin ou l'Union Sacrée ?
 







Nous sommes en Mai 2215 !

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 On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs [pv Tracy Fenger]

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MessageSujet: On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs [pv Tracy Fenger]   Mer 31 Déc - 19:22

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Noah de St Hilaire, Lieutenant à la BSP,
détaché à la BC pour coordination des opérations.

Trois heures auparavant ...

La langueur de paresser au lit après une nuit bien agitée... La mélodie de son portable le tira d'un songe étrange directement inspiré de sa fin de nuit sulfureuse. Il avait la sensation que son poignet droit était encore attaché aux barreaux de la tête de lit. En fait non, il avait simplement glissé son bras sous la nuque de Natacha et la circulation du sang interrompue dans sa main lui donnait cette impression de ne plus pouvoir la faire obéir. Il ouvrit un œil, puis deux. La blonde était profondément endormie, encore toute alanguie d'extase. Il se redressa et retira son bras un peu vivement. Elle grogna, puis se tourna de côté, lui exposant son dos et sa chute de reins magnifique. Il s'assit sur le bord du lit et attrapa le portable qui continuait à sonner, tout en se frottant les yeux comme un enfant.

- St Hilaire, j'écoute ! Mhhmm! Je suis en congé jusqu'à demain normalement...

La voix se fit insistante à l'autre bout de la ligne.

- Ok, je la prends.

A ce moment un bras d'albatre se glissa sous son menton et le tira en arrière.

- Chouchou, tu viens me réchauffer ? Il fait froid ... le feu a dû s'éteindre.


Il se défit en riant de la femme liane qui s'était finalement réveillée en sentant la couche se refroidir après le départ de son amant.

- Pour une Russe, Natacha, tu es plutôt frileuse. Non mais arrête, c'est le boulot! Je dois répondre!


Au téléphone, une autre voix, familière, prit la parole, autoritaire et assurée.

- St Hilaire, vous êtes désormais détaché auprès de la BC. Je vous attends pour prendre connaissance de votre mission. Vous avez 15 minutes pour vous présenter devant moi.


- Madame la Directrice, avec tout le respect que je vous dois... Qui a eut cette idée ? Je suis un BS, moi. J'ai des affaires en cours... Je ne peux pas tout lâcher comme ça. J'étais sur le point de serrer un gros dealer ...Trois mois de filatures et d'infiltration avec mes indics ...


- Dans le secteur de la Ville Grise ? On a déjà arrêté votre homme... Il serait lié à une série de meurtres... Quant à votre mutation, c'est mon idée... cas de force majeure...


- Quoi ? Non !!!... Merde! La BC a encore empiété sur mon boulot. C'est inadmissible ... Cas de force majeur, mon cul !

- Restez correct Lieutenant! A moins que vous ne vouliez que je vous colle un blâme pour outrage à un supérieur! Je refuse de justifier mes choix ! Cette conversation est sans objet ! Je suis votre supérieure, dois-je vous le rappeler ? Ne sollicitez pas plus qu'il convient ma bienveillance à votre égard. Hâtez-vous de prendre congé de la personne qui vous tient compagnie et de retourner à vos devoirs !!!

Le lieutenant eut une petite moue narquoise et prit un accent créole.

- Oui mitresse. Faut pas 'ête jalousse. C'est pas beau la jaloussie.

- Ne poussez pas ma patience à bout Lieutenant ! Les ordres viennent de plus haut, je ne pourrais pas toujours couvrir votre indiscipline ! Dois-je vous rappeller que vos méthodes lorsque vous étiez à la Brigades des Mœurs, étaient loin de faire l'unanimité ?  

La voix continua à débiter un flot de paroles auquel Noah acquiesça en tendant la  main vers une chaise pour attraper son blouson pour y chercher le paquet de cigarettes.

- Mhhhm, vous dites que le premier malaise a eu lieu à Necker lors de cette autospie ? Okay! J'arrive!

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Quelques heures après, il se trouvait dans les locaux de la DPJ dûment muni de son ordre de mission. L'entretien avec la Ducas avait été houleux, comme souvent. Des plus ambigus comme toujours. Noah savait bien que ce qui le sauvait aux yeux de la Directrice de la DPJ était précisément le contraire de ce qu'on lui prêtait. Il n'était pas son amant. Il n'avait jamais cédé aux invitations voilées de la Vampire à l'âge canonique. Non qu'avoir une maîtresse d'âge mûr lui eût répugné. Mais Noah choisissait toujours. Il était le chasseur et non la proie. C'était sans doute ce qui excitait sa supérieure. Une fois qu'elle l'aurait consommé, il perdrait tout attrait pour elle et elle ne couvrirait plus ses dérapages hors du code de la police. Deuxième raison importante de ne pas lui céder. Et s'il fallait en rajouter une troisième, l'animal était joueur et il aimait entretenir cette convoitise chez une femme. Il avait toujours aimé jouer au chat et à la souris. Mais il avait toujours tenu le rôle du matou. Félin dans l'excellence. Si on regardait Noah on ne pouvait que tomber d'accord. Il y avait une grâce féline en lui, une souplesse, une douceur silencieuse dans ses gestes, presque féminine, diraient certains. Il aimait cultiver cette image androgyne. Cassée, d'ailleurs, dès qu'il se mettait à parler. Non qu'il n'aimât pas murmurer ou chuchoter à l'oreille de ses proies, mais il le faisait d'une voix étonnamment grave, chaude et sensuelle. Celle de ses ancêtres créoles peut-être. Rarement troublé, il n'en était que plus troublant. Pour lui, la vie était un jeu... et la mort aussi.

