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Chroniques de l'Ombre et de la Lumière

LIVRE I
Quand le salut ne réside plus qu'en l'ennemi.
Que choisir ? La Fin ou l'Union Sacrée ?

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Nous sommes en Mai 2215 !

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 Une nouvelle rencontre, un nouveau départ

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MessageSujet: Une nouvelle rencontre, un nouveau départ   Sam 11 Avr - 22:50

Remettre les pieds dans les Squats était à chaque fois une nouvelle mise à l'épreuve. Depuis mon petit bain de sang, Di Maria avait fait circuler ce tract ou ma tête étaient mise à prix. Et bien que celui déjà affiché depuis un moment dans les rues de Paris pouvait être alléchant, celui-ci était un appel au meurtre. Ainsi chaque fois que je retournais dans les Squats pour mes livraisons j'en ressortais avec des égratignures ou avec le souffle court.

Mais aujourd'hui j'y allais en journée, je me déplaçais dans l'ombre des anciennes maisons, il y avait moins de risque tant que l'astre du jour déployait ses rayons mais je préférais faire attention, on est jamais à l’abri d'une mauvaise surprise. Comme une ombre j'allais, rapidement et silencieusement jusqu'à mon objectif que j'entrevis à une intersection, après dix minutes de marches à travers les rues sales et délaissées, les lourdes portes du Parc à Humain n°4. Les deux gardes me toisèrent de loin et se mirent à discuter entre eux autour d'une feuille de papier que l'un montrait avec insistance de sa main. Lorsque j'arrivai à porter de voix ils se turent. Celui qui tenait le papier le plia et le rangea dans sa poche de devant, l'autre tapotait de sa matraque sur sa main explicitement. Je m'arrêtais à trois mètres d'eux, l'ombre du large bâtiment derrière moi couvrait tout l'espace tant est si bien que ni moi ni eux n'étaient gênés par le soleil.

- Tracy Fenger. Tu as du cran pour te pointer en pleine journée devant nous. Tu sais, le salaire des gardes de troupeaux c'est pas bien payé. Et tu sais aussi qu'on offre beaucoup pour que tu sois ramené auprès du rital là, comment il s'appelle déjà ?

- Di Maria, Francesco Di Maria qu'il s'appelle

- Ah oui c'est ça, Di Maria, merci Thomas. Alors tu vas être gentil avec nous et tu vas nous suivre sans faire de bruit, t'as compris ? Ce serait bête de t'amocher.

- Pourquoi prendre le risque qu'il s'enfuit, autant le tuer ! La prime est moins importante mais ce sera bien suffisant pour nous ! Et après on ira dans un bordel comme tu l'avais dis !

- C'est que tu es pas bête Thomas.

Les deux gardes ricanèrent tout en avançant vers moi. Je tendis mon bras droit devant moi, la main plate vers eux pour leur dire d'arrêter.

- Je ne vous conseille même pas d'essayer. Au lieu de jouer aux durs et de vous mettre dans l'idée de pouvoir seulement me toucher vous feriez mieux de faire votre travail et me ramener l'esclave que j'ai acheté.

- Ku ku ku, tu es présomptueux Fenger, mais tu as autour de toi comme une odeur de bifftons et moi et mon pote on aurait bien besoin de la thune qu'on offre pour ta tête.

Mes yeux s'écarquillèrent un instant et la fontaine de colère qui siège au plus profond de mon être explosa. Il en fallait parfois très peu pour faire déborder les remous de mon instable mécontentement. La tension permanente de ses derniers jours à devoir se déplacer comme un fugitif mettait mes nerfs à fleur de peau, tant est si bien que la moindre étincelle qu'on me lançait embrasait ma haine intérieure et laissait libre cours à ma violence.

- Je vous aurais prévenu.

Avec fluidité je désarmais celui à la matraque en lui tordant horriblement le poignet. Il hurla une demi-seconde, le temps que mon poing lui percuta le plexus avec d'autant plus de violence, il s'envola, percuta la porte sourdement et s'effondra au sol sans bouger. L'autre se figea et me fixa, les yeux alors remplis de l'espoir d'une richesse à portée de main laissa place à une peur primaire et incontrôlable.

- Toi, va me chercher mon esclave. Maintenant.