Il arpentait à présent le couloir que le conduisait à la salle des interrogatoires. Tracy Fenger devait l'y attendre... Sa proie depuis plusieurs mois... Proie que Clémence Destrées lui avait malheureusement soufflé. La pauvre, cela ne lui avait pas porté chance... Il aimait bien Clémence, bien qu'elle et lui eussent peu de points en commun, pas les mêmes centres d'intérêt et les mêmes fréquentations. Ni la même vision du métier. C'était une fille honnête, peut-être un peu trop à son goût, mais surtout un policier consciencieux et professionnel. En cela, elle avait droit à son respect. Il ne s'expliquait pas comment elle avait pu se faire mordre par une sangsue et ne pas le signaler à sa hiérarchie. Était-ce le genre de chose qu'on peut oublier ?
Mais surtout, c'est ce qu'avaient révélé ses analyses, comment elle avait pu développer un argyrisme aigu, en buvant le sang d'un cadavre ? Le cas Clémence Destrées était une énigme en soi et St Hilaire sentait confusément que Fenger en détenait une clef.

Il avait lu le dossier et les compte rendus d'interrogatoire et avait croisé ces informations avec celles qu'il avait pu réunir sur le sujet au cours de ses filatures. Fenger était un trafiquant de la pire espèce, sans état d'âme, et pouvait, par nécessité, devenir un assassin. Toutefois, il n'avait pas le profil d'un tueur en série, ni de celui d'un complice. Tout au plus d'un fournisseur ignorant peut-être l'amplitude du phénomène auquel il participait. D'ailleurs ça sentait foncièrement mauvais, cette affaire, et il comprenait à présent la motivation professionnelle, celle-là, de Marèze, à l'avoir fait muter dans son service. Ses résultats à l'école de police et le choix de son mémoire, ses dispositions polyvalentes, l'avaient conduit à faire un stage à Quantico, aux Etats Unis, pour s'imprégner des méthodes des profilers américains.  Si ses accointances avec les milieux de la mode, du show bizz, l'avaient d'abord conduit à être affecté aux Mœurs puis aux Stups, il n'en demeurait pas moins qu'il possédait des qualités qui le destinaient à lutter contre la criminalité.

Mais peut-être bien qu'on touchait aux trois domaines dans cette affaire... Peu de temps avant d'arrêter Fenger, Destrées avait été mêlée à un incident lors de ce qu'on appelait désormais la "Nuit des Cavaliers". Appelée par un supérieur incompétent à aller constater sur place des événements, elle avait été blâmée par le Chambellan du Palais Bourbon, pour "intrusion abusive dans les bureaux du Roi"  rien de moins. Ducas selon ses dires, avait fait en sorte que le blâme n'apparaisse pas dans le dossier de carrière de la jeune femme, celle-ci obéissant lors de son intervention inopportune, à un supérieur.
Cependant, Clémence Destrées se trouvait à présent dans le coma, suite à une intoxication massive à l'argent. Et elle avait déchiqueté le torse d'un cadavre. Elle était entre la vie et la mort, mordue mais pas transformée. Par qui ? Pourquoi ? Le Roi, Cecil Osbern ? Cela ne cadrait guère avec le personnage ? Un de ses employés  ou subalterne ? Il était peu probable qu'il permit qu'on sacrifie un officier de police formé et efficient pour satisfaire un repas. A moins que le convive ne fût un hôte particulièrement illustre ou capricieux ... Et peu affamé, car la morsure qui avait contaminé la malheureuse était difficilement décelable. Deux petits points au mollet ... De toute évidence, elle avait été victime d'un vampire bien nourri qui ne souhaitait pas la transformer sur place, mais pas non plus l'enlever pour plus tard. Ni plat à consommer sur place, ni plat à emporter ... Étrange ! Cela ressemblait à un marquage de bétail... Il démêlerait le vrai du faux dans cette histoire, même s'il devait fouiller dans les ordures du Palais Bourbon. Il devait bien cela à sa collègue ...

Mais pour l'heure, Noah devait se concentrer sur l'affaire qui l'occupait aujourd'hui: Tracy Fenger et son petit commerce... Il poussa la porte vitrée de la salle d'interrogatoire.

- Bonjour Monsieur Fenger, mon visage ne vous est peut-être pas totalement inconnu ... Je vous avais contacté pour un achat de plusieurs kilos de petites pilules bleues, vous vous souvenez ?


Il s'approcha de Fenger qui était menotté à sa chaise et attrapa le dossier de celle-ci pour le faire glisser plus près de lui. Puis il s'assit sur un angle de la table.

- Hey oui, surprise, je suis de l'autre côté, celui des "gentils". Enfin, façon de parler, car j'ai une collègue entre la vie et la mort actuellement et ça me rend plutôt méchant. Surtout que Clémence était une chic fille, plutôt arrangeante... Pas du tout comme moi, si tu vois ce que je veux dire...


Il sortit de la poche de son blouson en cuir un sachet en plastique et l'agita sous le nez de Fenger.

- Finis les circonvolutions et les ronds de jambes. Ma collègue t'avait proposé un deal avantageux, mais maintenant elle est dans le coma, peut-être à cause de la merde que tu vends. Je suis de très très mauvaise humeur ... J'ai pas l'air comme ça, mais j'ai l'esprit d'équipe. On tue un flic, ça me rend d'humeur massacrante, on en blesse un, j'ai la rage. Je pourrais peut-être m'arranger pour que tu te fasses une petite injection avec un de tes back demon ? Qu'en dis-tu ? Bien sûr, tu t'en doutes, j'ai un nouveau deal à te proposer...


Noah ouvrit le sac et prit un des cubes d'argent entre ses doigts puis le leva à hauteur de ses yeux. Le métal précieux scintilla à la lumière d'un éclat fade.
- Mmhh, bonne qualité !

Puis il empoigna Fenger par la tignasse et lui bascula la tête en arrière avant de faire glisser le cube sur la joue de ce dernier.

- T'es un peu pâle, mon pote! T'as besoin de fard à joue.


Au contact de l'argent, la peau du vampire commença à noircir en dégageant une odeur nauséabonde.

- Nox quia habet argentum in ore... Fredonna Noah, un éclair meurtrier dans le regard.

Puis il le relâcha brutalement et rangea le cube dans le sachet avant de le glisser dans sa poche.

- Alors , qu'avez-vous à dire pour votre défense, monsieur le tueur de flics ?
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MessageSujet: Re: On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs [pv Tracy Fenger]   Sam 17 Jan - 13:27

Cela faisait trois jours depuis mon arrestation, depuis ma rencontre avec Baxter Finnes. Cela faisait trois jours que je n'avais pas senti la lueur faiblarde de la lune ni même l'ardente du soleil. Et à ce point j'aurais préféré être soumis aux rayons de l'astre du jour plutôt que de rester enfermé dans cette cage, voué à ne rien faire. Si lors des premières heures, ma mise en garde-à-vue m'avez rendu acide, j'étais maintenant démuni de toutes émotions. Je me remémorais en boucle les paroles de cette policière, j'essayais de former des liens avec ce que je connaissais déjà. Si seulement elle n'avait pas eu ce malaise. Ce fût si soudain, si ... anormal ? Non, les maladies courraient les rues et il se pouvait qu'elle choppa une crasse. Quel dommage, j'avais effleuré la " liberté " et voilà qu'on me la soufflait à nouveau au nez. La liberté, quel idée futile. Il n'y a personne de libre en ce monde, tous coincé dans le cadre de leur société, cernés par les valeurs de celle-ci, cadrés par les lois et les devoirs, surveillés par des forces qui les appliquent. Marionnettes des plus grands.

Finalement on me fit sortir pour un énième interrogatoire, elle s'était finalement remise de son malaise. Les choses allaient pouvoir avancer et j'allais pouvoir sentir l'air extérieur à nouveau. Je me retrouvais dans la même salle, devant la même table, sur la même chaise, encadré par les mêmes surveillant et pourtant quelque chose avait changé. J'étais menotté, non pas que je ne l'avais pas été mais j'avais pleinement montré patte blanche face à la flic, ils m'avaient laissé déchaîné et je n'avais rien fait. Un être en confiance, même précaire, est plus facile à manipuler. Serait-ce une nouvelle mesure de sécurité ?

Les murs blancs pâles me donnaient la migraine, toujours voir les mêmes formes, les mêmes couleurs, les mêmes êtres me rendait malade. Il fallait que je sorte, rouvrir mes yeux dans le monde extérieur et surtout manger. Les flics étaient préparés à recevoir la visite d'un vampire dans leurs cellules, ils avaient leur stock de poches sanguines prêt. Mais il ne savait pas à quel point il était infect. Rien que d'y penser mon visage grimaça. Finalement la porte s'ouvrit et mes doutes s'avérèrent vrais. La fille avait bien eu un problème plus important qu'un simple malaise. Un jeune homme au visage familier ouvrit la porte et à peine rentré me remémora cette sensation de déjà-vu.


- Je me souviens de toi, tu es donc flic ? Allons bon.

Les pilules bleues. C'était de loin la denrée que je vendais le plus, rien d'illégal là-dedans mais le bénéfice que j'en tirais était considérable. La raison était simple, il est connu que le vampire le plus fragile est un meilleur amant que l'humain le plus viril. De ce fait, afin de rivaliser avec les capacités sexuelles des vampires et afin de garder leurs compagnes, les hommes avaient parfois recours à ces pilules aux propriétés aphrodisiaques connues depuis bien longtemps. Le monde est régi par le sexe, ce n'est pas une nouveauté.

Une collègue entre la vie et la mort ? La flic qui m'avait choppé, quel dommage, une si belle plante. Clémence, c'était bien ça son prénom. Il était bien confiant en lui, bien plus que la dernière.


- Dans le coma ? Dommage, ça avait l'air d'être une chic fille. Un nouveau deal ? Décidément les flics m'ont à la bonne !

Encore et toujours du bluff. J'avais trop vu de séries et de films lorsque j'étais encore humain aux Etats-Unis, je connaissais que trop bien la manière dont les flics parlent, se comportent et essayent de semer le trouble dans la tête de leur victime afin qu'elle soit plus malléable et plus à même de parler. Je ne pus empêcher de lâcher un soupir de dédain. Bien sûr que c'est de la bonne qualité, quand on fait quelque chose autant le faire bien.

Je secouais la tête et un instant je me retrouvais la tête en arrière, l'argent sur la peau. Elle grésilla au contact du métal et commença à noircir. Je serais les dents. Il n'y avait pas de douleur plus grande que le contact de l'argent. La constitution naturellement supérieur et le fait d'être ni vivant ni mort, nous rendait plus résistant que les humains face aux chocs physiques. Mais l'argent nous rendait aussi fragile qu'un nourrisson. Cela attaquait nos cellules d'une manière impossible pour n'importe quel autre élément.

Le contact ne dura qu'un instant mais la douleur était insoutenable, il me faudra du temps pour guérir, beaucoup de temps. Cela m'enragea et c'était vraisemblablement son but.


- Je n'ai pas touché à cette fille, et quand bien même ce serait à cause d'une des substances que je vends qu'elle est dans cette état, je m'en fou. Je ne suis pas responsable des actes de mes clients.

Je reculai ma chaise et me basculai machinalement. Je regardais mon interlocuteur droit dans les yeux, mes sourcils étaient froncés sur un regard émeraude brillant et remplis de rage. Je parlais lentement en laissant ma voix gronder dans le fond de la gorge, je lui laissais tout le loisir d'observer mes crocs luisants.

- Dites-moi quel est votre deal, je n'est pas que ça à faire de rester enfermer ici. J'ai un petit connard à retrouver et à massacrer. Le temps que je perds ici à discuter, c'est du temps qu'il a en plus pour s'enfuir et brouiller sa piste. Grâce à votre collègue je connais son nom et je sais à quoi il ressemble. Alors je ne sais pas ce que vous aviez à me proposer mais grouillez-vous.
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MessageSujet: Re: On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs [pv Tracy Fenger]   Mer 25 Fév - 19:07



Ahhh qu'il était bon de pouvoir aller droit au but avec un prévenu. Noah trouvait d'ailleurs ce terme assez savoureux. Prévenu. Et de quoi ? De la baffe qui risquait de s'abattre sur sa face de beau gosse bien propre sur lui. Un pur déguisement, d'ailleurs. Le flic mondain savait voir sous la beauté l'immondice qui pouvait se dissimuler dans les recoins bien sombre de l'âme. Pour cet oiseau-là, pas besoin de racler dans les coins. Son cynisme, sa misanthropie, sa vénalité suintaient par toutes les pores de sa peau de macchabée sur pattes. Le lieutenant était même prêt à parier qu'ils avaient en plus quelques autres péchés capitaux en commun. L'orgueil, peut-être bien, la luxure, certainement. Ça ne faisait pas de Fenger un être plus sympathique à ses yeux mais ça le rendait plus vulnérable.