Il n'en fallut pas plus pour qu'il détale et disparu derrière les portes en laissant son confrère face contre le sol poussiéreux. Je me retournai et m'appuya contre le mur. J'allais devoir attendre quelques heures le temps qu'elle dise au revoir à sa famille et qu'elle se prépare. Je l'avais croisé une fois avant mon arrestation, j'avais demandé des renseignements à son propos mais je n'avais pas eu le temps après de la faire sortir de la fange du camp avec tout les imprévus au travers desquels j'étais passé. Je m'en souviens bien. Héléna Stevens, c'est comme ça qu'elle s'appelle.

* * * * *

Ce soir là je sirotais une bonne bière chez … quand un vacarme indescriptible éclata à l'extérieur. Je sortis de l'établissement interrogateur. A peine avais-je mis le pied à l'extérieur qu'une bande de jeunes s'éparpillèrent à ma vue laissant penaud un de leur congénère lamentablement éméché et une jolie blonde aux yeux bleues, tout deux au sol. Il se releva avec dignité et tout en attrapant la main de la jeune fille il la releva et se tourna vers moi. Il souris négligemment comme si mon intervention involontaire n'avait pas eu lieu et pressa le pas en poussant la demoiselle.

- Je savais bien que passer par là m'apporterait des ennuis, j'aurais du te laisser rentrer toute seule, esclave. Je n'aurais pas eu à subir cette humiliation. Allez avance donc !

Mon regard croisa un instant l'azur de ses yeux et mes doutes s'effacèrent. Elle ressemblait à Brittany. Cette fille de lycée que tout le monde pourchassaient et qui avait fini par être ma petite amie. Cette fille fabuleuse qui m'avait fait ressentir pour la première et dernière fois ce que c'était qu'être amoureux de quelqu'un. Et j'avais tout gâché, je l'avais perdu après avoir sombré dans la drogue. Il y avait quelque chose en elle qui me ramenait à ce souvenir ancien et qui m'étreignit le cœur. Je serrai le poing et brisai le verre de ma bouteille. Mes muscles se bandèrent et mes dents grincèrent face à cette insupportable sensation de nostalgie et de faiblesse. J'entendis Elizabeth dans mon dos.

- Tu ne rentres pas Tracy ?

Je ne lui répondis pas et disparu dans les ténèbres de la rue à la recherche d'un moyen d'évacuer ce surplus de colère. Je trouvai mon compte dans les sous-sols de mon immeuble où je passai le restant de la nuit à détruire chaque chose qui se présentait devant mon regard imbibé de rage.

* * * * *

Mais qu'est-ce que je faisais là, pourquoi l'avais-je acheté. Le besoin de racheter mon erreur passée ? Chercher à ressentir à nouveau ce sentiment si unique ? Je prenais vraiment des décisions débiles parfois. Aussitôt mon poing se crispa et la colère afflua à nouveau dans mes veines pourtant mortes. J'avais envie de partir, de détruire, de m'envoler et disparaître face à autant d'absurdité. Moi, Tracy Fenger, avoir besoin d'une esclave. Je secouai la tête d'incompréhension mais je n'eus pas le temps de faire un pas que le vampire sortit son nez de l'interstice entre les deux lourdes portes. Dans ma réflexion je n'avais pas remarqué que son camarade s'était finalement relevé et s'était assis en se tenant le ventre en grimaçant. Il sortit apeuré et fit un signe derrière lui. La jeune fille le suivit à pas hésitant, ses yeux étaient encore lumineux des larmes qu'elle avait du laisser perler. Sa beauté me toucha comme elle l'avait fait la première fois que je l'avais vu et cela m'irrita encore plus. Je fronçai les sourcils ce qui eu pour effet de faire reculer le garde de quelques pas.

- C'est … C'est bien elle Mr.Fenger ?

- Oui, c'est elle.

Sa démarche pris de l'assurance et elle s'éloigna de la porte sans se retourner. Une fois arrivée à mon niveau je tournai les talons et m'avança à pas de félins dans la rue.

- Il ne faut pas que l'on reste ici, il y a trop de dangers qui rôdent dans les environs. Je pourrais m'en sortir, mais pas toi. Passe moi ton sac, on ira plus vite ainsi. Je te dirai ce que j'attends de toi une fois arrivé chez moi, maintenant silence et reste dans mon ombre.