- T'assure pas le service après-vente, je me doute bien. Et tu n'es pas responsable de l'usage que les détraqués que tu fournis font de ta dope, bien entendu. Répondit Noah en se caressant le menton d'un air qui se voulait compréhensif. Juste de les fournir. Ajouta-t-il en administrant une gifle imprévue et magistrale au vampire qui vacilla tout de même un peu sur sa chaise, sous l'effet de la surprise. Ça c'est pour Clémence!

Puis il jeta un coup d’œil au policier en faction dans la pièce et qui avait un peu pâli, peu habitué aux méthodes directes du nouveau fraichement muté dans le service.

- Allez me chercher la paperasse au secrétariat. Les documents doivent être prêts maintenant et on a besoin de la petite griffe de notre "collaborateur" sur chaque feuillet. Ordonna-t-il à l'attention de l'homme.

Le type parut hésiter un instant. C'est qu'il avait des consignes. Fenger était un client potentiellement très dangereux et il ne devait jamais laisser un collègue seul lors d'un interrogatoire. C'était totalement contraire à la procédure. Mais le regard fascinant du Créole le fixait d'une manière si étrange qu'il ne sut y résister et n’éleva pas de protestation. Il s’éclipsa tandis que Noah ajoutait:

- Et apporte-nous deux petits noirs bien serrés, pendant que tu y es !

Puis se tournant vers le prisonnier:

- A nous deux mon coco ! En fait, les flics t'ont pas vraiment "à la bonne" comme tu dis. Je vais te mettre au parfum. Certains seraient même plutôt volontaires pour te crever dans ta cellule, surtout que ton arrestation met pas mal de grosses huiles en position délicate. Tu sais tous ceux que tu fournis et qui ne tiennent pas à ce que cela s'ébruite. A l'heure actuelle, il doit y avoir pas mal de contrats sur ta tête. Certains collègues, c'est pas très charitable, j'en conviens, mais faut les comprendre, les fins de mois sont difficiles pour les fonctionnaires sous payés que nous sommes, ont même ouvert des paris sur ton espérance de vie en prison, d'autres ont peut-être accepté un de ces contrats. Va savoir... Et en plus, ma collègue qui essayait de te ménager en te cachant tout ça, de te protéger, est en mauvaise santé parce qu'elle a absorbé de l'argent accidentellement. Étant donné le large secteur que tu arroses sur Paname, il y a fort à parier que c'est toi qui a dealé cette merde. Tu te doutes bien que ça a achevé de mettre mes camarades en colère. C'est Clémence qu'ils avaient à la bonne, pas toi ! Pour corser le tout, son coéquipier est aussi salement amoché suite à une enquête sur un tueur en série... qui est de tes relations, semble-t-il...Ça fait beaucoup en peu de temps pour la Maison! Et mes supérieurs commencent à se dire que tu es une patate chaude qu'on se balance de service en service sans savoir trop quoi en faire. Apparemment t'as pas de bonnes fréquentations, mon gars! Et ça finit toujours par apporter des ennuis.

St Hilaire contourna la chaise et vint se placer derrière Fenger pour murmurer à son oreille...

- Ce qui m'a fait dire en consultant ton dossier " mais que vais-je faire de lui ?" Question embarrassante, d'autant qu'on a déjà retrouvé la piste du taré avec qui tu as fait commerce... Donc tu ne nous étais plus très utile...

Puis il se replaça face au trafiquant et lui envoya une bourrade dans l'épaule en le gratifiant d'un clin d’œil.

- Mais je te rassure, mon brillant esprit a trouvé une idée. Tu as une chance dans ton malheur. Je suis quelqu'un de très ambitieux. Mes supérieurs veulent mettre la main sur ce type pour l'empêcher de recommencer. Moi, j'aime comprendre ce qui motive ce genre de détraqué. Entrer dans la tête des criminels, c'est ce qui me plait. Je veux un flag, rien de moins. Et je l'aurai. Les choses se mettent parfois en place avec une précision d'horlogerie. Tu vois, ce matin encore, après que la Ministre de la Sûreté m'ait réveillé, et demandé d'écourter mon congé pour reprendre le dossier, je pensais ton cas désespéré. Après la mise sur la touche de Clémence, la seule qui essayait de te faire éviter la peine de mort, et entendant la somme d'ennemis que tu t'étais fait parmi nous, je ne donnais pas cher de ta peau. Puis j'ai reçu entre temps, un mms qui semblait encore réduire tes chances de nous être utile. Eh ouais, ça te troue le fion, ça, hein. Le flic humain qui a un portable et accès aux mms.


Noah aimait souvent provoquer les Trompe-la mort, comme il les appelait, surtout quand il pouvait montrer qu'un Humain malin valait mieux qu'un Vampire con. Que finalement le déterminisme Vampire/Humain, c'était de la foutaise pour mieux contenir les Esclaves dans leur parc. Rien ne pouvait retenir les Hommes d'entrer en révolte, sauf la peur de mourir. Et ils n'avaient pas attendu les Vampires pour l'avoir chevillée au corps. Le fléau ce n'était pas les sangsues, mais cette peur de clamser. C'était ça qu'il fallait éliminer. Une fois qu'on avait compris que la mort était partout et qu'elle viendrait de toute façon nous cueillir même si on restait rivé à notre lit, on n'avait plus peur de vivre et de choisir. Chaque jour Noah se le répétait. Mieux vaut une seule journée que tu as choisis, qu'une vie entière qu'on t'impose. Et vivre, il ne le faisait pas à moitié...