Le chemin se passa sans trop de problèmes. Je dus prendre quelques raccourcis par les égouts pour éviter de croiser des agents de Di Maria qui rôdait ou des rondes de police qui pourrait avoir envie de me refaire renifler les barreaux de leur maudite prison. Je n'avais pas revu mon cher amis de la Crim' d'ailleurs mais bientôt nous irons parler avec les quelques fournisseurs italiens qui me restaient et qui eux aussi depuis l'arrivée de ce maudit diable devait se cacher pour cause de complicité à mon égard. Il allait falloir que j'en informe mon p'tit pote mais je préférais faire le travail seul et je n'avais pas envie qu'il ramasse les fleurs d'avoir déloger mon concurrent, ça lui ferait trop plaisir à cette bouille d'ange. Mais je lui ferais voir le sang d'abord. Je lui montrerais ce que c'est que de vivre dans la rue...

Je m'égarais dans mes idées et soucieux de distancer Héléna, je m'arrêtai et regardai derrière mon épaule. Non sans surprise je la vis arrêtée juste derrière moi, haletante et légèrement crasseuse mais je ne l'avais pas entendu se plaindre malgré le rythme soutenue de ma course. Elle me dévisagea de ses yeux déterminés, interrogatrice, se demandant sûrement pourquoi je m'arrêtais. Je me retournai, esquissai un sourire et repartis de plus belle, elle était intéressante la gamine. Très rapidement nous arrivâmes sur le Boulevard de l'Hôpital. Là je ralentis et nous marchâmes jusque chez moi sans un mot. La rénovation du quartier depuis la prise du pouvoir des vampires avait modernisé les immeubles Haussmanniens, les Fabriques comme on l'appelait maintenant était un quartier usiniers très importants, de nombreux travailleurs s'y déplaçaient chaque jour pour gagner leur pitance. J'avais trouvé en ce lieu d'activité une cachette adéquate à mon travail, tant par la discrétion que cela me procurait, peu de personnes venaient fouiller par ici et de plus par la proximité de nombreux hangars et dépôts que je pouvais utiliser pour stocker la marchandise qui m'arrivait des quatre coins de l'Europe. J'ouvris la porte et l'air épuré de l'intérieur rinça mes poumons de la poussière des Squats. Je montai les escaliers avec vélocité jusqu'au dernier étage. Deux portes se faisaient face de part et d'autre. J'ouvris la plus proche en sortant mon trousseau de clés et indiqua à Héléna de me suivre.

- Cet appartement sera le tiens désormais. Tu y trouveras tout ce dont tu as besoin. Je te laisse te doucher et changer de vêtements. Une fois que tu auras finie rejoint moi dans l'appartement juste en face.

Je déposai son sac sur le sol en moquette et la laissa libre. Le temps qu'elle revienne je passai quelques coups de fils afin de m'assurer la livraisons de commandes importantes et me posai sur le grand canapé tout en fumant. Je fus tiré de ma contemplation par un léger raclement de gorge. Je tournai la tête et la vis debout au milieu de l'immense salle. Pendant un instant je restai silencieux et la sous-pesa du regard. J'exhalais une bouffée et me redressa.

- Assied-toi. Avant toute chose, je suis Tracy Fenger, je ne sais pas si tu sais quelque chose à mon sujet ou si tu as déjà entendu mon nom mais sache que je m'en fou. Ce que tu dois savoir de moi tu le sauras en temps et en heure. Si je t'ai choisi c'est parce que j'ai besoin d'une personne à la fois forte mais qui se plie aussi à mon bon vouloir et qui n'a pas peur de se salir les mains. Ces personnes sont rare mais lorsque j'ai consulté le dossier qui t'ai dédié dans le registre des esclaves, tu semblais avoir ces qualités. J'espère ne pas m'être trompé.

Je fis une pause afin de tirer sur ma cigarette et pour mieux l'observer, je plissais mes yeux émeraudes et trouvai l'azur de son regard. J'aimais étudier les gens que je côtoyais comme le ferais un scientifique face à un nouvel animal qu'il venait de découvrir. J'expirais à nouveau une large fumée qui se dissipa lentement au-dessus de ma tête.