- J'ai moi aussi quelques accointances avec différents milieux d'affaires. J'ai fait plusieurs carrières en une. Je sais, c'est difficile à croire étant donné mon âge. Toujours est-t-il que je connais plusieurs des tiens dans le domaine de la mode. Notamment parmi les grandes maisons héritées du passé. Tu sais ce qu'on dit. Le talent ne se périme pas, surtout quand on est Immortel. C'est pas mon vieil agent chez Armani qui me contredira. Eh oui ! Armani, c'est un de tes semblables... La vieillesse sans doute, l'aura poussé à se faire transformer. Il a d'ailleurs un goût très sûr pour les mannequins, surtout masculins. Et donc un de ses agents qui a en charge ma carrière parallèle m'a contacté par téléphone et envoyé un mms. Une photo prise dans un train ... Devine ... Notre ami commun... Le type qui me l'a envoyé avait vu le portait robot dans la salle d'attente de la gare... et, ce qui est très finement joué de sa part et une chance pour toi, au lieu d'alerter la police locale, a préféré s'adresser à moi. Les amis, les bonnes fréquentations, mon pote, tu vois, ça sert...


Oui, tout se mettait en place doucement. La mécanique du monde... Le grand horloger de l'Univers. Noah avait déjà son plan en tête et Fenger en était l'une des pièces maîtresses. Il pouvait faire sans lui, mais cela prendrait plus de temps. L'agent parti chercher les documents était de retour, une pochette sous le bras et deux petits cafés fumants à la main.

- Vous êtes très efficace, merci. Lui lança le lieutenant en prenant la pochette et un café. L'autre est pour vous. Celui-là n'aura rien avant d'avoir signé et je pense qu'il préférera une petite tasse de sang chaud prélevé dans un bordel, glissa-t-il à l'oreille du policier.

Tout en tournant la cuillère dans le gobelet en carton, il conclut à l'attention de Fenger:

- Je n'aurai qu'une question. Es-tu prêt à collaborer avec moi, quelque soit les clauses de cette coopération, et notamment, même si pour cela il faut que tu renonces pour un temps à flinguer ce taré ? Comme je t'ai dit, tu as le choix. On a toujours le choix. Vivre vieux en faisant des concessions ou vivre à son idée en s'exposant aux risques. C'est toi qui vois. Si tu refuses, tu as, selon les bookmakers, une espérance de vie d'une semaine en taule. Si tu me suis, tu auras peut-être pas mieux mais ta vie sera entre tes mains... et tu pourrais aimer la concession consentie s'il s'agit de piéger la petite ordure qui t'a enfumé, non ?  Mais pour cela, il faudra suivre mon plan à la lettre, à la virgule près.
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MessageSujet: Re: On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs [pv Tracy Fenger]   Mer 11 Mar - 16:10

La gifle percuta bien plus vite et plus fortement que je l'avais estimée. Le sang de mauvaise qualité et l'incapacité de se reposer avait émoussé mes perceptions. Je vacillai mais ne bronchai pas, il avait toutes les libertés dans cette salle ou presque. Sa manière d'agir, se cynisme apparent ne pouvait m'empêcher de me faire penser … A moi. C'était intriguant de voir un humain … Vivre ? Ce serait vraisemblablement le terme le plus adéquat, il ne semblait se fixer aucune limite à sa manière d'être. Il n'était pas comme les autres, moutons bons a n'être que dévorés pour les biens des Immortels.
S'il n'était pas du côté de la police, il était évident que cet énergumène aurait fait un parfait trafiquant, terriblement provoquant le garçon. Mais il n'avait pas tout à fait tord. Tout ce temps passé en prison m'avait fait rater de nombreuses livraisons importantes et de nombreuses réceptions de biens. Les différents cartons devaient maintenant s'étaler en désordre dans le grand hangar et si je n'allais pas y mettre de l'ordre rapidement un aussi grand tas de marchandises deviendraient suspect. C'est Enora Diétran, siégeante au Cercle, qui devait le plus enragé. J'avais jamais connu une personne aussi addict à un tel nombre de substances, humain et vampire confondu. Mais s'il n'y avait qu'elle. Même si mes clients se taisaient pour la garde de leurs fonctions ou tout simplement pour le silence, mes activités, elles, n'étaient pas passées inaperçues et il semblait que ce garçon en était fort au courant.


Un café ? Ça ne serait pas de refus. J'écoutai avec toute l'attention que je pouvais donner à son discours.

- Je suis heureux d'apprendre que les tiens s'amusent à parier sur ma tête … Quels qu'ils soient je les déjouerai et peut-être que je récupérerais l'argent perdue après un achat. Des mauvaises relations ? Ta mère ne t'a pas appris à ne pas juger au premier abord ?

Cela m'agaçait profondément, ceux qui se croient détenteurs de toutes les connaissances et qui se permettent de juger sans restrictions.

Vous n'êtes pas les premiers qui veulent ma peau et vraisemblablement pas les derniers non plus. Un ennemi de plus ou un de moins ça ne change rien. Ce n'est pas le nombre qui compte.

Comme si de simples flics pouvaient avoir ma peau. S'ils pensaient que leurs barreaux de fers et des gardes à moitié endormis pouvait me stopper, s'ils pensaient que me mener à la mort serait une chose aussi facile qu'un claquement de doigt alors ils se trompaient grandement. Si j'avais accepté mon emprisonnement et accepté de rester docile c'est uniquement pour la vengeance. La police avait ces informations qui me manquaient pour retrouver ma proie, même si un nom et un visage étaient déjà beaucoup, je ne pouvais pas prétendre longtemps que ce serait efficace pour le retrouver. Ils étaient flics quand même après tout.

- Tu crois que tu es le seul sur ce monde à avoir eu une jeunesse prolifique ? Tu es plutôt égocentrique comme garçon, non ? Je suis au courant de cela, la mode ne m'a jamais quitté même après des siècles, c'est vrai qu'avec te belle gueule tu dois être prisé … Mais tu n'es pas le seul à être un privilégié des grands de ce business.