- Pour ce qui en est de ton travail, j'ai de nombreuses marchandises que je reçois chaque jour. C'est un travail harassant de trier et de ranger. J'ai préparé de nombreuses étagères et autres rangements que j'ai annoté dans l'hangar que je possède pas loin d'ici et j'aurais besoin de toi pour ranger tout cela. Je te montrerais comment je l'ai organisé et  je te laisserai faire, je n'en ai pas le temps, j'ai d'autres choses plus importantes qui m'occupent. Pour le moment c'est la seule et unique tâche qui t'incombera. Mais avant cela je vais t'apprendre ce que c'est que de vivre en dehors des Squats. Je n'ai pas payer pour ta liberté pour te voir clamser au bout d'une semaine, ce serait dommage à la fois pour mon argent, mon temps et aussi dommage de perdre une si belle plante.

J'écrasai le restant de ma cigarette dans le cendrier et me leva. La poussière des Squats m'avait sali mes vêtements et rendait mes cheveux crasseux. Je grognai quand je passai ma main dans ma touffe. J'enlevai mon long manteau à capuche et retirai mon T-shirt pour me préparer à me doucher à mon tour. J'en avais presque oublié ma nouvelle « servante ». Presque. Je regardai par-dessus mon épaule vers elle.

- Tu as des questions ?
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MessageSujet: Re: Une nouvelle rencontre, un nouveau départ   Dim 12 Avr - 21:27

Il fallait être forte et suivre le nouveau chemin qui s'ouvrait à moi. Essuyant une larme, qui s'échappait pour rouler sur ma joue jusqu'à son menton, du revers de la main, stigmate des adieux déchirant de ma mère. Je ne pouvais pas réellement céder aux larmes qui brûlaient mes yeux, j'avais trop peur de ne plus pouvoir m'arrêter si je me laissais aller à un instant de faiblesse. Non, je devais me reprendre. Beaucoup d'humains du camp auraient tué pour être acheté par un vampire et qu'ont les sortes de la fange de leur vie misérable. Je ne faisais pas exception à cet état de fait. Une nouvelle vie me tendait les bras, à moi de savoir saisir ma chance quand bien même ce soit un instant rude et douloureux. Je devais maintenant songer à moi, à mon avenir, à ma propre survie. Être retirée d'ici ne pouvait être que bénéfique bien que je ne sache strictement rien de l'immortel qui avait fait mon acquisition. Une boule omniprésente nouait mon ventre à chaque minute qui s'écoulait, me rapprochant de ma nouvelle vie, de l’inconnue.

Le moment du départ était enfin arrivé, on m'appela pour que je rejoigne l'un des bureaux. Quelques papiers vérifiés et je pouvais quitter le camp. Suivant l'une des gardes qui semblaient particulièrement nerveuses aujourd'hui vues les nombreux regards qu'il portait alentour et les directives brusques au pas pour ne pas faire attendre celui qui patientait à l'entrée, comme s'il craignait de le mettre en colère... Cela n'aidait pas vraiment à ce que je me sente à mon aise mais une nouvelle fois je prenais sur moi.
Lorsque les portes s'ouvrirent, elle dû prendre une inspiration profonde afin de parvenir à franchir le seuil. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine mais je n'en laissais rien paraître. Posant mon regard un bref instant sur l'autre garde, qui semblait lécher ses blessures vues la posture et la poussière présente sur ses vêtements, avant que je ne dévie mes yeux azur sur Tracy en marquant un moment d’arrêt. Une impression de déjà-vu des plus présentes lui fait plisser le regard, capturant un bref instant sa lèvre entre ses dents. Nous nous regardons tous deux durant quelques secondes qui semblent pourtant s'étirer sur des heures...