Ce flic avait définitivement besoin d'être remis en place, sa sur-confiance maladive était désagréable à supporter. Ce n'était pourtant pas une attitude à laquelle je n'avais pas l'habitude d'être confronté étant donné que c'était la mienne. Mais venant d'un être inférieur cela me donnait une envie irrépressible de tuer, comment pouvait-il se permettre d'avoir pareil attitude ? Et le coup du café … J'aurais du le sentir venir, cette incapacité à ressentir ces choses qui d'ordinaire étaient évidente m'énervaient. Bien sûr que j'avais besoin de sang, mais certainement pas d'un bordel. Du sang bien frais, du sang jeune et vigoureux !

- On en vient finalement, du moment que j'aurais sa tête au final cela me convient. Je souriai. Tu parles de vivre sa vie comme on le veut et que ce sera moi qui aura ma vie entre mes mains, dis plutôt que je serais à ta botte sans aucune liberté de mouvement. Ce n'est pas ma conception de la liberté. Mais bon j'ai l'éternité devant moi alors, quelles sont les clauses de ton plan ?

«  Suivre mon plan à la lettre, à la virgule prêt », on verra ça en temps voulu mon petit, on verra ça. J'étrécis les yeux et observais de plus bel mon interlocuteur.
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Noah de Saint Hilaire

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MessageSujet: Re: On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs [pv Tracy Fenger]   Sam 28 Mar - 14:25

Hi:
 

Le prévenu avait accusé le coup quand la main de Noah avait percuté sa joue mais il n'en demeurait pas moins un vampire, un de ces sales suceurs d'hémoglobine qui vivaient sur le dos des Humains. Finalement, qu'est ce qui les distinguait des puces, des poux et des sangsues ? La taille, direz-vous ! Soit, imaginons un instant de gros poux. Non, avoir une taille démesurée les rendrait juste encore plus moches et terrifiants mais certainement pas charismatiques comme certains Immortels. Immortels ! C'était peut-être bien là leur véritable aura: contrairement aux autres bestioles hématophages, ils ne crevaient que difficilement. C'est ça qui les rendait fascinants, plus que leur mode de subsistance, n'en déplaise aux midinettes gothiques qui rêvaient de se faire sucer par ces macchabées.

Mais là, le lieutenant avait un sacré numéro sous la main, c'était le cas de le dire, et Noah n'allait pas bouder son plaisir. Jouer avec le feu, c'était son truc. Il aurait pu suivre la procédure et mener l'enquête de façon classique: interrogatoire, filature, recoupements de témoignages et arrestation. L'autre timbré était humain et rien dans son profil ne semblait indiquer qu'il puisse basculer du côté des sangsues: il les haïssait trop pour en devenir un volontairement, et Noah pressentait l'homme trop malin pour se faire avoir par l'un d'eux accidentellement. C'était donc un humain que les flics auraient à traquer et à arrêter, tôt ou tard. Parce même le plus rusé des serial killers finissait par se faire prendre, avait envie de se faire prendre. Or, la police comptait des vampires dans ses rangs et au niveau du pistage, des déplacements, il fallait bien reconnaître que c'était un sacré avantage.

Bon, les longues dents n'étaient pas forcément les plus malins des détectives en revanche. Ça aussi, ça fascinait Noah. Devenir vampire ne rendait pas plus intelligent ou perspicace. Et même, un con devenait plus con... Certains spécimens étaient à hurler de rire. Heureusement, les supérieurs hiérarchiques s'intéressaient plus au résultat qu'à la nature pour les postes à responsabilités. Bien sûr à nombre égal d'affaires résolues un vampire soufflait la promotion à un mortel, mais Ducas ne voulait pas de planqués con-cons aux  commandes. Un vampire pas futé restait donc à la circulation alors qu'un humain débrouillard comme Scinty montait les échelons. Même s'il n'avait pas vraiment le droit de malmener le collègue vampire, aussi con fut-il, et qu'on ne mettrait à ce même con qu'un petit blâme s'il croquait Noah. Il y avait des limites tout de même. Un humain pouvait leur damer le pion pour l'avancement mais pas les abîmer. De même, pour les suspects. Si le lieutenant réduisait Fenger en cendres en lui faisant bouffer de l'argent, son espérance de vie serait brutalement écourtée, malgré ses états de services.

Par ailleurs, il était probable, s'il se faisait mordre accidentellement durant ce même interrogatoire, qu'on lui impose la transformation si c'était réalisable, c'est à dire si le prévenu ne l'avait pas trop déchiqueté ou vidé de son sang, mais sinon, c'était la mort. Ce choix n'était pas tellement excitant à son âge. D'une parce que devenir vampire n'était pas son trip. De deux parce qu'il avait encore quelques belles années devant lui et que même s'il fallait bien mourir un jour, il préférait encore que ce soit "un autre jour". Peut-être que le jour où il deviendrait trop décati pour chopper de la gazelle ou baiser comme un dieu, pour courser une crapule ou se fringuer comme il aimait sans avoir l'air ridicule, il trouverait excitante la perspective de se faire trouer le cou par un ces parasites et d'en crever. Mais ce n'était pas encore à l'ordre du jour. Il grimaça devant la gouaille retrouvée de Fenger.

- Ah ouais ? Tu trouves peut-être que ce flingueur de vampires est une bonne fréquentation ? C'est pas plutôt toi qui t'es trop fié aux apparences mon gars, en lui faisant confiance ?  Et il figure bien dans tes relations, pas dans les miennes! Du moins pas encore, mais ça, ça peut s'arranger et tu vas m'y aider ...

Noah avait envie que les choses avancent mais pour cela il fallait que Fenger comprenne que sur ce coup c'était lui qui distribuait le jeu. Il vida son gobelet de café puis détendit son bras pour marquer un panier avec dans la corbeille placée près de la porte.

- Panier ! Bon, maintenant, un peu de sérieux. Poursuivit-il en se rapprochant de Fenger. Je veux que tu m'introduises dans ton réseau de trafiquants, comme étant ton homme de confiance, et notamment auprès des gros revendeurs italiens que tu as parmi tes clients. On va faire un peu de tourisme toi et moi. J'espère que tu aimes les gelati

Ce faisant, Noah avait sorti son gros zippo et en actionnait nerveusement la molette, produisant une étincelle. Puis, prenant Fenger par le col de sa veste de sport, il l'approcha de son visage et fit jaillir une flamme.