Il était plutôt grand, par spécialement très épais mais vraiment attirant. Son regard me troubla tout particulièrement, un charisme certain se faisait sentir et il faut avouer que je ne m'étais jamais demandé – depuis qu'on m'avais annoncé qu'un vampire m'avait acheté pour son utilisation personnelle – à quoi mon futur propriétaire pouvait bien ressembler. Il semblait perdu un instant dans des pensées tortueuses vu l'intensité présente dans ses yeux captivant, c'est là que je me souvins de lui bien que je ne l'aie aperçu que très brièvement lorsque je servais, un soir, un autre de ses semblables. Gonflant mes poumons d'une nouvelle inspiration afin de me donner du courage. je m’avançais d'un pas puis d'un autre. Les lourdes portes déjà se refermaient alors que je hâtais le pas pour finir derrière Tracy qui ; lui, avait déjà commencé à marcher après avoir confirmé que j'étais bien l'objet de sa commande. Je préférais ne pas ouvrir mes lèvres pour le moment opinant simplement d'un geste de la tête lorsqu'il m'annonçait le départ imminent, lui donnant mon sac avant de me mettre courir à sa suite dans le dédale de ruelles et de tunnel qu'il empruntait.

La route fut sportive me demandant des efforts dont je n'avais pas forcément l'habitude malgré ma bonne condition sportive. Il ne semblait jamais à bout de souffle, évoluant avec une aisance déconcertante dans les dédales des égouts puis dans les ruelles, comme s'il les connaissait comme sa poche. Pour ma part l'effort se lisait sur ma peau devenue plus brillante par la transpiration. Mon souffle était bref, par moments saccadés mais je me contentais de suivre toujours sans broncher. Je me demandais s'il me testait ou s'il m'avait oublié alors qu'il augmenta encore la vitesse me forçant à devoir repousser mes limites pour parvenir tant bien que mal à le suivre. C'est là qu'il se retourna et m'observa comme s'il venait de se rappeler qu'il n'était pas tout seul. Si je n'avais pas été aussi essoufflé j'en aurai sans doute souri. Essuyant mon front du revers de ma manche en haussant un sourcil pour l'observer avant qu'il ne reprenne la course. Mes poumons étaient en feu mais je parvenais à tenir, sans doute poussé par ma détermination à améliorer mon existence. Heureusement, nous étions enfin arrivés. Je pus apaiser les battements de mon cœur avant que je ne tourne de l’œil, étirant mes muscles en le suivant dans un rythme plus humain sur les quelques mètres qui nous séparaient encore de sa maison. Mes mains se posant sur mes cuisses en me courbant le temps qu'il ouvre la porte, les escaliers me firent blêmir surtout voir la manière dont il grimpait avec une aisance déconcertante.

- «  Il essaie de me tuer ... » me soufflais-je à moi-même dans un murmure alors que j'entreprenais de le rejoindre en arrivant finalement en haut quelques instants après lui.

- Cet appartement sera le tiens désormais. Tu y trouveras tout ce dont tu as besoin. Je te laisse te doucher et changer de vêtements. Une fois que tu auras finie rejoint moi dans l'appartement juste en face.

- « D'accord... Merci. »

Je suis avare de mot mais je ne suis pas à mon aise, mon souffle est encore assez rapide et j'ai terriblement besoin d'une douche après la course folle que nous venons de mener. Je n'ai pas même eu réellement le temps de repérer les lieux, bien trop concentré à parvenir à le suivre. Je lui offre un regard avant de m'éloigner à mon tour dans les appartements. Faisant le tour du propriétaire. Le couloir menait sur un salon d'une bonne taille avec tout le confort, de grandes fenêtres qui baignaient le canapé de sa lumière. Traînant mon sac je continuais à évoluer, trouvant la cuisine puis ma chambre. Je déniche finalement la salle de bain mais je n'en reviens pas. Un appartement juste pour moi ? Je ne peux me retenir de sourire avant de lâcher mon sac sur le sol et de me mettre à sautiller sur place en poussant un petit cri d'excitation comme un enfant qui fête son premier Noël. Je n'en revenais pas un appartement juste pour moi, pour moi toute seule, c'est hallucinant !

Retirant mes vêtements pour les placer dans la corbeille à linge je filais sous la douche en savourant l'eau chaude qui s'écoulait sur ma peau. Dans les camps l'eau était plus souvent froide voire tiède quand on avait de la chance. Et il fallait partager les douches... Là, c'est un véritable plaisir que je savoure à sa juste valeur. La douche me rend un certain tonus et me redonne le moral. Je me change rapidement passant une petite robe blanche un peu élimée mais, c'était la seule qui était en suffisamment bon état. Elle m'arrivait à mi cuisse et avait de fines bretelles qui me mettait un peu en valeur. Le reste de mes affaires dans mon sac était plus des loques raccommodées qu'autre chose. De toute manière vu la taille de celui-ci Tracy devaient déjà se douter qu'il me faudrait de quoi me vêtir. Je séchais mes cheveux rapidement les laissant onduler ensuite, humides, sur mes épaules dénudées. Un regard rapide dans le miroir en m'arrangeant au mieux soucieuse de faire bonne impression.