- T'es un vampire mec, et j'en suis bien conscient. J'ai bien à l'esprit que je me ferais déjà bouffer par les vers, que toi tu suceras encore le cou de jolies demoiselles. J'ai intégré qu'à débilité égale, j'ai plus de risques de clamser que toi. Ça me pose pas de problème que tu me le rappelles, même si c'est inutile. On fait pas un concours de beauté non plus et de toute façon moi je ne joue pas dans la catégorie canine au teint pâle. Tu auras remarqué que je suis plutôt typé et que je prends soin de mon bronzage. On est donc en concurrence pour la chasse au lit, mais pas forcément dans le même créneau. Tu peux donc ranger tes menaces et tu t'imagines bien que j'en ai déjà entendu d'autres de la part de tes congénères.

Il approcha la flamme du briquet de l'oreille de Fenger et la balada au dessus du lobe, à ras le cheveu. De petits tortillons de kératine se mirent à se recroqueviller dans une odeur de poil brulé.

- Ce qui est sûr c'est que tu vas te réparer très vite si je te crame ta face de rat. Donc pour porter plainte, tu vas manquer de preuves. C'est con, mais la caméra est en panne... Manque de crédits pour l'entretien du matériel public, tu vois ...La brûlure...  ça fera mal quand même sur le coup, pas vrai ? Et je rectifie, je ne suis pas seulement très égocentrique. Il s'approcha de l'oreille pour y souffler. Je suis un mono maniaque, sociopathe doublé d'un sadique. Capisci?


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C'est de lui-même qu'il a peur quand l'homme dit craindre l'inconnu...
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MessageSujet: Re: On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs [pv Tracy Fenger]   Lun 11 Mai - 19:28

Il me faisait rire, si faire une transaction avec un client le faisait directement passer du statut d'inconnu à celui de relation, nous n'avons pas le même vocabulaire. Ni la même façon de voir les choses. Je souriais face à cette nouvelle remarque mais je n'en fis rien. J'avais passé trop de temps dans cette maudite prison pour entamer une querelle sur oui ou non Finnes était une de mes relation ou non.

Voilà qui devient intéressant. Mon réseau de revendeur italien … Si seulement il savait. Depuis maintenant une semaine et deux jours tout pile, Fransceco Di Maria était arrivé à Paris dans la plus grande clandestinité. Pas de roulement de tambour ni de cérémonie de bienvenue et pour cause. Cela faisait près de cent cinquante ans qu'il était le dealer le plus influent d'Italie. C'était un lâche, peureux et terriblement avare. Mais il était aussi rusé qu'un renard et savait s'entourer des personnes qui seraient prêtes à tout pour lui et savait entourlouper les plus malins. Depuis qu'il était arrivé beaucoup de mes anciens revendeurs s'étaient ralliés à sa cause, en Italie la fratrie c'est sacré. Mais quelques uns, et fort heureusement pour moi les plus grands, des revendeurs me sont restés fidèles. Son arrivée était passée inaperçue, il s'était directement introduit dans les Squats par les égouts que moi-même j'empruntais pour mes tournées. Un de mes indics l'avait repéré et m'en avait tout de suite informé, mais dans les coins mal famés de Paname la police n'y met pas souvent les pieds et la majorité de ce qu'il s'y passe reste inconnu à moins que cela prenne une ampleur relativement considérable. J'hésitai un moment à lever la voix mais décidai qu'il valait mieux que je règle ce problème tout seul, personne ne ferait ce travail mieux que moi. Pour chasser un loup, il n'y a rien de mieux qu'un autre loup. Si possible encore plus féroce.

- Mes revendeurs italiens ? Pourquoi eux et pas d'autres ? … Si c'est ton souhait, il faudra jouer des coudes là-bas. J'espère que tu sais te battre, dans les Squats les bastons de rue c'est si vite arrivé … Il serait malencontreux que tu te fasses blesser.

Une nouvelle fois il m'attrapa le col cette fois pas pour me brûler à l'argent mais à l'aide d'un zippo dont la flamme me caressa le cuir chevelu au niveau de l'oreille. Visiblement ma remarque ne lui avait pas plu. La douleur fût vive mais presque imperceptible face à celle que m'avait provoqué le carré en argent. Je ne tressaillis pas et me tourna vers lui avec un regard accusateur. Il prenait un malin plaisir à me brûler mes pointes qui finiront par repousser très rapidement après la brûlure.

- C'est pour ça que tu es si mâte en fait, le feu c'est ton délire un peu. Tu sais se brûler pour bronzer c'est pas la meilleur des idées mon gars. Mais je comprend tu sais, ça donne toujours un petit plus quand on a le teint basané.

Je ricanais faisant suite à ma blague de mauvais goût. Il s'était approché de mon oreille pour me glisser un mot doux. Il était visiblement en bonne confiance. Un peu trop bonne peut-être. Sûrement. Je sentais déjà mes cheveux revenir peu à peu à leur état d'origine. Un monomaniaque, sociopathe doublé d'un sadique ? Allons allons, pas de cachotterie entre nous, je suis sûr qu'il y a encore d'autres choses dans le fond de ton sac bourré de vices et de soucis neurologique. Au moins nous aurons le mérite d'être deux dans ce cas. Sa proximité me donna la bonne occasion de passer à l'action. Malgré mes mains attachés à la chaise qui me retenaient au sol je me redressai en le poussant légèrement sans autres signes d'agressivité. A peine relevé je senti les poignes des deux gardes sur mes épaules qui essayèrent de me faire plier au sol, sans succès.