Je le rejoignis enfin, pied nue, sans faire de bruit. Traversant mon appartement pour arriver dans le sien en détaillant chaque objet à ma vue comme pour tenter de me faire une idée plus précise sur le propriétaire. Je racle ma gorge pour attirer son attention, mes mains croisées à la base de mes reins, debout à l'entrée de la pièce tout en le dévisageant mais sans défiance, simplement de la curiosité palpable.

- Assied-toi. Avant toute chose, je suis Tracy Fenger, je ne sais pas si tu sais quelque chose à mon sujet ou si tu as déjà entendu mon nom mais sache que je m'en fou. Ce que tu dois savoir de moi tu le sauras en temps et en heure. Si je t'ai choisi c'est parce que j'ai besoin d'une personne à la fois forte mais qui se plie aussi à mon bon vouloir et qui n'a pas peur de se salir les mains. Ces personnes sont rare mais lorsque j'ai consulté le dossier qui t'ai dédié dans le registre des esclaves, tu semblais avoir ces qualités. J'espère ne pas m'être trompé.

J'obéis rapidement venant poser mes petites fesses sur le canapé sans le lâcher du regard. Croisant mes jambes en venant repousser une mèche indisciplinée derrière mon oreille. Il avait toute mon attention vu que j'étais légèrement penchée vers lui comme si cela pouvait aider à me concentrer. Je n'avais de cesse que de laisser mon regard papillonner sur lui, l'observant, essayant d'apprendre de ses attitudes, ses gestes, son élocution... Autant de détail qui me permettrait de mieux le cerner. Je soutenais son regard sans faire montre d'une quelconque provocation lorsqu'il croisait mon regard, bien qu'après quelques secondes je ne pusse que détourner les yeux vus l'intensité déstabilisante de celui du vampire.

- Pour ce qui en est de ton travail, j'ai de nombreuses marchandises que je reçois chaque jour. C'est un travail harassant de trier et de ranger. J'ai préparé de nombreuses étagères et autres rangements que j'ai annoté dans l'hangar que je possède pas loin d'ici et j'aurais besoin de toi pour ranger tout cela. Je te montrerais comment je l'ai organisé et  je te laisserai faire, je n'en ai pas le temps, j'ai d'autres choses plus importantes qui m'occupent. Pour le moment c'est la seule et unique tâche qui t'incombera. Mais avant cela je vais t'apprendre ce que c'est que de vivre en dehors des Squats. Je n'ai pas payer pour ta liberté pour te voir clamser au bout d'une semaine, ce serait dommage à la fois pour mon argent, mon temps et aussi dommage de perdre une si belle plante.

J'essayais de me concentrer sur ses paroles et les prérogatives qu'il était en train de me donner. Ranger et trier ça je sais faire, je ne devrais pas mourir d'épuisement en faisant ce genre de tâche, d’ennuis potentiellement mais j'avais déjà vu bien pire. Je hochais donc la tête en faisant remuer mes cheveux délicatement sous mon mouvement tout en essayant même de lui offrir une esquisse de sourire. Le genre de sourire qui n'est pas très convaincant cependant au vu de l'appréhension encore bien palpable. Tout allait très vite mais j'allais devoir m’adapter, je n'avais pas le choix.
À peine a-t-il fini de m'expliquer qu'il commence à se dévêtir, je l'observe toujours sans un mot jusqu'à ce qu'il me demande.

- Tu as des questions ?

- Oui, plusieurs. Comment dois-je vous appeler. Et je dois vous vouvoyer où vous préférez que je vous tutoie ? Je voulais savoir aussi si je devais rester dans mes appartements ou si je pouvais circuler dès que vous n'aurez pas besoin de moi puisque vous semblez vouloir m'apprendre à survivre dans la rue. En ce qui concerne vos appartements, dois-je y faire le ménage ou que sais-je ou éviter de venir sauf vous m'y appelez ? Et... quand vous disiez une personne qui n'a pas peur de se salir les mains... vous pourriez préciser votre pensée s'il vous plaît ?

Je l'observe toujours glissant mon regard sur son torse avant de revenir à son visage, étudiant les expressions qu'il peut avoir tout en attendant qu'il me réponde. J'ai enchaîné les questions en usant d'une voix douce et mélodieuse, agréable. Ayant pris le temps de ne pas parler trop vite pour en par le noyer sous le flot de questions qui me viennent. Oh j'en ai bien dans tête mais je ne tiens pas à aller trop vite. Me relevant pour venir récupérer le manteau à capuche et aller l'accrocher à l'entrée de la pièce avant de revenir aussitôt, restant debout non loin de lui en l'écoutant. Je n'aime pas rester trop longtemps assise, remuant légèrement en faisant passer mon poids d'une jambe à l'autre dans un balancier agréable. Évidemment je me pose aussi la question pour la nourriture, la mienne, mais la sienne également sans oser la formuler à haute voix pour autant, là n'est pas le moment.
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MessageSujet: Re: Une nouvelle rencontre, un nouveau départ   Lun 25 Mai - 23:10

En écoutant ses questions je fis balader mon regard sur son corps. Je mettais attardé sur son visage afin de déceler un quelconque signe extérieur, un plissement du front, un sourcil qui se lève. J'avais cherché son regard afin de pénétrer plus facilement à l'intérieur d'elle-même, une déviance, une peur. Elle était belle, personne n'aurait pu le contester et sa nuisette la mettait véritablement en valeur. Je levai un sourcil interrogateur, chercherait-elle à me séduire ? Cela m'amusait mais je me doutais qu'elle avait vraisemblablement rien de mieux à mettre. Il allait donc falloir lui refaire une garde-robe. Je me tournai vers elle en signe d'écoute plutôt que de rester de dos. Je jetai mes vêtements sur le canapé dans le même geste et croisa les bras devant moi. J'attendis qu'elle termine sa phrase et pour m'assurer qu'elle n'ait pas d'autres questions j'attendis un instant sans mot dire, mes yeux braquées  sur les siens.

- Appelle-moi par mon prénom. Il n'y a pas de maître ou je ne sais trop quoi qui compte, par contre le vouvoiement est de rigueur …

Je la sort de la fange de l'Humanité, de la zone la plus honnis des gens de son espèce et elle me demande si elle peut me tutoyer comme si on avait grandi ensemble et que l'on été amis depuis toujours. Elle a du culot. C'est comme demander à son professeur si l'on peur le tutoyer. Il y a une marque de respect à faire à son supérieur hiérarchique. Mais elle avait beaucoup à apprendre. Elle était comme un enfant et je fis preuve d'une patience rare.

- Pour ce qui est de l'appartement. Celui que je t'ai désigné est le tiens désormais, c'est ton chez toi, c'est donc à toi d'y faire les tâches ménagères et autres. C'est comme si tu étais en location. Sauf que tu n'as pas de loyer à payer. Pour le reste je m'en occupe. Tu auras en effet tout droit de sortir. Tu n'es pas prisonnière ici, de plus je n'ai pas envie de t'avoir toujours dans les pattes. Il faudra juste que tu sois là quand j'aurais besoin de toi.

Peu de personnes risqueront à s'attaquer à elle. Dans peu de temps les autres vampires seront au courant que Tracy Fenger possède une esclave et sauront à quoi elle ressemble. L'avantage d'être respecté c'est qu'on a peu de chances que l'on soit attaqué. L'inconvénient c'est que justement quelqu'un soit prêt à nous attaquer pour nous faire plier.

- Toutefois je ne te conseille pas de retourner dans les Squats. Même en journée. Je t'expliquerais une autre fois. Ou peut-être que tu comprendras de toi-même une fois que tu auras les éléments pour te faire un avis … Tu fais bien de poser la question, tu n'auras le droit de rentrer dans mon appartement seulement si je t'en donne l'autorisation. A moins que tu es une information ou quelque chose à me donner d'une importance assez conséquente pour que je ne te tue pas sur l'instant.