- Tu veux qu'on aille voir mes amis italiens ? Qu'il en soit ainsi. On a assez tourné autour du pot jusqu'à maintenant. Avant qu'on y fasse un tour il faudra que je règle quelques contentieux que j'ai avec certains d'entre eux. Purement personnel et je ne veux pas que la police s'en mêle. Avec les italiens, il faut souvent préparer le terrain pour qu'ils soient en bonnes conditions pour parler et truander. Ceux que j'ai sous la main ne sont pas très bavard, mais j'aurais les moyens de les faire parler plus que quiconque … Maintenant que j'ai accepté ton offre est-ce que les deux parasites qui s'accrochent à mes épaules peuvent me lâcher, je n'apprécie guère que l'on me manipule de cette manière sans mon consentement. Ça à la fâcheuse tendance de m'irriter.


Je serais les dents, cela faisait déjà près de deux cents ans que mon coeur s'était arrêté et pourtant je pouvais jurer que je sentais ses pulsations dans mes tempes.
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Noah de Saint Hilaire

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MessageSujet: Re: On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs [pv Tracy Fenger]   Mer 23 Sep - 19:29

Tracy Fenger cogitait à la vitesse d'un vampire, c'est à dire très vite. Tout autre enquêteur simplement humain aurait été distancé par cette vitesse de réflexion améliorée propre aux non-morts. Noah, pour des raisons que même le psy de la Police des Polices n'avait élucidées, arrivait à penser très vite, trop vite pour conserver une fiabilité aux tests psychométriques et behaviouristes auxquels il avait été soumis. Le Créole avait l'air de jouer avec son crayon ou de compter les mouches au plafond- c'est fou comme il pouvait y en avoir dans une pièce où se trouvait un mort-sur-pattes- mais en réalité, il analysait le comportement de son "témoin". Ainsi il avait relevé le léger rictus ironique de Fenger à la mention des Italiens. Bien sûr la guerre entre la mafia italienne et la new french connexion ne pouvait pas être ébruitée aux néophytes et encore moins à la flicaille. Sauf que Noah n'était pas que la flicaille. Son statut de modèle dans le circuit des mannequins classés androgynes lui valait de pêcher des infos sur les dealers de tout bord. Noah ne consommait plus qu'exceptionnellement depuis un bail mais il faisait comme s'il était accro. Cela ouvrait quelques portes et déliait quelques langues.

Fenger n'avait pas aimé être mis en face de cette réalité: le flic qui se trouvait en face de lui en savait pas mal sur son sujet et il était aux mains de la justice dont ses semblables tiraient les ficelles. La Ducas elle-même avait donné carte blanche à Scinty pour faire tomber le tueur aux dés d'argents, c'était ainsi qu'on avait surnommé ce psychopathe dont on avait perdu la trace vers Rimini en Italie. Le flic pouvait torturer ce trompe-la-mort à loisir pour faire avancer l'enquête. Le réduire en cendres non mais lui en faire baver, sans souci. Sans doute que cela ne flatta guère son ego. Saint Hilaire pouvait le comprendre, étant lui-même un maniaque du contrôle déguisé en je-m’en-foutiste. L'impuissance lui vrillait les nerfs. Ils se ressemblaient ... sur certains points. Le Vampire profita de la proximité  du lieutenant quand il se pencha à son oreille pour le bousculer. Ce n'était en rien une tentative d'agression, encore moins d'évasion. Mais de l'intimidation oui. Les deux garde-chiourmes étant intervenu promptement, il dût se calmer un peu au risque de manger la poussière accumulée dans la salle d'interrogatoires. On avait rogné sur le budget entretien au Ministère de la Justice. Il résistait par ailleurs ne voulant perdre totalement la face devant celui qui le cuisinait, ou ne voulant trop lui exposer son petit cul moulé dans un jean. Noah réajusta sa chemise qu'il avait froissée dans la bousculade.

- T'inquiète, je sais jouer des coudes et même des couilles s'il le faut! J'aurai besoin de ton réseau pour traiter avec Di Maria. Des renseignements sur les achats d'argent en Italie contre quelques parts de ton marché à Paname. Le Padre ne va pas cracher sur une ouverture au territoire parisien offerte sur un plateau. C'est non négociable. C'est ta carte de sortie de taule.

Le lieutenant eut le triomphe modeste et ne pavoisa pas lorsque il mentionna Di Maria. Même lorsqu'une stupeur fugitive se peignit sur le visage du Vampire, Saint Hilaire ne la ramena pas de trop. Il ne voulait pas qu'il puisse identifier ses propres sources. Toujours cloisonner entre ses indics, c'était son principe.

- Ça t'excite les mecs de couleur dans mon genre ? Un atavisme de l'esclavage ? Aah j'oubliais, c'est vrai, vampires et esclaves, ça va de paire... Il fit pivoter à 360 degrés la chaise où les policiers en uniforme avaient plaqué le suspect et se pencha au dessus de lui, le front plissé par une fausse commisération. Désolé de te décevoir, mais je choisis mes amants et non l'inverse. Même parmi les sangsues de ton espèce. Et pour le moment, je m'intéresse plus à ton carnet d'adresses qu'à ton derrière.

Fenger acceptait enfin le marché et Noah hocha la tête avec satisfaction mais sans trop d'ostentation.

- Te voilà redevenu intelligent. C'est bien. Un vampire vivant, enfin si je puis dire, est un vampire qui sait ce qui est bon pour lui. Donne nous des infos qui nous raccrochent à la piste du tueur avant qu'il quitte le territoire italien, et aux yeux de la justice, tu seras plus blanc que ton teint de merde de laitier. Le flic s'adressa ensuite aux gardes qui maintenaient le truand. C'est bon, lâchez-le et raccompagnez-le dans sa cellule. Je vais m'occuper de sa relaxe.

Plus que quelques paperasses à remplir et le lieutenant aurait un indic en acier inoxydable.  

- N'oublie pas que j'ai de quoi faire tomber ton réseau et filer le marcher à Di Maria si tu me la fais à l'envers. J'attends de tes nouvelles. On va passer quelques soirées ensemble je pense... T'oublieras pas de te faire beau ... Ajouta-t-il en le gratifiant d'une pichenette avant de sortir de la pièce.


Mille excuses ...:
 


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On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs [pv Tracy Fenger]

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