Si peu importe ou qu'elle aille il y aura toujours mon voile de protection sur elle, c'est bien dans les Squats qu'il sera le plus fin. Si la majorité des autres vampires sauront que j'ai une esclave, Di Maria le saura aussi et si ses agents ou lui-même la croise au coin d'une rue, elle sera tué sur le champ sans concession. Car c'est un moyen de m'atteindre directement. Je n'apprécie guère que l'on fasse du mal à ce qui m'appartient. Je faisais des pauses fréquentes dans mon discours afin de maximiser le temps que je prenais pour observer ses faits et gestes, essayer de la déstabiliser de mon regard. J'aimais faire ça, c'est le début de la phase de contrôle. Quand on commence à connaître les comportements de l'autre on sait à quoi s'attendre dans toutes les situations. Cette capacité de prédiction devient importante quand on fait avancer cette personne que l'on connaît dans la direction de notre choix. Avoir de l'emprise sur les autres.

- Pour le moment ton travail sera juste très éprouvant physiquement mais cela devrait aller. Mais par la suite il est possible que tu en aies de plus rude. C'est pourquoi je vais t'apprendre à te servir d'armes pour te défendre. Ça risquera de t'être utile. Mais là on se projette un peu vers l'avant.

Je lâchai un instant l'azur de ses yeux pour de nouveau parcourir la douceur de ses formes. Il y avait vraiment beaucoup trop de choses en elle qui ressemblait à Brittany. Cela m'exaspérait quelques peu et je me demandai encore une fois dans quelles emmerdes je m'étais fourré. Not smart, not very smart. Toutefois je ne laissais rien transparaître.

- Je vois aussi qu'il va falloir t'acheter des vêtements. Je connais un endroit où l'on vend des habits de plutôt bonne qualité sans que ce soit trop cher. Je n'ai pas envie que tu te trimballes dans des torchons.

Cela n'était pas par soucis de la voir bien habillée ou non. Le simple fait qu'elle soit ma servante faisait d'elle une façade, une image de moi-même. Et il serait intolérable que quelque chose se ramenant à moi soit traité de moche, mal habillé, élimé et autres adjectifs négatifs. Mon ego n'aimerait pas ça.

- Je vais prendre une douche maintenant. J'en aurais pas pour longtemps, attends moi ici. Cela te laissera le temps de trouver d'éventuelles autres questions que tu aurais envie de me poser. Une fois la nuit tombé je te montrerais l'hangar et t'expliquerai sur place à quoi consistera ton travail.

Je m'éclipsai lentement. La salle de bain était juste à côté, je pris le temps qu'il me fallait, la douche était un moment sacré, là où l'on se sépare de la poussière et de la crasse de la rue. Pour moi qui ne supporte pas ce qui est sale, c'était un bonheur absolu. Toutefois mes pensées étaient tournées vers le nouvelle venue. Maintenant que ma transaction était faite il fallait que je gère au mieux sa présence. Le problème était ce souvenir suave et chaleureux qu'elle me faisait remonter à la surface et qui à la fois m'irritais et me faisait sentir faible. Ma mère m'avait dit qu'on n'arrête jamais véritablement d'aimer quelqu'un que l'on a aimé de tout son cœur. Cela me rendait malade. Je crissais et serrai les poings. Pourquoi a-t-il fallut que cela arrive ? Toute cette succession d'événements. Ai-je perdu le contrôle sans m'en rendre compte ? Ou bien le monde évolue plus vite que moi ? J'éloignais mes mauvaises pensées en secouant la tête. Il fallait inévitablement que je trouve une solution. Je sortis de la douche et enfila un jean clair simple et un débardeur gris. Je remis mes cheveux dans le bon ordre et sortis de la douche.

- Tu as d'autres questions à me poser ? Il reste un peu de temps avant que la nuit finisse de tomber donc n'hésite pas, il n'y aura vraisemblablement pas tant d'occasions que ça une fois que je t'aurais appris la vie dans la rue où l'on se retrouvera juste nous deux sans rien avoir à faire.

Je sortis d'une grande armoire une bouteille de vodka et deux verres. Je les posais sur la table basse à proximité du canapé.

- Tu as soif ? A moins que tu préfères de l'eau, tu ne dois pas être très habituée à l'alcool.
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Une nouvelle rencontre, un nouveau départ

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